Ordinateur quantique: une théorie validée

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La Sphère de Bloch est une représentation d’un qubit
Illustration: Smite-Meister/Wikipedia - Licence Creative Commons

Un ordinateur quantique pourrait largement battre les ordinateurs actuels en termes de performances. Le groupe de Corinna Kollath, professeure de physique à l’Université de Genève (UNIGE) et membre du Pôle de recherche national MaNEP, a construit un modèle théorique qui permet d’évaluer la vitesse maximale d’un ordinateur quantique basé sur un système solide. Ce sont des physiciens du Max Planck Institute qui se sont chargés de la validation expérimentale de cette théorie sur la base des indications de leurs collègues genevois. Succès sur toute la ligne: les mesures sont en accord avec le modèle prédictif. Une réussite qui vaut à cette recherche d’être publiée dans le dernier numéro de la revue Nature.

La transmission et le traitement de l’information dans un ordinateur quantique sont basés sur des principes radicalement différents de ceux d’un ordinateur classique. Tandis que ce dernier fonctionne sur une logique binaire, autrement dit une succession de 0 et 1, l’ordinateur quantique peut, sous certaines conditions, intégrer un plus grand nombre de valeurs possibles. Et qui dit plus de valeurs possibles, dit plus de puissance. Un ordinateur quantique rendrait possibles des calculs inimaginables avec un ordinateur classique.

Les étranges lois du monde quantique permettent à deux objets très petits d’être intriqués. Ils partagent donc un état identique même s’ils se trouvent séparés par une grande distance. Jusqu’ici, aucun modèle théorique général n’a réussi à décrire à quelle vitesse ce système à deux objets intriqués peut voyager dans un solide après avoir été créé. Or il s’agit là d’une donnée importante puisqu’une version possible de l’ordinateur quantique repose justement sur l’intrication quantique.

C’est pour pallier ce manque que le groupe de Corinna Kollath à l’UNIGE a mis au point un modèle théorique capable de rendre compte de la propagation dans un système solide d’un couple intriqué d’objets quantiques et de déterminer sa vitesse maximale. Restait à le soumettre au verdict de l’expérience. Ce dont les physiciens du Max Planck Institute à Garching (Allemagne) se sont chargés.

Ceux-ci ont commencé par refroidir un gaz de rubidium à des températures extrêmement basses avant d’organiser ses atomes en plusieurs rails unidimensionnels superposés grâce à des lasers. Au final, le tout ressemblait à plusieurs boîtes à œufs à une seule rangée empilée les unes sur les autres.

En réglant ensuite l’intensité de ces lasers, les spécialistes ont excité certains de ces atomes, leur donnant la possibilité de rejoindre leur voisin et de former une paire d’atomes (doublon) , en laissant derrière eux une «boîte» vide ou un trou (holon). Ce doublon et ce holon forment un système à deux objets quantiques intriqués dont chaque membre se propage en direction opposée le long du rail unidimensionnel, à une vitesse qu’il a fallu mesurer pour valider les théories des physiciens de Genève.

Grâce à un procédé d’imagerie atomique très puissant et à de très nombreuses mesures pour augmenter la précision, les expérimentateurs du Max Planck Institute ont pu déterminer la vitesse de propagation des pairs doublon/holon intriqués. En 0.0025 secondes, doublons et holons ont parcouru une distance équivalente à dix atomes voisins. Toutes les données obtenues par cette expérience s’accordent parfaitement avec le cadre théorique développé par les physiciens de Genève.

Ce travail apporte incontestablement des éléments importants sur le chemin qui mène vers la mise au point d’un ordinateur quantique qui devrait révolutionner le monde de l’électronique.

VI
Victor

L'espace hyper complexe comme Q-bit ils n'ont pas fini de s’emmêler les pinceaux avec les maths des espaces complexes... Là je ne sais pas trop si cet espace décrit notre réalité 4 D ou un monde potentiellement virtuel à 4 dimensions avec tous les degrés de libertés des complexes

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cisou9

:_salut:
Mettre 2,5 mS sur une distance de 10 atomes qui à mon sens sont contiguë, ce n'est pas très rapide. :_grat2:

Le silicium fait 111 picomètres par 10 1,01 nm en 2.5mS = 4µm / S soit 2,4 mm / h

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POB

Bah ! L'important n'est pas que ce soit performant - on progressera - mais faisable.
J'étais hier au salon Rétromobile à Paris. De Dion et Bouton, quand ils construisirent leurs voitures avec du bois partout, n'imaginaient certainement pas qu'un jour des engins à 4 roues dépasseraient les 300km/h.
Les Guynemer, Blériot et autres n'imaginaient pas qu'un demi-siècle plus tard des hommes marcheraient sur la Lune.
Quand la théorie dit NON, la technique est en panne. Quand la théorie dit OUI, la technique peut progresser.
C'est ça qui est important.

Salut et fraternité*

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Dataking

J'ai connu des personnes travaillant dans la météorologie,ils ont hâte...

VI
Victor

Bah s'il y a une théorie de thermodynamique qui possède des calculs complétement chaotiques, c'est bien le calcul des prévisions météorologiques et ça ne risque pas de changer

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bongo1981

Victor
L'espace hyper complexe comme Q-bit ils n'ont pas fini de s’emmêler les pinceaux avec les maths des espaces complexes... Là je ne sais pas trop si cet espace décrit notre réalité 4 D ou un monde potentiellement virtuel à 4 dimensions avec tous les degrés de libertés des complexes

Je ne sais pas si le schéma est approprié, mais... l'espace des nombres complexes ne décrit que les rotation du plan (monde en 2D).
Par contre les nombres hypercomplexes de Hamilton (les quaternions), décrivent bien les rotations d'un espace à 3 dimensions.

VI
Victor

Quand je dis hypercomplexe, je pense bien sûr à des quaternions, une extension à 4D des complexes

FA
fager

la technique peut progresser.
C'est ça qui est important.

Supprimé

On se rapproche encore un poil de plus du jour de la sortie des ordinateurs quantiques :) (même si l'article parle que d'une théorie).

NO
Nodarp

Intéressant : il est évoqué dans cet article la possibilité qu' ordinateur fonctionne non plus sur 2 mais sur plusieurs états possibles !
Après la guerre, l’économie était planifiée.
Il y a eu par exemple un plan pour développer l’aviation, qui a très bien réussi, puisqu’il a fini par aboutir à notre airbus, mais il y eu aussi le plan calcul confié, je crois à un universitaire, qui lui, a échoué.
Et les raisons données à cet échec étaient que le système retenu était justement, à plus de 2 états, ce qui compliquait énormément la tâche.
Si quelqu’un a des renseignements sur ce sujet…

Merci.