Débris spatiaux : le CNES veut un espace « propre »

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Le nombre de débris spatiaux en orbite autour de la Terre impose aux agences spatiales des mesures pour garantir la pérennité de l'exploitation spatiale. Au sein du COPUOS, Comité de l'Espace des Nations Unies, le CNES participe aux réflexions autour de ces questions.

Une surpopulation inquiétante d'objets dans l'espace

Vue des débris spatiaux qui gravitent en orbites basses autour de la Terre. Crédits : NASA.

16000 objets de plus de 10 cm de diamètre, 300 000 entre 1 et 10 cm et plus de 350 millions de moins de 1 cm.

Telle est la situation actuelle dans l'espace extra-atmosphérique autour de la Terre.

Ces corps créés par l'Homme (satellites hors service, étages de lanceurs, fragments...) et accumulés depuis les débuts de la conquête spatiale en 1957 avec le lancement du satellite russe Spoutnik, menacent l'exploitation future des orbites dites « utiles. »

« Si on n'entreprend rien, dans 100 ans, pourra-t-on encore utiliser l'espace ? » interroge Mario Hucteau, chargé d'affaires au sein du Service des Affaires Internationales du CNES.

Vue d’artiste d'un satellite et d'un échantillon de débris spatiaux en orbite autour de la Terre. Crédits : CNES/ D. Ducros.

Les orbites basses, situées entre 200 et 2000 km d'altitude, et l'orbite géostationnaire, à 36000 km au-dessus de l'équateur, sont, au terme des quelques 4800 lancements survenus depuis, très encombrées.

Les problèmes engendrés par cette surpopulation d'objets hétéroclites sont nombreux et variés : risque de collisions ou d'explosions génératrices de nouveaux débris, endommagement de satellite en activité, manoeuvre d'évitement à orchestrer depuis le sol...

Au sein du COPUOS (1) et de ses 70 membres, dont la France par l'intermédiaire du CNES, la question des débris spatiaux et plus globalement celle de la viabilité à long terme des activités spatiales est dorénavant devenue une priorité.

Des mesures en action et des pistes de réflexion

Protection des orbites utiles au moyen de transfert vers des orbites cimetières ou de désorbitation et rentrée atmosphérique programmée. Crédits : NASA.

Face à une courbe de croissance du nombre de débris désormais exponentielle, des règles en matière de lancement et de gestion de la fin de vie des satellites ont vu le jour.

Complémentaires, elles cherchent soit à limiter voire stopper la pollution volontaire, soit à protéger les zones d'intérêt (passivation d'étages de lanceurs et de satellites, transfert sur des orbites cimetières, désorbitation et rentrée atmosphérique en moins de 25 ans).

Les projets de nettoyage de l'espace ne sont pas en reste : moteur ionique, kit de désorbitation, voile solaire, filet... Plusieurs pistes sont à l'étude.

Des réflexions autour de questions d'ordre politique, juridique et économique s'imposent également :

Quel degré de précision sur la position d'un satellite peut-on fournir sans engager la sûreté nationale ? Qui nettoie et qu'a-t-on le droit de nettoyer ? Qui finance ? Doit-on mettre en place une taxe « déchets spatiaux » ?

L'espace n'est, paradoxalement, pas si grand et les routes spatiales loin d'être infinies. L'orbite géostationnaire, unique, est par essence fragile et précieuse. Ce qui semble certain, c'est que la gestion des débris devra être intégrée dès le départ dans la conception des futurs satellites et systèmes de lancement. Pour un développement durable de l'espace.

Notes:
(1) COPUOS : United Nations Committee on the Peaceful Uses of Outer Space

LO
Loindici

Le CNES s'y intéresse. Reste à savoir si toutes les agences vont se mettre d'accord sur un programme. Au delà des questions techniques, l'écueil principal semble bien être politique. "Qui fait la vaisselles ce soir ?..." Il y a de fortes chance que tant que ça tient, on laisse ça aux autres.

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Vampire

Il serait quand même malheureux qu'à cause de nos propres déchets, nous ne devenions un jour incapables de poursuivre l'aventure spatiale... Nous avons créé notre propre prison ! :houla:

En dehors des risques de collision encourus par les satellites existants, se pose aussi la question de la pérennité de l'ISS (des vies humaines sont quand même en jeu).
Il suffit de voir cette photo d'un hublot d'une navette spatiale américaine à son retour sur Terre pour prendre conscience du danger

Un micro-débris avait causé cette petite fissure dans la vitre. Et si ç'avait été un débris plus gros encore ?

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cisou9

:_salut:
Dire que les chinois pour montrer qu'ils pouvaient détruire un satellite ont pulvérisé un de leur vieux satellites. :fada: :pet:

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cisou9

Il y a un truc qui me surprend, sur la géostationnaire 36000 Km orbite poubelle 40000 Km , désorbiter de 36000 c'est peut-être difficile, mais le cimetière 40000 Km ça va devenir encombré !!! :(

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StarDreamer

De toute façon, ces réflexions ne vont pas changer grand chose : les débris sont déjà là !
Même si les nouveaux satellites et engins ont des systèmes de désorbitation, les 60 dernières années d'épopée spatiale ont rempli le ciel de débris, débris qui eux-même se désintègrent peu à peu en débris plus petits (et donc plus dangereux).

A défaut "d'un système de nettoyage" des orbites (conceptuellement difficile et économiquement intenable), le ciel va rester pété de débris pendant des décennies et plus. Il faut donc faire avec, et le mieux est d'éviter d'en rajouter toujours plus .. d'où les satellites plus propres en fin de vie, et continuer à gueuler quand les chinois font des déchêts en bûtant de vieux satellites pour montrer qu'ils en ont aussi une grosse.

Après, dire que la terre va devenir une prison et que le ciel sera si encombré qu'on ne pourra plus quitter la planète, il ne faut pas rêver non plus ... déjà, rien n'empêche de faire sortir une fusée équipée de radars qui adapte son vol pour éviter les débris, difficile mais faisable si l'avenir rendait l'espace dangereux.
Le problème vient que tout le monde tire ses satellites sur les mêmes orbites et sur les même plans ; bref, une super autoroute de l'espace où tout se suit à la queue-leu-leu.
Mais si on regarde bien, il faut penser en 3 dimensions. En fait, il n'y a pas 1 orbite mais une infinité. Donc, rien n'empêchera jamais à un engin spatial de s'envoler au-delà de l'orbite terrestre.

RIen n'est donc fichu pour l'accès à l'espace.
Le seul truc, c'est que si c'est mieux géré, cela coûtera beaucoup moins cher.
(si tout le monde va vers la même orbite, sur le même plan, c'est que ça consomme beaucoup moins de carburant!)