đŸ«€ Crise cardiaque: les globules blancs percent des trous dans le cƓur !

Les crises cardiaques dĂ©clenchent une cascade de rĂ©actions dans l'organisme, et certaines cellules immunitaires pourraient aggraver les dĂ©gĂąts en perturbant le rythme cardiaque. Une Ă©tude rĂ©cente rĂ©vĂšle comment une protĂ©ine produite par ces cellules attaque directement les cellules musculaires du cƓur, ouvrant la voie Ă  de nouvelles stratĂ©gies thĂ©rapeutiques pour prĂ©venir les complications mortelles.

Lors d'un infarctus du myocarde, l'obstruction d'une artÚre coronaire prive une partie du muscle cardiaque d'oxygÚne, ce qui entraßne la mort des cellules. Cette situation déclenche une réponse immunitaire massive, avec l'arrivée de neutrophiles, des globules blancs normalement chargés de combattre les infections.

Les chercheurs du Massachusetts General Hospital ont dĂ©couvert que ces neutrophiles produisent une protĂ©ine appelĂ©e RELMy, qui perce des trous dans les membranes des cardiomyocytes, les cellules responsables des battements du cƓur. Cette action perturbe leur fonctionnement Ă©lectrique et favorise l'apparition de rythmes cardiaques dangereux.

Les expériences sur des modÚles murins ont montré que la suppression du gÚne codant pour RELMy réduisait considérablement la fréquence des arythmies ventriculaires. Les scientifiques ont utilisé des techniques avancées comme le séquençage d'ARN spatial et la microscopie à haute résolution pour observer l'action de cette protéine sur des cellules cardiaques isolées. Ils ont également constaté que l'équivalent humain de ce gÚne, nommé RETN, était plus exprimé dans les tissus cardiaques endommagés, suggérant un mécanisme similaire chez l'homme.

Les arythmies ventriculaires, comme la tachycardie ventriculaire et la fibrillation ventriculaire, sont des complications redoutĂ©es aprĂšs un infarctus. Dans la tachycardie ventriculaire, le cƓur bat trĂšs vite mais de maniĂšre coordonnĂ©e, tandis que la fibrillation ventriculaire provoque des contractions dĂ©sorganisĂ©es et inefficaces. Ces troubles peuvent entraĂźner un arrĂȘt cardiaque soudain en quelques minutes. La plupart surviennent dans les 48 heures suivant la crise, pĂ©riode oĂč l'infiltration de cellules immunitaires dans le cƓur est maximale.

Cette découverte ouvre des perspectives pour des traitements ciblant spécifiquement la protéine RELMy, afin de réduire les effets néfastes des neutrophiles sans supprimer complÚtement la réponse immunitaire. Les chercheurs envisagent de développer des molécules capables de neutraliser cette protéine, d'abord chez l'animal puis chez l'homme. Une telle approche pourrait compléter les interventions actuelles, comme la désobstruction des artÚres, pour améliorer la survie des patients aprÚs une crise cardiaque.