🌟 Encore une Ă©trangetĂ© dĂ©couverte sur BĂ©telgeuse

Bételgeuse est une étoile supergéante rouge située à environ 600 années-lumiÚre de la Terre. Son rayon atteint prÚs de 800 fois celui du Soleil. Cette taille permet aux astronomes de distinguer des détails de son atmosphÚre et de sa surface avec ALMA, un réseau de radiotélescopes installé au Chili, alors que la surface de la plupart des étoiles reste impossible à résoudre ainsi.

De nouvelles donnĂ©es ont Ă©tĂ© recueillies en 2023 avec la configuration la plus Ă©tendue d’ALMA. L’instrument observait des ondes millimĂ©triques et submillimĂ©triques, invisibles Ă  nos yeux. À ces longueurs d’onde, les chercheurs sondent une rĂ©gion de l'espace lĂ©gĂšrement plus Ă©tendue que la surface de l’étoile, ce qui permet de l'analyser intĂ©gralement.

Simulation informatique de Bételgeuse - C.

Simulation informatique de Bételgeuse - C. Space Engine Pro

Le rĂ©sultat ne ressemble pas Ă  une sphĂšre parfaitement rĂ©guliĂšre, avec des variations de rayon atteignant environ 6 %. Deux zones plus chaudes apparaissent Ă©galement, l’une au nord-est et l’autre au sud-ouest. La tempĂ©rature moyenne mesurĂ©e est proche de 2 027 °C, et la zone la plus brillante est environ 800 °C plus chaude.

C’est surtout la durĂ©e de ces zones chaudes qui surprend. L’équipe a comparĂ© ces observations Ă  des donnĂ©es similaires obtenues en 2015. La zone chaude du nord-est se trouvait presque au mĂȘme endroit et prĂ©sentait une intensitĂ© comparable. Les chercheurs estiment donc qu’une mĂȘme structure pourrait avoir persistĂ© pendant au moins sept ans.

Pour comprendre pourquoi ce rĂ©sultat pose question, il faut regarder sous la surface. Dans une Ă©toile comme BĂ©telgeuse, de grandes masses de gaz chaud remontent depuis l’intĂ©rieur, puis la matiĂšre plus froide redescend. Ce brassage est appelĂ© convection. Les mouvements peuvent produire des ondes de choc dans l’atmosphĂšre et crĂ©er les rĂ©gions chaudes dĂ©tectĂ©es par ALMA.

Carte des courbes de niveau de Bételgeuse.

Carte des courbes de niveau de Bételgeuse. La taille nominale de l'étoile est illustrée par le cercle en pointillés.

Or les modÚles actuels prévoient des structures convectives géantes moins durables que celle observée. Les deux zones chaudes se trouvent aussi prÚs des pÎles de Bételgeuse. Une activité plus stable dans ces régions pourrait jouer un rÎle, mais les observations ne permettent pas encore de trancher.

Le gaz plus Ă©loignĂ© a, lui, nettement changĂ© depuis 2015. Les observations de monoxyde de carbone et de monoxyde de silicium rĂ©vĂšlent une enveloppe irrĂ©guliĂšre qui s’étend bien au-delĂ  de la rĂ©gion observĂ©e. Les chercheurs n’ont par ailleurs trouvĂ© aucune preuve nette de rotation dans ces donnĂ©es.

De nouvelles observations à haute résolution permettront de vérifier si la zone chaude reste encore en place. Elles pourront aussi préciser son lien avec les mouvements internes et les pertes de matiÚre de Bételgeuse, deux phénomÚnes importants durant les derniÚres étapes de la vie de cette étoile.

LU
LuluCosmos

Sept ans au mĂȘme endroit, ça commence Ă  faire long pour une cellule de convection. Curieux de voir si les prochaines observations la retrouvent encore.