La résolution des Sudoku, une affaire de couleurs…

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Si vous vous êtes déjà trouvé bloqué devant un problème de Sudoku, vous avez peut-être imaginé que l’énigme n’avait pas de solution, ou, lorsque finalement vous en résolviez un, que votre solution n’était pas forcément la seule.

Ces questions et d'autres sont explorées dans l'article Sudoku Squares and Chromatic Polynomials d’Agnes M. Herzberg et M. Ram Murty, paru dans l’édition de juin-juillet des Notes de l’AMS (American Mathematical Society) dans lequel les auteurs utilisent des outils mathématiques de la théorie des graphes pour analyser systématiquement des problèmes de Sudoku. Ils y démontrent également que l’analyse de ce type de problèmes conduit vers certains problèmes non résolus de cette théorie.

Un problème de Sudoku à solution unique, dont 17 chiffres sont donnés

Dans ce contexte, un "graphe" est un ensemble de noeuds reliés par des segments. On peut représenter les 81 cases d’un Sudoku comme les 81 noeuds d’un graphe, et l’on attribue à chacun des chiffres de un à neuf une couleur différente. Dans un graphe de Sudoku, deux noeuds sont reliés par un segment si les deux cases qu'ils représentent appartiennent à une même ligne, une même colonne, ou à un même bloc de 3 sur 3 cases. Puisque aucune ligne, aucune colonne, ni aucun bloc ne doit contenir plus d’une fois le même chiffre, le graphe ne possédera aucun noeud relié à un nœud de la même couleur. (Par exemple, en supposant que l’on représente le 1 avec la couleur rouge, deux noeuds rouges reliés par un segment signifieraient qu’une ligne, une colonne, ou un bloc posséderait deux 1, ce qui est interdit par la règle du Sudoku).

Dans le langage de la théorie des graphes, un graphique coloré sans connexion entre les noeuds de même couleur est appelé une « coloration propre ». Ce que les amateurs de Sudoku tentent de réaliser chaque jour est d’étendre un graphe partiellement coloré à un graphe à coloration propre (le puzzle initial avec ses cases vides signifie que le graphe le représentant possède des nœuds qui demandent à être coloriés).

L’analogie entre les Sudoku et les graphes étant en place, Herzberg et Murty ont pu utiliser des outils de théorie des graphes pour démontrer des théorèmes sur ce type de problèmes. Par exemple, ils démontrent que le nombre de façons différentes d'étendre une coloration partielle est donné par un polynôme. Si la valeur de ce polynôme est zéro pour un Sudoku donné, alors le puzzle n'a aucune solution ; si la valeur est 1, le puzzle n’a qu’une solution ; et ainsi de suite. Ils démontrent également que, pour qu’un Sudoku quelconque puisse n’avoir qu’une solution unique, au moins 8 des 9 chiffres doivent apparaître dans le problème posé ; si seulement 7 chiffres apparaissent, alors le puzzle possède au moins deux solutions. Et ceci évoque une question mathématique non résolue : "il serait extrêmement intéressant de déterminer sous quelles conditions une coloration partielle peut être étendue à une coloration [propre]unique", écrivent les auteurs.

Certains Sudokus sont plus difficiles à résoudre que d'autres, les plus ardus ne contenant que très peu de chiffres au départ. La détermination de ce nombre minimum d'entrées nécessite de s’assurer qu'un problème n’a qu’une seule solution. Herzberg et Murty donnent un exemple d’un Sudoku avec 17 entrées qui ne possède qu’une solution (grille ci-dessus). Aussi le nombre minimum est au plus 17. Cependant cela pourrait être 16 ou plus petit encore, mais personne ne le sait. On pourrait penser par ailleurs qu'un problème avec de nombreux chiffres donnés au départ est susceptible de n'avoir qu’une seule solution, mais ce n'est pas forcément le cas. L'article donne l’exemple d'un puzzle à 29 chiffres donnés qui possède au final deux solutions différentes (grille ci-dessous).

Un problème de Sudoku à deux solutions, dont 29 chiffres sont donnés

Et si vous vous demandez quand votre revue préférée manquera de problèmes de Sudoku, les auteurs affirment que le nombre de Sudoku distincts se situe quelque part autour de 5,5 milliards, ce qui devrait s’avérer suffisant pour occuper les afficianados pendant de nombreuses années encore.

