Europe: l'accord entre travailleurs et employeurs fait progresser la lutte contre le stress au travail

Restez toujours informé : suivez-nous sur Google (☆)

Sécurité et santé au travail: l’accord entre travailleurs et employeurs fait progresser la lutte contre le stress au travail.

Au cours des dix dernières années, le phénomène du stress lié au travail a pris de l’ampleur dans neuf États membres et n’a reculé qu’en Suède. Des études indiquent que le stress est à l’origine de 50 à 60 % des jours de travail perdus. En France, par exemple, le stress aurait un coût annuel d’au moins 2 à 3 milliards d’euros. Au Royaume-Uni, l’anxiété, le stress et la dépression liés au travail entraîneraient la perte de 10 millions de jours de travail. Le stress lié au travail aurait aujourd’hui un coût direct estimé à quelque 4 % du PIB de l’Union européenne. Pour faire face à ce problème, les représentants des travailleurs et des employeurs européens ont conclu, en 2004, un accord visant à assurer une protection minimale contre le stress au travail. La Commission européenne a publié une évaluation des retombées de cet accord selon laquelle l’accord a eu des effets positifs là où il a été mis en œuvre. Les efforts accomplis par les employeurs et les travailleurs ont notamment débouché sur l’adoption de mesures dans douze États membres qui s’étaient jusque-là caractérisés par un certain immobilisme. L’accord n’a certes pas été appliqué de la même manière dans tous les pays, mais dix-neuf États membres disposent aujourd’hui d’une législation ou de conventions collectives contraignantes applicables au stress ou à d’autres risques psychologiques liés au travail.

Le commissaire européen chargé de l’emploi, des affaires sociales et de l’inclusion, M. László Andor, a déclaré lors de la présentation du rapport d’évaluation: «Cette évaluation nous montre comment un accord européen mis en application par les employeurs et les travailleurs à l’échelle nationale peut améliorer concrètement les conditions de travail en Europe.» Et d’ajouter: «Nous savons que le stress peut constituer un problème structurel dû à l’organisation du travail plutôt qu’aux individus, c’est pourquoi les partenaires sociaux sont souvent le mieux placés pour prendre des mesures dans ce domaine. J’exhorte les employeurs et les travailleurs à poursuivre leur action bénéfique et à remédier aux manquements, notamment dans les pays où les actions concertées ont jusqu’ici été limitées.»

L’accord conclu en 2004 par les partenaires sociaux européens multisectoriels (Business Europe, UEAPME, CEEP et CES) vise à augmenter la prise de conscience du stress au travail et à définir un cadre d’action. Il revient aux employeurs de déceler les facteurs de stress et d’essayer d’assurer une meilleure adéquation entre la responsabilité et les compétences; il leur appartient aussi de consulter les travailleurs sur les restructurations et les nouvelles technologies et d’apporter leur soutien aux individus et aux équipes.

Il ressort de la conclusion de l’évaluation publiée par la Commission que l’accord de 2004 a ouvert la voie du dialogue social et de l’élaboration de politiques dans le domaine du stress professionnel dans la plupart des États membres. Les règles relatives au stress au travail ont été couchées dans des accords généraux conclus par les partenaires sociaux, des conventions collectives, des lignes directrices ou des dispositions législatives. Dans un grand nombre de pays, les partenaires sociaux ont également mené des campagnes de sensibilisation et mis au point des outils d’évaluation du stress et de formation, ainsi que d’autres instruments pratiques.

Cependant, l’accord n’a pas été mis en œuvre de la même manière dans toute l’Europe. Les partenaires sociaux maltais, chypriotes, polonais et slovènes n’ont pas fait état de la manière dont ils avaient concrétisé les engagements pris et les résultats obtenus en Bulgarie, en République tchèque, en Allemagne et en Estonie n’ont pas répondu aux attentes. Le rapport souligne que des améliorations doivent être réalisées partout.

