đŸŸ Pour chaque espĂšce connue de vertĂ©brĂ©, il y aurait deux espĂšces inconnues

Restez toujours informĂ© : suivez-nous sur Google (☆)

Une analyse approfondie révÚle que pour chaque espÚce de vertébré identifiée, il pourrait en exister deux autres, presque identiques en apparence mais génétiquement distinctes.

Les scientifiques ont longtemps classĂ© les animaux en se basant sur leur morphologie, comme la couleur ou la forme. Cependant, avec les avancĂ©es en sĂ©quençage ADN, il devient possible de dĂ©tecter des diffĂ©rences peu visibles Ă  l'Ɠil nu. Ces "espĂšces cryptiques" partagent des traits extĂ©rieurs similaires, mais leur matĂ©riel gĂ©nĂ©tique montre qu'elles ont Ă©voluĂ© sĂ©parĂ©ment sur de longues pĂ©riodes, parfois plus d'un million d'annĂ©es.

Lampropeltis knoblochi, une espÚce de serpent royal du sud de l'Arizona, a été distinguée de son homologue du nord grùce à des données génétiques.
Crédit: Yinpeng Zhang

Pour évaluer l'ampleur de ce phénomÚne, une équipe de recherche a compilé les résultats de plus de trois cents études menées à travers le monde. Ces travaux, souvent réalisés dans le cadre de projets sur la taxonomie ou la biodiversité, ont permis de constater que ce pattern se répÚte de maniÚre constante chez les poissons, les oiseaux, les mammifÚres, les reptiles et les amphibiens, avec en moyenne deux espÚces cryptiques par espÚce reconnue.

Un exemple concret vient des serpents royaux des montagnes en Arizona. Pendant des années, on pensait qu'il s'agissait d'une seule espÚce en raison de leur apparence identique. Mais en 2011, des analyses moléculaires ont montré que les populations du nord et du sud étaient génétiquement différentes, conduisant à la reconnaissance de deux espÚces distinctes, Lampropeltis pyromelana et Lampropeltis knoblochi.

La dĂ©couverte de ces espĂšces cachĂ©es a des implications importantes pour la conservation. Lorsqu'une espĂšce est divisĂ©e en plusieurs entitĂ©s cryptiques, chacune occupe gĂ©nĂ©ralement une aire gĂ©ographique plus rĂ©duite, ce qui augmente les risques d'extinction. Sans reconnaissance officielle, ces espĂšces ne bĂ©nĂ©ficient pas de protections lĂ©gales, et les programmes de conservation pourraient mĂȘme les mĂ©langer par inadvertance.

Lampropeltis pyromelana, le serpent royal du nord de l'Arizona, est génétiquement distinct de l'espÚce du sud, illustrant le concept d'espÚces cryptiques.
Crédit: Yinpeng Zhang

Pour les chercheurs, comme l'ont indiqué John Wiens et Yinpeng Zhang dans leur étude publiée dans Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences, il est important de nommer et de décrire formellement ces espÚces pour mieux les protéger. Cela nécessite une approche combinant observations morphologiques et analyses génétiques, afin de cartographier avec précision la véritable diversité des vertébrés sur notre planÚte.

Le rĂŽle de l'ADN dans l'identification des espĂšces

L'ADN, ou acide désoxyribonucléique, contient l'information génétique unique à chaque organisme. En comparant les séquences d'ADN de différents individus, les scientifiques peuvent détecter des variations qui indiquent une séparation évolutive. Cette méthode est devenue accessible grùce aux progrÚs technologiques, permettant des analyses rapides et peu coûteuses.

Pour les vertébrés, l'ADN est souvent extrait à partir d'échantillons comme le sang, la salive ou des fragments de tissus. Des marqueurs génétiques spécifiques, tels que les gÚnes mitochondriaux ou nucléaires, sont examinés pour identifier des différences significatives entre populations. Ces différences peuvent révéler que des groupes apparemment identiques ont évolué indépendamment sur de longues périodes.

L'utilisation de l'ADN complĂšte les approches traditionnelles basĂ©es sur la morphologie. Alors que l'apparence externe peut ĂȘtre trompeuse en raison de convergences Ă©volutives ou de variations environnementales, le code gĂ©nĂ©tique offre une mesure plus objective de la diversitĂ©. Cela aide Ă  Ă©viter les erreurs de classification et Ă  mieux comprendre les relations entre les espĂšces.

En pratique, cette approche nécessite une collaboration entre généticiens et taxonomistes. Elle permet de réviser les catalogues d'espÚces existants et d'ajouter de nouvelles entités.