đŸ€– Cet essaim de robots sait faire le mĂ©nage dans ses propres rangs

Un groupe de robots peut désormais repérer un comportement anormal dans ses rangs et coordonner sa réaction sans ordinateur central chargé de les diriger.

Un essaim robotique repose sur de nombreuses petites machines qui prennent chacune leurs dĂ©cisions Ă  partir d’informations locales. Aucun robot n’a nĂ©cessairement une vue complĂšte du groupe. Cette organisation Ă©vite de dĂ©pendre d’un chef unique, mais elle crĂ©e une difficultĂ© : comment savoir ce que fait rĂ©ellement l’ensemble lorsque chacun n’en voit qu’une partie ?

Un grand essaim de robots Kilobot, une plateforme conçue pour étudier les comportements collectifs de nombreuses petites machines.

Un grand essaim de robots Kilobot, une plateforme conçue pour étudier les comportements collectifs de nombreuses petites machines.
CrĂ©dit : Asuscreative / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0

Des chercheurs de l’University of Utah ont dĂ©veloppĂ© une mĂ©thode appelĂ©e SyncSBC pour rĂ©pondre Ă  cette question. Chaque robot observe ses voisins et utilise ces donnĂ©es limitĂ©es pour estimer le comportement collectif. Les machines Ă©changent ensuite leurs estimations afin de parvenir Ă  une dĂ©cision commune, sans transmettre toutes leurs donnĂ©es vers un poste de contrĂŽle central.

Le systĂšme associe apprentissage automatique et Ă©changes entre robots. Le premier sert Ă  reconnaĂźtre diffĂ©rents comportements de l’essaim Ă  partir des observations disponibles. Les Ă©changes permettent ensuite aux membres du groupe d’accorder rapidement leurs dĂ©cisions. Ainsi, chaque machine peut disposer d’une estimation du comportement gĂ©nĂ©ral sans observer directement tous les autres robots.

Cette capacitĂ© devient particuliĂšrement utile lorsqu’un membre du groupe ne se comporte plus comme prĂ©vu. Une panne, une mauvaise commande ou un changement inattendu peut perturber le mouvement collectif. Lors d’essais sur de vrais robots, SyncSBC a permis au groupe d’identifier des anomalies de comportement Ă  partir de ses seules observations distribuĂ©es.

Les chercheurs ont aussi testĂ© une seconde possibilitĂ© : modifier collectivement le comportement de l’essaim. Une fois une situation reconnue, les robots peuvent synchroniser leur dĂ©cision et passer de maniĂšre autonome Ă  une autre organisation. Aucun serveur central n’a besoin de dĂ©cider du changement pour l’ensemble du groupe.

Cette absence de centre de commande prĂ©sente un intĂ©rĂȘt. Dans un environnement oĂč les communications sont limitĂ©es, Ă©loignĂ©es ou instables, une liaison permanente avec un ordinateur unique peut devenir un point faible. Un essaim autonome peut continuer Ă  prendre certaines dĂ©cisions mĂȘme lorsque chaque robot ne dispose que d’informations provenant de son voisinage immĂ©diat.

Les rĂ©sultats ont Ă©tĂ© obtenus sur des robots rĂ©els, mais le travail reste une recherche expĂ©rimentale. Les auteurs indiquent une forte prĂ©cision de classification et un faible dĂ©lai de synchronisation dans leurs essais. Le code, des vidĂ©os et des expĂ©riences complĂ©mentaires ont Ă©tĂ© rendus disponibles pour permettre d’étudier la mĂ©thode dans d’autres configurations d’essaims.

NO
Nox42

Le vrai test serait de voir combien de robots peuvent tomber en panne avant que l’essaim commence Ă  prendre de mauvaises dĂ©cisions.

LU
LuluCosmos

Et si deux robots dĂ©tectent des anomalies diffĂ©rentes au mĂȘme moment, ils arrivent quand mĂȘme Ă  se mettre d'accord ?