Pour les partenaires sociaux, si les individus sont parfaitement capables de faire face à des situations stressantes de courte durée, une exposition prolongée à une situation de stress peut causer des dommages considérables. Les principaux facteurs de stress sont les contraintes professionnelles, les marges de manœuvres, les relations sociales, les sollicitations psychologiques, les conflits portant sur les valeurs et l’éthique ainsi que la précarité de l’emploi. L’exposition à ces facteurs de stress a augmenté au fil du temps. C’est ainsi que la proportion de travailleurs précisant qu’ils doivent respecter des délais serrés ou travailler à un rythme élevé pendant au moins un quart de leur temps de travail est passée de 50 % en 1991 à plus de 60 % en 2005 et qu’elle s’est ensuite stabilisée.

Contexte

En 2002, à l’occasion d’une consultation des partenaires sociaux, la Commission a attiré l’attention sur la nécessité de garantir un niveau minimal de protection des travailleurs contre le stress au travail en se fondant sur les dispositions générales de la directive-cadre concernant la sécurité et la santé des travailleurs dans l’Union (directive 89/391/CEE). Les partenaires sociaux européens ont décidé d’agir dans ce domaine en concluant un accord-cadre autonome européen, comme le leur permet l’article 155 du traité de Lisbonne. Ce type d’accord peut être mis en œuvre par des dispositions législatives de l’Union européenne ou par des mesures prises par les affiliés nationaux des partenaires sociaux européens conformément aux traditions et pratiques propres aux États membres.

Au niveau de l’Union, quatre accords sont mis en œuvre par les représentants des travailleurs et des employeurs, à savoir les accords sur le télétravail, sur le stress au travail, sur la violence et le harcèlement et sur les marchés du travail inclusifs. L’accord sur le stress au travail est le deuxième dans l’ordre chronologique.

Liens utiles

Rapport de la Commission sur l’évaluation de la mise en œuvre de l’accord-cadre autonome européen sur le stress au travail: http://ec.europa.eu/social/BlobServlet? ... &langId=en

Mise en œuvre de l’accord-cadre autonome européen sur le stress au travail: rapport des partenaires sociaux européens:
http://ec.europa.eu/employment_social/d ... 21&lang=fr

Dialogue social européen: http://ec.europa.eu/social/main.jsp?catId=329&langId=fr

Sécurité et santé au travail: http://ec.europa.eu/social/main.jsp?catId=148&langId=fr

VI
Victor

A quoi ça sert tous ces machins ? ce n'est y pas le rôle des syndicats de négocier les conditions de travail bref je ne comprends pas

avatar
cisou9

:_salut:
Je pense que c'est une bonne étude mais sa mise en pratique dépend de la hiérarchie.

Gaston Lagaf des éditions Dupuis en Belgique n'est pas trop stressé. :lol3: :lol:

avatar
StarDreamer

Victor
A quoi ça sert tous ces machins ? ce n'est y pas le rôle des syndicats de négocier les conditions de travail bref je ne comprends pas

Si personne ne les négocie, peut-être que les syndicats restent le dernier rempart ?
Le problème est que leurs revendications sont souvent si extravagantes qu'elles amènent plus à un braquage des employeurs qu'à une réelle négociation ; et ces derniers n'arrivent pas à réaliser qu'un employé non stressé amène un meilleur rendement à l'entreprise (plus de capacité de travail, plus d'envie de travailler, fierté du travail accompli, ...etc...).
Beaucoup de préjugés, en fait, dans le monde du travail.

VI
Victor

Entre parenthèses j'ai bien mis le mot négocier dans le sens de "revendications" et pas des trucs imposés d'en haut, il faudrait savoir le sens des mots

avatar
Raoul44bis

Ca me fait rire ce genre d'étude...

