Poisson éléphant: une lampe électrique dans la nageoire

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Gerhard von der Emde, professeur à l'Université de Bonn, a découvert que le poisson éléphant (Gnathonemus petersii) possédait une technique d'orientation bien à lui : une sorte de "lampe de poche". Ce poisson osseux de l'ouest africain vit dans des eaux douces, troublées par la vase. Son champ de vision y est donc restreint. Ses yeux étant de taille très réduite, il a développé cette capacité d'orientation particulière.

Un poisson éléphant

Un organe électrique, composé de cellules musculaires modifiées (électrocytes) et de terminaisons de neurone électromoteur cholinergique, situé à la base de la nageoire caudale du poisson éléphant, produit des impulsions électriques. Tout objet ou organisme se situant à proximité modifie ce champ électrique, information qui est reçue par le poisson grâce à des récepteurs situés dans sa trompe. Il est ainsi capable de s'orienter dans un environnement sombre, mieux qu'en faisant appel au sens de la vue. Ce qui le différencie des autres espèces de poissons possédant un système similaire, c'est qu'il peut choisir entre ses yeux et cette "lampe de poche", qu'il active au besoin.

Une des expériences réalisées par von der Emde et son équipe consistait à placer dans l'aquarium deux objets de formes différentes, un cube et une pyramide, ainsi qu'une larve de moustique fixée sous cette dernière. Le poisson devait être conditionné à reconnaître la forme pyramidale (associée à la récompense), et ce, sous lumière infrarouge afin de s'assurer qu'il utilise bien son organe électrique et non ses yeux. Les objets ont ensuite été remplacés par leurs "squelettes", conservant la forme mais ne présentant que l'armature.

Ces expériences ont permis de montrer la complexité du sens de l'orientation du poisson éléphant : neuf fois sur dix, celui-ci s'est dirigé vers la pyramide, même s'il ne s'agissait que de son armature. Il ne se laisse pas duper par un objet a priori étranger, il est capable d'appliquer un concept humain abstrait, qui consiste à se représenter les éléments manquants, ici les faces de la pyramide. De plus, il peut différencier un objet inerte d'un organisme vivant, car ce dernier influence en effet d'une façon particulière le champ électrique. Enfin, ce poisson parvient même à déterminer la nature d'un matériau, en fonction du signal électrique reçu. Vu sa taille, le poisson éléphant présente des capacités impressionnantes.

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Maulus

c'est toute la beauté d'avoir un outil différent :D

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StarDreamer

Qu'est-ce qu'on est limités en sens, finalement !

On est déjà réduit en vision sur la longueur d'onde (ce serait pratique de pouvoir capter les IR et les UV, ainsi que les feux radioactifs), mais ce serait pratique de capter les champs électriques (ça ferait peur, avec notre civilisation wireless, de voir tous les flux électriques qui nous traverseraient) et magnétiques (boussole intégrée).

Vivement les implants bioniques !!!!

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KarmaStuff

StarDreamer
Qu'est-ce qu'on est limités en sens, finalement !
(...)
Vivement les implants bioniques !!!!

Tu ne crois pas si bien dire... Ca commencera par des essais sur les militaires, puis ça se démocratisera comme toute innovation. D'ailleurs des expériences ont déjà été réalisées...

La langue, objet de désir de l'armée américaine


L'armée américaine cherche les moyens de développer les soldats du futur. Tout est bon : pilule pour rester éveiller (testée en Irak), communication par odeur... L'IHMC, un institut de recherche en Floride, propose la langue des soldats comme transmetteur d'informations vers le cerveau.


La gestion de l'information est importante pour le soldat, notamment pour ceux qui sont en solo ou en groupes réduits. Les plongeurs font partis de cette catégorie. Les informations captées par des instruments de mesures (sonar, profondimètre,…) ne sont pas faciles à transmettre au plongeur.


Des lunettes de vision nocturne permettent au soldat de l'armée de terre de disposer d'informations supplémentaires, mais dans le cas d'un plongeur, ce dernier doit disposer de toute sa vision pour appréhender la situation. La seule solution est, donc, de lui transmettre les informations directement au cerveau par des électrodes.


Des tests ont montré que l'organe le plus pratique et le plus sensible pour ce genre d'opération était la langue. Ainsi, par un dispositif de quelques centimètres collé à la langue, 144 minuscules électrodes passent des informations au cerveau. D'après les testeurs, l'activité de ces électrodes donne la même sensation que ces fameuses poudres de notre enfance qui pétillaient dans la bouche.


Les différentes expériences ont permis à des non-voyants de se diriger, de détecter la présence de personnes devant eux et même d'attraper des balles.


Pour en revenir, à nos plongeurs, ce dispositif est prometteur mais il reste un problème à résoudre : la miniaturisation des sonars… qui aujourd'hui restent trop gros pour être transportés aisément.


En tout cas, cette utilisation de la langue comme moyen de transmission de données va être montrée à la Navy au mois de Mai, démonstration dans une piscine à l'appui.


http://www.sur-la-toile.com/print_1533.html

Ca promet pour l'avenir, même s'il reste des contraintes technologiques à résoudre... Quid dans 50 ans ? La nanotechnologie va représenter un tournant dans l'Histoire. Espérons que l'outil soit utilisé à bon escient, mais j'en doute... :heink: