chester
C'est un point de vue purement politique : personnellement, j'ai le raisonnement totalement opposé.
Point de raisonnement. J'ai cité des faits. Entre scientifiques, on peut s'accorder sur les faits.
les dépenses globales de téléphone ont fortement augmenté
Faux (essentiellement du à la VOIP) que ce soit pour les entreprises ou pour les particuliers.[/quote]Je t'accorde une imprécision dans mon propos : je parlais uniquement des particuliers.
Leurs dépenses de téléphonie ont fortement augmenté depuis 15 ans, c'est un fait.
Pour les entreprises je l'ignore.
Et je vais peut-être te faire plaisir en adoptant un point de vue que, contrairement aux faits, tu peux parfaitement contester :
Je vois la société comme étant au service de l'être humain. Tout ce qui n'est pas un être humain est donc au service de l'humain. C'est le cas des entreprises.
Pour prendre une analogie thermodynamique, les échanges financiers entre entreprises je les vois comme des échanges énergétiques intérieurs au système "non-humain". Et l'efficacité d'une société, je la vois dans ce que le système "non-humain" apporte au système "êtres humains".
Je définirais donc le rendement d'une organisation économique de la société comme le rapport entre le gain et le coût ainsi définis :
- gain : ce que le système "non-humain" donne au système "être humains"
- coût : ce que le système "être humains" dépense (au sens global) pour faire fonctionner le système "non-humain"
Avec cette vision :
- le budget téléphonie des humains est un coût
- le service obtenu en échange est un gain
- concernant le B to B (échanges entre entreprises), ça reste interne à un système, donc ça ne compte pas.
Dans le secteur de la téléphonie, il est clair que le rendement à beaucoup monté grâce à de grandes avancées techniques.
Mais il me semble que cette évolution est bien moins grande depuis la privatisation du secteur qu'avant.
Avant, c'est par exemple la période 1985-1995 : monopole de FT, et excellente augmentation du rendement. Beaucoup de services en plus, une qualité technique ET de service toujours très bonne, et des prix toujours en baisse.
Après la privatisation sont apparus tous les points noirs évoqués dans mon premier message. A l'exception de la "dépense globale" débattue ci-dessus, nous sommes d'ailleurs d'accord sur tous ces points, et je te remercie de les avoir "sportivement" confirmés. Je dis sportivement, car il m'a paru clair que ton message se voulait une critique du mien !
Nous sommes pourtant bien d'accord sur les faits, ce qui est rassurant entre scientifiques.
Pour beaucoup d'utilisateurs, le prix du téléphone fixe a monté,
A cause de l'abonnement reversé à l'opérateur historique. Pour les gens qui sont en dégroupage total, le cout du fixe est quasi nul.
Pour le dégroupage total, quel est l'abonnement minimum ?
Quand on paye autant pour un package, on peut toujours dire que telle partie est quasi-gratuite, ça relève plus de la présentation marketing que de l'objectivité.
Le mobile coûte cher, et on est forcé de payer des packages minimums (abonnement ou carte) très élevés
Il n'y a justement pas de concurrence dans le secteur du mobile.
Nous sommes d'accord, il est en oligopole privé.
S'il était resté monopole public, on n'aurait pas :
- ces prix astronomiques.
- le phénomène de ponction des clients qui a obligé FT à augmenter l'abonnement, les détournant ainsi du fixe et les soumettant ensuite au diktat des prix du mobile.
Le suivi du service (SAV), souvent très médiocre, encombre les tribunaux de plaintes contre les opérateurs
Vrai, c'est un péché du système capitaliste en général.
Pas d'accord avec ça.
Le système était capitaliste il y a 30 ans, avec beaucoup de monopoles (et il y en a encore qq-uns). Les monopoles publics ont toujours eu de bons SAV, des rapports humains entre préposés au SAV et usager.
Le "péché" dont tu parles, c'est un péché du néolibéralisme moderne. Pas du capitalisme.
Le capitalisme a beaucoup de qualités. Ce que je dénonce, c'est que le néolibéralisme lui en fasse justement perdre beaucoup.
Je dis "néolibéralisme", il ne faut pas ergoter sur les mots : je parle de l'évolution moderne du capitalisme, je l'exprime par ce mot pour plus de concision.
En plus ce néolibéralisme se justifie souvent en mettant en avant les qualités du capitalisme traditionnel, qualités qu'il a justement perdues
!
Par exemple la concurrence. Elle était un atout du capitalisme, elle est devenue un lointain souvenir. Plus les entreprises grossissent, moins il y a de concurrents et de concurrence.
Notons que chaque nouvelle crise donne lieu à de nouvelles faillites, de nouveaux rachats, donc toujours moins de concurrence.
Le capitalisme n'interdit pas à l'état d'investir dans des entreprises et donc de gagner de l'argent en tant qu'actionnaire.
Nous sommes bien d'accord. (Même si gagner de l'argent n'est pas le but premier de l'État . Fournir un service public de qualité est autrement plus important.)
Le capitalisme ne l'interdit pas.
Ce sont les règles récentes de ce néolibéralisme qui l'interdisent. Et ça, c'est grave.
L'accord AGCS prévoit que tout secteur où la concurrence peut jouer doit être ouvert au privé, sans que l'état aide le secteur public. Par exemple la santé ou l'éducation.
Quand on voit les systèmes de santé aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne... ça fait peur.
Le pire c'est que la même chose s'était produite aux États-unis avant nous, et on n'a pas vu que le passage à l'oligopole était contre-productif.
Certes les Etats-unis ne sont pas réputés pour prendre du recul sur les dérives modernes du capitalisme. Mais en Europe, nous pourrions utiliser plus d'objectivité.
A quel secteur américain pense-tu?
Je pensais justement aux télécoms.
Le démantèlement du monopole d'AT&T avait créé un chaos assez stupéfiant.
Je l'ai vécu en 1995 : passer un coup de fil d'une cabine publique vers la France était un parcours du combattant. La première fois, il m'a fallu 3 heures pour y arriver
. Notons, puisqu'on parle un peu d'efficacité du service et de rentabilité, qu'une bonne partie de ces 3 heures ont été passées à des dialogues de sourds avec des opérateurs, pour un chiffre d'affaire totalement nul.
Et le problème s'est posé à nouveau la fois suivante, car j'étais dans une cabine d'un autre opérateur

Le tourisme spatial est nécessaire au secteur spatial en général, car il lèvera des fonds pour financer les projets.
Ça se discute : les projets dont tu parles, ce sont des projets inacessibles au tourisme. Les deux ne sont donc pas liés.
Si Branson veut financer une mission d'exploration spatiale, c'est simple : il fait un chèque à l'ESA ou la NASA. Pas besoin d'opérateur privé pour ça.
Il a même le droit de médiatiser son mécénat, c'est bien naturel.
Mais ces missions d'explorations seront toujours faites par des états ou, rêvons un peu, par des agences supranationales.
Nous vivons une époque moderne, le progrès fait rage.
Et bien moi je m'en félicite du progrès !
Moi aussi 
Donc quand certaines choses évoluent mal, quand on "progresse à reculons", je le dénonce.
C'est le cas du remplacement des services publics qui marchent bien (FT, EDF, compagnies des eaux...) par des oligopoles privés.