La seule réaction que j'ai est de me demander si la France est vraiment en Europe... Apres 40 ans de chômage intensif, comment voulez vous imposer des règles a des employeurs qui ont le choix de leur main d'oeuvre comme jamais ils n'ont eu... Le stress de leurs employés ils s'en fichent pas mal...

avatar
cisou9

:_salut:
Raoul, tu n'a peut-être pas tort. :lol:

VE
velilla

victor il semble que tu oubli que les syndicats c'est toi, si les syndicats n'ont pas ou peu de syndiquées ils n'ont aucun poids dans les négociations . Et si tu consulte le nombre de syndiqués , c'est misérable . Je ne me trompe pas en disant que tu n'est pas syndiqué, donc tu est sans pouvoirs

VI
Victor

Tu vas rigoler mais dans les années 80 en 1986 j'ai participé à un truc qui s'appelait le syndicat des chômeurs de Michel Pagat une idée absurde en soi... Je pense sérieusement qu'une idée est mieux quand elle est partagé par un groupe...Je ne pense pas trop aux faits sociaux mais je crois assez à la force des idées, une idée ne s'incarne pas, elle continue sans vous... Puis si les syndicats étaient vraiment révolutionnaires on s'en serait aperçu

avatar
Raoul44bis

Perso j'ai rien contre les syndicats, mais en tant qu'interimaire (travaillant QUE pour des sous traitant pas par choix...) je vois mal ou je peux me syndiquer et surtout comment s'y prendraient ils pour defendre mes droits... Ma situation professionnelle est dû a une reconversion d'administrateur reso (lpi 201-202 et win 2000 srv licence > pas de boulot dedans donc creation de ma boite de depannage pour particulier > 70 h par semaine pour un smic > electricien industriel...) a electricien...

Je vous dit pas les conditions des sous traitant... En gros je cable jusqu'a 1500 V pour smic + 1 € de l'heure avec panier... Pour des groupe comme Airbus, Alsthom... Qui eux n'embauche ni cdd ni cdi ou tres tres peu... Bref le stress je vous en parle meme pas, étant donné que les mission dépassent rarement 3 mois, en général c'est 3 semaines...

Je crois qu'il faudrait revoir entièrement le travail, le chômage et ses droits dans ce pays, et avec un gouvernement adulte et honnête ca changerait... Quant au stress...

VE
velilla

effectivement les syndicats ne sont plus révolutionnaires, car ils n'en ont plus les moyens humains , c'est comme ça que Raoul se retrouve dans une telle situation, On fini seul à force de défendre son droit et non pas celui de tous Lorsque les syndicats avaient la force du nombre ils ont put (aider à) créer par exemple la sécurité sociale en 6 mois , et si vous êtes jeunes vous en connaîtrez la fin :pleure:

KA
karlzz

Une très bonne initiative que d’essayer de diminuer le stress au travail, d’où qu’elle vienne, des syndicats nationaux ou d’une prise de conscience directement européenne. (Vive l’Europe en passant !). Mais le pb n’est pas là. Il faut se rendre compte que notre société est de plus en plus productive, et donc on n’a largement plus besoin de travailler autant. Mais, paradoxe, il faudrait à tout prix le plein emploi. Donc, seule solution officielle et folle, le gaspillage, l’obsolescence programmée et tous ces délires de consommation polluante et absurde.
Une telle prise de conscience suffirait à faire comme en Egypte, passer à l’étape suivante, de la démocratie stupide et pilotée par l’économie, à une démocratie intelligente, où l’économie n’est plus qu’un outil, et toute l’économie financière un mauvais rêve du passé. Table rase et Revenu minimum pour tous ! Le problème, c’est de pas trop produire pour pas bousiller la planète, c’est pas le travail. Pour une économie synchronisée et post-quantitative. Stoppez la dictature des comptables. Automatisons l’économie. Il y a (aura) des outils informatiques pour ça.

