Des Ă©crans plus lumineux, plus fins et moins gourmands en Ă©lectricitĂ© pourraient naĂźtre dâune solution Ă©tonnamment simple.
Des chercheurs du MIT et de Samsung ont recouvert des diodes à points quantiques avec une résine protectrice. Sur certains prototypes bleus, cette opération a multiplié leur durée de vie par plus de 5 000, sans bouleverser leur fabrication.
Les points quantiques sont de minuscules cristaux semi-conducteurs, mesurant seulement quelques nanomĂštres. Lorsquâils reçoivent de lâĂ©nergie, ils Ă©mettent une lumiĂšre dont la couleur dĂ©pend prĂ©cisĂ©ment de leur taille. Ils permettent ainsi de produire des rouges, des verts et des bleus particuliĂšrement purs, avec moins de pertes lumineuses que plusieurs technologies actuelles.

Certains tĂ©lĂ©viseurs utilisent dĂ©jĂ ces nanoparticules, mais seulement comme filtres colorĂ©s devant une autre source lumineuse. Les QD-LED Ă©tudiĂ©es ici fonctionnent diffĂ©remment. Le courant Ă©lectrique excite directement les points quantiques, qui produisent eux-mĂȘmes la lumiĂšre. Cette architecture pourrait simplifier les Ă©crans tout en rĂ©duisant leur Ă©paisseur et leur consommation Ă©nergĂ©tique.
Un obstacle persistait cependant : les diodes bleues vieillissaient beaucoup trop vite. Leur stabilité restait entre 50 et 100 fois inférieure à celle des versions rouges et vertes. Dans un téléviseur complet, cette faiblesse aurait pu limiter la durée de fonctionnement à quelques mois seulement, rendant toute commercialisation réaliste impossible.
Pour comprendre cette dĂ©gradation, les chercheurs ont dĂ©coupĂ© les diodes en tranches extrĂȘmement fines. De puissants microscopes leur ont ensuite permis dâobserver chaque couche avant et aprĂšs un fonctionnement intensif. Dans les composants bleus, plusieurs matĂ©riaux sâamincissaient, changeaient de forme et finissaient par se mĂ©langer. Les points quantiques perdaient alors leur structure initiale.
Ces transformations semblent notamment liĂ©es Ă la libĂ©ration dâhydrogĂšne et dâoxygĂšne pendant le fonctionnement. Ces Ă©lĂ©ments favoriseraient la formation dâhumiditĂ© autour des nanoparticules, accĂ©lĂ©rant leur dĂ©tĂ©rioration. LâĂ©quipe a donc encapsulĂ© les diodes dans une rĂ©sine Ă base dâacrylate, dĂ©jĂ compatible avec des procĂ©dĂ©s industriels simples et relativement peu coĂ»teux.
La protection a amélioré huit fois la durée de vie des diodes rouges. Pour les bleues, le gain a dépassé un facteur 5 000 dans certaines expériences. La résine limite la libération des gaz et ralentit les changements physiques observés dans les différentes couches. Elle ne supprime toutefois pas tous les mécanismes responsables du vieillissement.
Les chercheurs souhaitent dĂ©sormais ajouter dâautres couches protectrices afin dâaugmenter encore la stabilitĂ© et lâefficacitĂ©. Cette technologie pourrait Ă©quiper des tĂ©lĂ©viseurs, des smartphones, des casques de rĂ©alitĂ© virtuelle ou des appareils dâimagerie mĂ©dicale. Elle pourrait aussi servir Ă fabriquer de grandes surfaces lumineuses, des capteurs ou des lasers utilisant des couleurs trĂšs prĂ©cises.