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fffred

marrant je me suis déjà posé ces questions, mais je savais pas que c'était aussi compliqué à résoudre :fada:

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xeter

Et on peut diagonaliser un Sudoku, ou sinon le trigonaliser...
^^ Un Spé maths qui vient de finir les cours :D

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Ze Venerable

sympa...
par contre ce passage :

Aussi le nombre minimum (d'entrées) (tel qu'il n'y ait qu'une seule solution ?) est au plus 17.

n'est pas en contradiction avec l'exemple du Sodoku à 29 entrées et 2 solutions?

EU
euh

Ca signifie que les sudokus n'ayant qu'une solution ont un nombre d'entrées supérieur à 17 mais pas que les sudokus ayant un nombre d'entrées supérieur à 17 n'ont qu'une solution.

Pour plus de détails: https://www.ams.org/notices/200706/tx070600708p.pdf

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Ze Venerable

ok, merci!

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PourNotreMonde

Ca signifie que les sudokus n'ayant qu'une solution ont un nombre d'entrées supérieur à 17 mais pas que les sudokus ayant un nombre d'entrées supérieur à 17 n'ont qu'une solution.

Ca veut pas dire grand chose ça... c'est contradictoire euh :D

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Michel

PourNotreMonde


Ca signifie que les sudokus n'ayant qu'une solution ont un nombre d'entrées supérieur à 17 mais pas que les sudokus ayant un nombre d'entrées supérieur à 17 n'ont qu'une solution.


Ca veut pas dire grand chose ça... c'est contradictoire euh :D

La phrase d'euh n'est pas contradictoire.

17 est bien actuellement le nombre minimum d'entrées nécessaires pour qu'une grille n'ait qu'une solution. De 17 à 80 entrées il existe des grilles à solution unique.
On n'a actuellement pas trouvé de grille à solution unique pour 16 entrées, 15 ... etc.

Et de facon indépendante et donc non contradictoire, des grilles à plus de 17 entrées peuvent avoir plusieurs solutions.

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byblo

En bref, le message subliminal de la news est : "jouez à OXO, ça prends moins la tête" :D

J-
J-B

<<
Par exemple, ils démontrent que le nombre de façons différentes d'étendre une coloration partielle est donné par un polynôme. Si la valeur de ce polynôme est zéro pour un Sudoku donné, alors le puzzle n'a aucune solution ; si la valeur est 1, le puzzle n’a qu’une solution ; et ainsi de suite.

Ce passage n'a pas de sens. En fait les auteurs montrent (sauf erreur, j'ai lu rapidement) la chose suivante :

On considère un problème plus général. On ne se limite plus à 9 symboles (les chiffres de 1 à 9). Je note S le nombre de symboles autorisés. Les règles sont : un même symbole ne doit pas apparaître deux fois (ou plus) sur la même ligne, sur la même colonne ou dans le même carré. Le cas usuel est le cas S=9.

On se donne une grille partiellement remplie. On note U le nombre de symboles différents apparaissant dans la grille (attention, il ne s'agit pas du nombre d'entrées). On a U inférieur ou égal à S.

Alors le nombre de solutions est P(S) où P est un polynome ne dépendant que de la grille partiellement remplie. Pour le cas usuel, on ne s'intéresse qu'à P(9) qui n'est guère qu'un entier !

Pour les personnes intéressées, on trouve facilement l'article sur internet en tapant dans google le nom des auteurs.

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Par rapport à la phrase qui semble poser des soucis.

  1. Il existe (on a pleins d'exemples) une grille à 17 entrées qui admet une unique solution.
  2. On ne sait pas s'il existe des grilles à 16 entrées (ou moins) qui admettent une unique solution.

(Si j'ai bien compris...).

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Ze Venerable

Salut!
j'avoue que j'arrive pas à voir la différence entre ton explication et celle de celle de t-s... ça me déprime

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PourNotreMonde

Enfin moi je trouve qu'un jeu tel le sudoku aurait dû faire son apparition bien avant... ca m'étonne que ce soit si "nouveau", mais en tout cas des millions de petits et grands se sont laissés prendre au jeu

J-
J-B

Ze Venerable
Salut!
j'avoue que j'arrive pas à voir la différence entre ton explication et celle de celle de t-s... ça me déprime

De quelle explication parles-tu ?

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Ze Venerable

ta 1é j-b, qui est correctement résumée je trouve par l'extrait que tu cites

J-
J-B

Le passage en question n'a pourtant pas de sens. Je le recite ici.

