🧲 Cette étoile ultramagnétique révèle un effet quantique attendu depuis 90 ans

Un magnétar situé dans notre Galaxie pourrait fournir l’un des indices les plus nets d’un effet quantique prédit depuis les années 1930. En observant la polarisation de ses rayons X, une équipe a trouvé un comportement difficile à reproduire sans la biréfringence du vide. Ce phénomène ferait réagir le vide lui-même à un champ magnétique extrême.

Un magnétar est une étoile à neutrons dotée d’un champ magnétique gigantesque. L’objet étudié, 1E 1547.0-5408, émet aussi des ondes radio. Son champ de surface dépasse 1010 teslas, des intensités impossibles à produire durablement en laboratoire.

Les magnétars comptent parmi les objets les plus exotiques de l’Univers.

Les magnétars comptent parmi les objets les plus exotiques de l’Univers.
Crédit : ESA

À de telles valeurs, l’électrodynamique quantique prévoit que le vide ne se comporte plus exactement comme un espace vide et passif. Des fluctuations quantiques modifient légèrement la propagation de la lumière. Selon son orientation de polarisation, celle-ci ne traverse alors pas le champ magnétique de la même manière : c’est la biréfringence du vide.

Pour rechercher cette signature, les chercheurs ont utilisé le satellite IXPE, spécialisé dans la polarisation des rayons X. Les observations ont été complétées par le télescope spatial NICER et par des mesures radio du radiotélescope de Parkes, en Australie. Cette combinaison aide à contraindre la géométrie de l’étoile et l’orientation de son champ.

Sans biréfringence du vide, les modèles ne parviennent pas à reproduire de façon cohérente l’ensemble des mesures et des contraintes géométriques. L’effet attendu agit comme si le vide imposait deux chemins optiques légèrement différents selon la polarisation. À l’échelle d’un magnétar, cette petite différence peut modifier fortement le signal finalement reçu.

La prudence reste toutefois nécessaire. Il ne s’agit pas d’une expérience de laboratoire où un seul paramètre peut être isolé à volonté. Les conclusions dépendent aussi des modèles d’atmosphère et de magnétosphère utilisés pour interpréter les données. De futures observations polarimétriques, sur ce magnétar et sur d’autres étoiles à neutrons, devront vérifier si la même signature réapparaît dans des configurations différentes.

GI
GigiZ

Ce qui m’intéresse surtout, c’est de voir si la même signature sera retrouvée sur d’autres magnétars. Là, on pourra vraiment comparer les modèles.

GI
GigiZ

Le point intéressant sera aussi de voir si des modèles différents de l'atmosphère de l'étoile donnent toujours le même résultat.

BI
Biscotte

Ça fait bizarre de se dire que même le vide peut changer la lumière 😮

KR
Kroco_8

GigiZ, justement, avec si peu de magnétars observables dans de bonnes conditions, j'attendrais avant de dire que le modèle est vraiment validé.