VI
Victor

Si c'est bombardé de très haut par l'Europe... Ben ça ne sert à rien et ça ne sera jamais appliqué... Il faut que ça soit une demande venant des personnes concernées

avatar
Raoul44bis

Assez d'accord avec Karlzz mais en tant qu'ancien admin je ne donnerai jamais toute confiance a des logiciels, ils ne sont pas gage de fiabilité et surtout d'impartialité (une erreur informatique a vos impôts peut avoir des conséquences dramatiques (pour rester terre a terre) ! ^^)... Mais il est sur et certain que cela pourrait beaucoup, beaucoup plus simple, plus humain et plus ecolo et ce avec les mêmes moyens que l'on a aujourd'hui... En tout cas je pense que le syndicalisme n'a pas su s'adapter et surtout se defendre (il y a 30% d'ouvriers toujours en France et on ne les voit plus apparaitre quasi-nul part dans aucune statistique...)

Je conseil un sketch/spectacle a tous : Incultures de Frank Lepage !

http://www.alpesolidaires.org/inculture ... nck-lepage

Tres edifiant !

avatar
nicoM

Oui incultures de Lepage est très bon !

Je suis complétement d'accord avec karlaz, il est clair que si le productivisme était mis au profit de toute la communauté on en serait pas là..., clairement pas là. Mais bon l'individualisme est tellement ancré chez les gens, depuis qu'ils sont très jeunes que je vois mal comment on peut sortir de la pente vertigineuse (intellectuellement) que l'on est est, pour la majorité, en train emprunter.
D'ailleurs j'ai l'impression que toute l'Europe a fait un sacré virage droite démago depuis quelques années.

Le problème, je pense, c'est qu'aujourd'hui beaucoup de pouvoir a été transférée depuis le peuple Français vers les instances Européennes qui semblent opaques et compliquées. Cela donne l'impression que ce pouvoir a été confisqué (rappelons-nous le dernier passage en force du parlement sur la constitution Européenne), les lois sur le capitalisme financier verrouillées et qu'aujourd'hui on nous parle de quelques rafistolages sans parler du fond du problème.

Je pense que le problème n'est pas de l'ordre du syndicat, ils sont dépassés car ils sont là pour protéger les travailleurs (je déteste le mot salariés, qui est un mot suggérant une certaine passivité) et le pouvoir en place se sert des meilleurs d'entre eux comme source de division, expliquant que les mieux protégés sont des privilégiés et en conséquence assurant un nivellement social par le bas.

Et ça fonctionne très bien. En même temps il faut voir la génération 1995-2000, je suis choqué... J'ai l'impression que ces gens passent de plus en plus de temps dans les loisirs cheap et chronophages, tel que le chat msn, les jeux vidéos et la télévision.
On devrait mettre un limite d'âge à la télé : pas avant 15 ans. Ca vous détruit un gamin ce machin. En caricaturant tout ceux que j'ai vu qui ont une télé dans leur chambres avant 15 ans ne savent pas ou très peu lire.
Comment ensuite avoir un oeil critique ? Je vous le demande.

Je suis très pessimiste... Je pense que ce pays est en train de foutre le camps et qu'on va aboutir dans une belle petite dictature nationaliste...
Je penses que comme beaucoup de français je vais aller m'exiler en Angleterre. Honnêtement pour le peux que j'en ai vu jusqu'ici, les gens sont très polis, très sympathiques et ouverts. Je vais faire un stage de 6 mois là bas je vous donnerais mes impressions.
Surtout le fait le plus choquant : Les gens sont en majorité en train de lire dans le metro. Les journaux gratuit là bas on quasiment (+/- 1,5 cm de hauteur) le même format que les journaux normaux et proposent des articles sur trois colonnes écrit en police 8 ou 10 (!!!).
Évidement il y a beaucoup de gens qui lisent tabloids/magazines mais en moyenne le niveau culturel à l'air beaucoup plus élevés que dans le métro à Paris. Pour ceux qui vont me rétorquer que le métro et cher, j'ai constaté la même chose dans le bus, même si il existe un différence nette entre les deux (le nombre de colonnes par articles notamment), on reste très éloignés du métro parisien.