Un lien entre "plasticité calcique" des cellules cancéreuses et pouvoir métastatique révélé

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La capacité des cellules cancéreuses à envahir l'organisme trouve son origine dans un extraordinaire pouvoir d'adaptation. Les équipes d'Olivier Soriani à l'institut de biologie Valrose et de Christophe Vandier de l'unité Nutrition, croissance et cancer, identifient un mécanisme très particulier qui permet aux cellules cancéreuses d'augmenter leur pouvoir métastatique en adaptant leur « signature calcique ». Au coeur de ce mécanisme, une protéine chaperon, SigmaR1, orchestre l'expression des canaux calciques à la membrane des cellules. Cette étude a été publiée le 23 janvier 2017 dans la revue Oncogene.

Figure: SigmaR1 détermine le potentiel métastatique des cellules cancéreuses en favorisant l'association fonctionnelle de canaux K+ (SK3) et Ca2+ (ORAI1) dans les nanodomaines lipidiques de la membrane plasmique. Le couplage de ces canaux stimule très localement l'entrée de calcium dans la cellule, un évènement déterminant pour la migration cellulaire et la formation de métastases. L'inhibition de l'expression de SigmaR1, en excluant les canaux des nanodomaines, réduit l'influx calcique et le potentiel migratoire. Un effet similaire est observé lorsqu'on traite les cellules avec un « ligand sigma ». Ces petites molécules pourraient constituer la base de nouveaux traitements anti métastatiques en réduisant le « remodelage calcique » des cellules cancéreuses.
© Maéva Gesson, Plateforme PRISM, Institut de Biologie Valrose
Vignette: Cellule en phase migratoire © Maéva Gesson

Il est désormais admis que le caractère invasif d'un cancer primitif est déterminé non seulement par le génotype des cellules tumorales, mais également par leur capacité à s'adapter aux conditions de stress qu'elles subissent au sein du micro environnement tumoral. Ainsi, la compréhension des mécanismes qui régissent cette capacité d'adaptation propre aux cellules cancéreuses est un enjeu majeur pour la mise au point de traitements efficaces.

L'ion calcium intervient dans de nombreux processus. On connait son rôle dans la construction osseuse, mais il faut ajouter une fonction de signalisation qui se décline sur une palette très large de processus allant de la fécondation à la mort programmée des cellules. On peut y inclure, entre autres, la contraction musculaire et cardiaque, l'intégration du message nerveux, la sécrétion hormonale ou encore la migration cellulaire. Une telle diversité de fonctions à partir d'une seule espèce ionique s'explique par le codage, au sein de la cellule, du signal calcique selon des critères de fréquence, d'intensité et de localisation dans l'espace intra cellulaire.

L'organisation dynamique et spatiale des canaux ioniques, protéines membranaires qui conditionnent le passage des ions de l'extérieur vers l'intérieur de la cellule, est déterminante dans l'établissement d'une « signature calcique » associée à chaque type cellulaire. Des études très récentes ont démontré que la signature calcique des cellules cancéreuses subissait de profondes modifications associées au développement de la maladie.

L'équipe de Christophe Vandier à Tours avait démontré récemment que deux canaux, potassique et calcique, nommés respectivement SK3 et Orai1, sont associés dans des régions membranaires appelées "nanodomaines lipidiques", et que ce couplage est étroitement lié à la présence de métastases osseuses. De fait, ces deux canaux s'associent pour contrôler très finement et très localement l'influx calcique à la faveur d'un potentiel migratoire et métastatique accru. Restait alors à déterminer les mécanismes régulant l'association physique de ces canaux dans les membranes des cellules malades.

SigmaR1 est une protéine qui fait actuellement l'objet de recherches intenses dans le cadre de pathologies du système nerveux telles que les maladies neurodégénératives (Alzheimer, maladie de Charcot, dégénérescence maculaire), l'addiction à la cocaïne et les accidents vasculaires cérébraux. Protéine discrète dans les tissus en bonne santé, l'activité de SigmaR1 ne se révèle que dans les tissus touchés par la maladie. Cette protéine « chaperon » s'associe alors à des protéines de signalisation (récepteurs membranaires, canaux ioniques) pour adapter le comportement des neurones aux perturbations imposées par l'évolution de la maladie, et promouvoir la survie des cellules.

Pionnière dans l'étude des interactions entre SigmaR1 et les canaux ioniques, l'équipe d'Olivier Soriani a démontré, en collaboration étroite avec l'équipe de Christophe Vandier, que c'est en fait la présence de SigmaR1 qui conditionne la formation de complexes SK3:Orai1 dans les cancers du sein et du colon, et leur localisation dans les nanodomaines lipidiques de la membrane des cellules. Les chercheurs ont mis en évidence un fait majeur: l'inhibition de l'activité de SigmaR1 par l'utilisation de petites molécules appelées « ligands sigma » empêche la formation de ces complexes, et annihile le potentiel migratoire et métastatique des cellules in vitro.

