Un groupe de robots peut désormais repérer un comportement anormal dans ses rangs et coordonner sa réaction sans ordinateur central chargé de les diriger.
Un essaim robotique repose sur de nombreuses petites machines qui prennent chacune leurs dĂ©cisions Ă partir dâinformations locales. Aucun robot nâa nĂ©cessairement une vue complĂšte du groupe. Cette organisation Ă©vite de dĂ©pendre dâun chef unique, mais elle crĂ©e une difficultĂ© : comment savoir ce que fait rĂ©ellement lâensemble lorsque chacun nâen voit quâune partie ?

Un grand essaim de robots Kilobot, une plateforme conçue pour étudier les comportements collectifs de nombreuses petites machines.
CrĂ©dit : Asuscreative / Wikimedia Commons â CC BY-SA 4.0
Des chercheurs de lâUniversity of Utah ont dĂ©veloppĂ© une mĂ©thode appelĂ©e SyncSBC pour rĂ©pondre Ă cette question. Chaque robot observe ses voisins et utilise ces donnĂ©es limitĂ©es pour estimer le comportement collectif. Les machines Ă©changent ensuite leurs estimations afin de parvenir Ă une dĂ©cision commune, sans transmettre toutes leurs donnĂ©es vers un poste de contrĂŽle central.
Le systĂšme associe apprentissage automatique et Ă©changes entre robots. Le premier sert Ă reconnaĂźtre diffĂ©rents comportements de lâessaim Ă partir des observations disponibles. Les Ă©changes permettent ensuite aux membres du groupe dâaccorder rapidement leurs dĂ©cisions. Ainsi, chaque machine peut disposer dâune estimation du comportement gĂ©nĂ©ral sans observer directement tous les autres robots.
Cette capacitĂ© devient particuliĂšrement utile lorsquâun membre du groupe ne se comporte plus comme prĂ©vu. Une panne, une mauvaise commande ou un changement inattendu peut perturber le mouvement collectif. Lors dâessais sur de vrais robots, SyncSBC a permis au groupe dâidentifier des anomalies de comportement Ă partir de ses seules observations distribuĂ©es.
Les chercheurs ont aussi testĂ© une seconde possibilitĂ© : modifier collectivement le comportement de lâessaim. Une fois une situation reconnue, les robots peuvent synchroniser leur dĂ©cision et passer de maniĂšre autonome Ă une autre organisation. Aucun serveur central nâa besoin de dĂ©cider du changement pour lâensemble du groupe.
Cette absence de centre de commande prĂ©sente un intĂ©rĂȘt. Dans un environnement oĂč les communications sont limitĂ©es, Ă©loignĂ©es ou instables, une liaison permanente avec un ordinateur unique peut devenir un point faible. Un essaim autonome peut continuer Ă prendre certaines dĂ©cisions mĂȘme lorsque chaque robot ne dispose que dâinformations provenant de son voisinage immĂ©diat.
Les rĂ©sultats ont Ă©tĂ© obtenus sur des robots rĂ©els, mais le travail reste une recherche expĂ©rimentale. Les auteurs indiquent une forte prĂ©cision de classification et un faible dĂ©lai de synchronisation dans leurs essais. Le code, des vidĂ©os et des expĂ©riences complĂ©mentaires ont Ă©tĂ© rendus disponibles pour permettre dâĂ©tudier la mĂ©thode dans dâautres configurations dâessaims.