💊 Une IA cherche de nouveaux mĂ©dicaments parmi 69 milliards de molĂ©cules

Découvrir de futurs médicaments à partir de dizaines de milliards de molécules devient beaucoup moins coûteux grùce à une nouvelle méthode basée sur l'intelligence artificielle.

Avant de fabriquer et tester une molécule en laboratoire, les chercheurs veulent simuler son interaction, et donc son efficacité, sur une protéine cible. Cette étape, appelée criblage virtuel, permet d'écarter rapidement de nombreux candidats. Le problÚme apparaßt lorsque la bibliothÚque contient des milliards de molécules : les calculs deviennent trÚs longs et coûteux.

Un ensemble de tubes Ă  essai.

Un ensemble de tubes Ă  essai.
Image d'illustration Unsplash

Une Ă©quipe internationale a dĂ©veloppĂ© AdaptiveFlow pour rĂ©duire cette charge. La plateforme dispose d'une bibliothĂšque de 69 milliards de molĂ©cules dĂ©jĂ  prĂ©parĂ©es pour les simulations. PlutĂŽt que de tester chaque molĂ©cule avec la mĂȘme prĂ©cision, elle commence par organiser cette immense collection selon leurs propriĂ©tĂ©s.

ConcrĂštement, AdaptiveFlow rĂ©partit les molĂ©cules dans une grille dĂ©finie par 18 caractĂ©ristiques, comme leur masse ou leur capacitĂ© Ă  se dissoudre dans l'eau. Quelques reprĂ©sentantes de chaque groupe sont d'abord testĂ©es. Les groupements qui donnent les rĂ©sultats les plus prometteurs peuvent ensuite ĂȘtre explorĂ©s beaucoup plus largement.

L'intelligence artificielle peut intervenir à cette étape. Un modÚle apprend à partir des premiers calculs pour repérer les molécules qui méritent davantage d'attention. Selon les chercheurs, cette stratégie peut réduire jusqu'à 1 000 fois le coût informatique par rapport à l'examen exhaustif des 69 milliards de molécules.

Pour vérifier que le systÚme ne se contentait pas de produire de bons résultats juste sur ordinateur, l'équipe l'a appliqué à deux protéines liées au cancer. L'une, PARP1, participe à la réparation de l'ADN et constitue déjà la cible de médicaments. L'autre, FSP1, aide certaines cellules à résister à une forme particuliÚre de mort cellulaire.

Des molĂ©cules retenues par les calculs ont ensuite Ă©tĂ© fabriquĂ©es et testĂ©es rĂ©ellement. Plusieurs ont fortement bloquĂ© comme voulu les protĂ©ines recherchĂ©es. Pour PARP1, l'un des candidats a atteint une efficacitĂ© de liaison comparable Ă  celle de l'olaparib, un mĂ©dicament dĂ©jĂ  utilisĂ© contre certains cancers. Il ne s'agit toutefois pas d'un nouveau mĂ©dicament prĂȘt Ă  ĂȘtre administrĂ© : ces molĂ©cules restent des points de dĂ©part pour de nouvelles recherches.

AdaptiveFlow est publié en accÚs libre et son code est disponible gratuitement. Les prochaines utilisations pourront donc tester cette approche sur d'autres protéines et d'autres bibliothÚques, puis vérifier en laboratoire si les candidats sélectionnés conservent leurs propriétés dans des cellules et, plus tard, dans des organismes vivants.