Un petit objet peut rester en lévitation à prÚs de 40 cm d'une source sonore.
Cette expĂ©rience repose sur la lĂ©vitation acoustique. Des ultrasons, trop aigus pour ĂȘtre entendus par lâoreille humaine, exercent une force sur un objet et peuvent compenser son poids. La technique permet ainsi de tenir de petits objets en lâair sans les toucher, ce qui intĂ©resse notamment la manipulation de matĂ©riaux fragiles ou sensibles Ă la contamination.

Démonstration expérimentale et simulation numérique de la lévitation au-delà d'un obstacle.
(a) Champ de pression acoustique simulé, montrant la reconstruction du profil du faisceau au-delà de l'obstacle.
(b) Photographie d'une particule en lévitation au-dessus de l'obstacle.
Habituellement, la lĂ©vitation acoustique utilise deux cĂŽtĂ©s : des sources sonores opposĂ©es, ou une source face Ă un rĂ©flecteur. Les ondes se combinent alors pour crĂ©er des zones oĂč lâobjet reste piĂ©gĂ©. Des dispositifs fonctionnant dâun seul cĂŽtĂ© existent aussi, mais leur portĂ©e restait limitĂ©e Ă quelques centimĂštres.
LâĂ©quipe de lâUniversitĂ© de Tsukuba, de lâUniversitĂ© de Bristol et de Pixie Dust Technologies a changĂ© la maniĂšre de retenir lâobjet. Au lieu de le placer dans une zone de faible pression sonore, elle le maintient au cĆur dâune zone oĂč cette pression est Ă©levĂ©e. Cette configuration avait Ă©tĂ© prĂ©vue par la thĂ©orie, mais sa stabilitĂ© en trois dimensions nâavait pas encore Ă©tĂ© dĂ©montrĂ©e expĂ©rimentalement dans lâair.
Pour y parvenir, les chercheurs utilisent un faisceau dâultrasons particulier, appelĂ© faisceau de Bessel. Sa partie centrale reste Ă©troite et intense sur une distance relativement longue. Lâappareil comporte 256 petits Ă©metteurs fonctionnant Ă 40 kHz, pilotĂ©s ensemble pour façonner les ondes sonores dans lâespace.
Avec ce systĂšme, une bille de polystyrĂšne expansĂ© de 1,5 mm de diamĂštre a Ă©tĂ© maintenue entre 141 et 397 mm de la source. La portĂ©e maximale atteint donc presque 40 cm. Dans les mĂȘmes conditions, une technique unilatĂ©rale conventionnelle utilisĂ©e comme comparaison atteignait 66.7 mm, soit environ six fois moins.
La bille nâest pas seulement suspendue Ă un point fixe. En modifiant le faisceau, lâĂ©quipe a pu la dĂ©placer dans les trois dimensions. Les chercheurs ont Ă©galement fait lĂ©viter plusieurs objets en mĂȘme temps et testĂ© des formes non sphĂ©riques, notamment des morceaux de feuille de thĂ© sĂšche et dâaĂ©rogel.
Autre particularitĂ©, le faisceau peut se reformer aprĂšs avoir rencontrĂ© certains obstacles. Les chercheurs ont ainsi maintenu des objets au-delĂ dâun obstacle placĂ© sur son trajet. Cette propriĂ©tĂ© laisse davantage dâespace libre autour de la zone de travail quâun systĂšme encadrant lâobjet avec plusieurs sources.
Les essais concernent pour lâinstant des objets millimĂ©triques trĂšs lĂ©gers. La mĂ©thode pourrait servir Ă des expĂ©riences automatisĂ©es, Ă la manipulation sans contact ou Ă certains affichages en trois dimensions. Les prochaines recherches devront notamment prĂ©ciser son comportement avec des objets de diffĂ©rentes natures et dans des environnements moins contrĂŽlĂ©s.