🔭 Lorsqu'une anomalie astronomique rĂ©vĂšle des objets invisibles

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Une petite anomalie dans les mesures du satellite Gaia peut aider Ă  peser des objets invisibles autour des Ă©toiles. Des astronomes ont montrĂ© que ce « bruit astromĂ©trique » contient des informations sur l’orbite d’un compagnon cachĂ©.

Gaia mesure trĂšs prĂ©cisĂ©ment la position des Ă©toiles : lorsqu’une Ă©toile possĂšde un compagnon, les deux objets tournent autour d’un mĂȘme centre de gravitĂ©. Depuis la Terre, l’étoile visible paraĂźt alors effectuer un lĂ©ger mouvement de va-et-vient dans le ciel.

L'observatoire spatial Gaia.
Image Wikimedia

Ce dĂ©placement reste parfois trop faible ou trop incomplet pour que Gaia reconstruise toute l’orbite. Le catalogue Gaia DR3 signale alors un « excĂšs de bruit astromĂ©trique ». Cette valeur indique que les positions observĂ©es s’écartent davantage que prĂ©vu du trajet d’une Ă©toile isolĂ©e.

Les chercheurs ont voulu savoir si cet Ă©cart pouvait rĂ©vĂ©ler l’inclinaison de l’orbite. Cet angle indique comment le systĂšme est orientĂ© par rapport Ă  notre ligne de visĂ©e. Il est important pour calculer la masse du compagnon, car une mĂȘme variation de vitesse peut correspondre Ă  des masses trĂšs diffĂ©rentes selon l’orientation.

Pour chaque systĂšme, l’équipe a simulĂ© de nombreuses orbites possibles. Elle a fait varier leur inclinaison, puis calculĂ© le niveau de bruit astromĂ©trique que Gaia aurait dĂ» mesurer dans chaque cas. Les chercheurs ont ensuite comparĂ© ces valeurs simulĂ©es au bruit rĂ©ellement enregistrĂ© dans Gaia DR3.

La mĂ©thode a d’abord Ă©tĂ© testĂ©e sur 221 systĂšmes binaires dont l’orbite Ă©tait dĂ©jĂ  connue par d’autres analyses. Pour 83.7 % d’entre eux, la plage d’inclinaisons calculĂ©e avec le nouveau procĂ©dĂ© contenait la valeur publiĂ©e par Gaia. Le test vĂ©rifie donc que la mĂ©thode retrouve gĂ©nĂ©ralement une orientation dĂ©jĂ  connue.

Les rĂ©sultats sont meilleurs lorsque le mouvement de l’étoile est plus visible. Pour les systĂšmes produisant le signal astromĂ©trique le plus net, la bonne inclinaison se trouvait dans la plage calculĂ©e dans environ 92.1 % des cas.

Les astronomes ont ensuite appliquĂ© la mĂ©thode Ă  Gaia BH1, Gaia BH2 et LB-1, trois systĂšmes soupçonnĂ©s d’abriter un compagnon sombre. Elle a resserrĂ© les valeurs possibles pour l’inclinaison et la masse. Elle ne prouve cependant pas, Ă  elle seule, que l’objet invisible est un trou noir.

Un compagnon non visible peut aussi ĂȘtre une Ă©toile trĂšs faible, une naine blanche ou un autre rĂ©sidu stellaire. Gaia DR4 doit fournir davantage de positions individuelles prises Ă  diffĂ©rentes dates. Ces donnĂ©es permettront de reconstruire plus directement les mouvements orbitaux et d’amĂ©liorer encore les estimations de masse.