Un robot peut apprendre plus efficacement lorsquâil dĂ©cide lui-mĂȘme quels gestes mĂ©ritent son temps dâentraĂźnement.
Un robot capable de manipuler des objets dispose souvent de plusieurs compétences : saisir, déplacer, ouvrir ou utiliser un appareil. Mais il ne peut pas forcément répéter chaque geste des centaines de fois. Les chercheurs ont donc étudié une autre question : comment choisir les exercices qui amélioreront le plus ses futures tùches ?

Image factice d'illustration
Leur méthode, appelée Deliberate Practice, attribue à chaque compétence une partie du temps disponible.
Un geste difficile peut sembler peu intĂ©ressant lorsquâon lâexamine seul. Pourtant, sa maĂźtrise peut ouvrir lâaccĂšs Ă une meilleure maniĂšre dâaccomplir toute une tĂąche. Ă lâinverse, perfectionner encore un geste dĂ©jĂ fiable peut apporter trĂšs peu au rĂ©sultat final.
ConcrĂštement, lâalgorithme compare donc le coĂ»t dâapprentissage et le bĂ©nĂ©fice attendu. Avec peu de temps, le robot peut privilĂ©gier une stratĂ©gie simple quâil sait rapidement maĂźtriser. Avec davantage dâentraĂźnement, il peut travailler des compĂ©tences plus difficiles permettant ensuite une sĂ©quence dâactions plus avantageuse.
Les chercheurs ont testĂ© cette approche dans des simulations et sur un vĂ©ritable robot chargĂ© de manipulations comprenant plusieurs Ă©tapes. Une dĂ©monstration concerne la prĂ©paration dâun petit-dĂ©jeuner. Selon son budget dâentraĂźnement, la machine peut apprendre une suite simple autour de pain grillĂ© ou investir davantage pour maĂźtriser une prĂ©paration diffĂ©rente au four Ă micro-ondes.
La mĂ©thode ne consiste donc pas Ă laisser le robot expĂ©rimenter au hasard. Un programme calcule Ă lâavance la rĂ©partition du budget qui maximise le rĂ©sultat attendu selon le modĂšle utilisĂ©. Les auteurs ont formulĂ© ce calcul afin quâil puisse ĂȘtre traitĂ© avec des logiciels dâoptimisation existants, mĂȘme lorsque de nombreuses suites de gestes sont possibles.
Il existe toutefois une limite importante. Le systÚme doit estimer correctement la vitesse à laquelle chaque compétence progresse avec la pratique. Si cette prévision est mauvaise, le programme peut consacrer trop de temps à un geste qui apprend moins vite que prévu. Le meilleur programme théorique dépend donc directement de la qualité de ces estimations.
Les prochaines expĂ©riences pourront tester cette mĂ©thode sur davantage de robots et des environnements moins contrĂŽlĂ©s. Un enjeu sera dâactualiser les prĂ©visions pendant lâapprentissage, Ă mesure que la machine dĂ©couvre ses vraies difficultĂ©s. Le robot pourrait alors rĂ©organiser son entraĂźnement lorsquâun geste progresse plus vite ou plus lentement que prĂ©vu.