<<
Par exemple, ils démontrent que le nombre de façons différentes d'étendre une coloration partielle est donné par un polynôme. Si la valeur de ce polynôme est zéro pour un Sudoku donné, alors le puzzle n'a aucune solution ; si la valeur est 1, le puzzle n’a qu’une solution

Le nombre de façons différentes d'étendre une coloration partielle est un nombre entier. Ca ne peut donc pas être un polynome. Il y a donc quelque chose à corriger et la correction ne me semble pas si évidente. Il est raisonnable d'imaginer qu'il s'agit de la valeur d'un certain polynome en un certain réel. Mais sans plus de précision l'énoncé serait est alors complètement creux. Voilà quel pourrait être un tel l'énoncé :

Pour toute coloration partielle, il existe un polynome P telle que le nombre d'extention possible est la valeur de P en 0.

C'est une trivialité, étant donné que le polynome peut dépendre de la coloration partielle. Voilà une preuve. Je considère une coloration partielle. Je note P le polynome constant égal au nombre d'exentions possible. Alors le nombre d'extension possible est égal à la valeur de P en 0. Fin de la preuve.

Remarque : on pourrait remplacer 0 par n'importe quoi. On pourrait aussi utiliser des polynomes plus sophistiqués (si N est le nombre de solutions, on pourrait prendre le polynome P=2X+N ou P=X(X+1)+N ou ...).

On voit ainsi que cet énoncé est complètement idiot. C'est une conséquence du fait que pour tout entier, je peux trouver un polynome qui évalué en 0 (ou en 9 ou en ...) vaut l'entier de départ. Ce n'est pas très folichon.

--

L'énoncé est en fait beaucoup plus fort (enfin c'est pas l'énoncé du siècle non plus !). Il dit que, pour une coloration partielle donnée, il existe un certain polynome P, tel que pour tout S supérieur ou égal à U (je reprend les notations de mon précédent message), le nombre de solution est P(S).

Le point non trivial est que le polynome de dépend pas de S.

Si par exemple pour une grille donnée le polynome est X(X+1) et que U=9, alors le nombre de solutions pour le sudoku classique (c'est-à-dire le cas S=9) sera 9(9+1) mais, de plus si S valait 10, le nombre de solutions serait 10(10+1), si S valait 11 ce serait 11(11+1) etc.

Est-ce plus clair ?

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Ze Venerable

donc tu reproches surtout à l'extrait d'être trop vague et ainsi de passer sous silence une propriété intéressante du sodoku ? Mais il est tout à fait juste non (car il ne me semble pas vraiment qu'y soient confondus le polynôme et les valeurs prises par ce polynôme) ? Mais peut-être n'y ai-je pas réfléchi suffisamment longtemps...

en tout cas merci...

J-
J-B

Je reproche deux choses :

  1. Que ça soit faux (l'article confond bel et bien polynome et valeur d'un polynome en un point : << le nombre de façons différentes [...] est donné par un polynôme >>

  2. Que même en corrigeant et en remplaçant "polynome" par "valeur d'un polynome en 9" pour respecter le papier original, alors la propriété est énoncée dans un cas tellement particulier qu'elle devient complètement vide de contenue. Il est complètement inutile de l'énoncer dans un cadre si particulier, ça n'apporte absolument aucune information (c'est ce point qui n'est sans doute pas clair). On peut peut-être méditer l'exemple suivant : la dérivée en 0 de la fonction cosinus est donnée par la valeur en 0 d'un polynome polynome. Chouette...

Je ne sais si c'est plus clair.

WP
wpjo

Certes, un sudoku avec 29 chiffres données eut avoir deux solutions.Êt sûrement certains sudokus avec 63 chiffres données (par exemple, toutes les chiffres sont déjà donnéees, sauf les cases pour les chiffres "8" et "9" sont encore blanches) peyuvent avoir deux solutions ! Et très, très probablement, même, certains sudokus avec 73 chiffres données en peuvent avoir deux.

Par contre, le 17 chiffres données et une seule soulution, cela est effectivement très fort.

wpjo

LY
Lysa

Certains Sudokus sont plus difficiles à résoudre que d'autres, les plus ardus ne contenant que très peu de chiffres au départ.

Pas forcément, certains sudokus avec plusieurs chiffres peuvent être complexes à résoudre