Enthousiasmés par ces résultats prometteurs, les chercheurs se sont tournés vers des cliniciens de Brest, Nantes et Tours pour tenter de mettre en lumière un lien entre la présence de SigmaR1 chez les patients et des paramètres tels que la survie ou le grade de la tumeur. En accord avec le mécanisme observé au laboratoire, la survie des patientes atteintes de cancers du sein est très significativement diminuée lorsque qu'on détecte une forte présence de SigmaR1. De plus, l'expression de SigmaR1 est statistiquement plus élevée dans les tumeurs du colon de haut grade.

Le ciblage de cette petite protéine avec des « ligands sigma », actuellement en cours de développement, pourrait permettre à terme de réduire la « plasticité calcique » des cellules malades, et réduire ainsi leur potentiel agressif.

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POB

1983 : diagnostic d'un carcinome mammaire apparemment peu avancé.
1984 : ablation chirurgicale de la tumeur et biopsie.
un mois plus tard : rappel pour une nouvelle intervention chirurgicale afin de racler plus profond.
1984-1985 : traitements très éprouvants par rayons, castration chimique et chimiothérapies pénibles.
1986-1987 : rémission et surveillance par scintigraphie tous les 6 mois. Apparemment tout va bien.
1988 : douleurs articulaires aux hanches, habituelles chez une Bretonne qui sait qu'en vieillissant elle sera boîteuse. Je la tanne pour qu'elle aille consulter, elle renâcle puis elle se décide enfin...
Octobre 1988 : les métastases osseuses ont envahi le fémur gauche et il faut l'hospitaliser pour prévenir un risque maximum de fracture. Chirurgie pour poser une broche et au réveil elle se casse le col du fémur en se retournant dans son lit.
1989 - Traitements de fond très éprouvants par chimiothérapie et traitements locaux par rayons.
1990 - état stabilisé, elle refait du ski en février et de la randonnée en montagne en juillet, malgré une condition physique très dégradée par les traitements qui continuent.
1991 : impossible de tenir sur des skis en février, apparition en juin de métastases à la base du crâne sur la 1ère cervicale et obligation de rester couchée.
juillet : hospitalisation. Elle se porte volontaire pour un essai thérapeutique.
fin juillet : je la fais rapatrier à la maison en mettant en place l'hospitalisation à domicile. Je ne veux pas la laisser mourir seule dans une chambre d'hôpital, je veux être avec elle dans ses derniers jours et lui fermer les yeux.
5 août 1991, 19h. C'est fini, enfin elle a cessé de souffrir.

Au long de toutes ces années de souffrance, elle a connu pas mal d'avancées thérapeutiques et elle n'a jamais élevé une moindre plainte, un tel courage me subjugue encore après toutes ces années.
Moi, j'assurais en même temps ma mission de Service Public, je pus toujours l'accompagner à l'hôpital sans manquer une seule heure de cours, elle prenait ses rendez-vous en fonction de mon emploi du temps.
Nous avons pu aussi protéger notre fille, qui n'avait que 11 ans au décès de sa mère et qui l'a vue malade pendant toute son enfance. Ce n'est qu'à la fin que je dus lui dire franchement que sa mère allait mourir, profitant de ce qu'elle me posa la question :

  • elle va bientôt guérir, maman ?
  • non, elle ne va pas guérir.
  • alors elle va mourir ?
  • oui, elle est au bout, les médecins ne peuvent plus rien. C'est très dur de devoir dire à un enfant que sa mère (ou son père) va mourir, mais lui cacher la vérité aurait été encore plus dévastateur en lui faisant perdre la nécessaire confiance dans son parent restant. Ni elle ni moi n'avons vraiment fait notre deuil, la blessure n'est pas cicatrisée et en temps normal elle ne saigne pas, mais la douleur reste présente. Ce n'est sans doute pas un hasard si ma fille a fait des études en biologie moléculaire et génie génétique.

Depuis 25 ans, je suis attentivement toutes les recherches en oncologie, par la revue La Recherche à laquelle je suis abonnée depuis 45ans, puis également sur ce site depuis 10 ans. C'est fantastique les progrès qui ont été accomplis, à la fois dans la compréhension des mécanismes moléculaires de la carcinogénèse et dans les traitements mis en œuvre. Une prof de ma fille disait ainsi il y a 10 ans des chimiothérapies : il y a 30 ans on y allait au camion-benne, il y a 20 ans à la pelleteuse, il y a 10 ans à la brouette et maintenant c'est à la pelle à charbon, nous sommes encore loin d'arriver à des dosages fins.

Nous y arriverons peu à peu, la Science y travaille.

Un politicien démagogue, imbécile et ignorant, avait osé dire un jour, en lançant un "plan cancer", que la solution serait atteinte et que cette maladie serait vaincue dans dix ans.
Sa connerie noire, épaisse et gluante ne sera jamais vaincue, elle, même après sa mort sa bêtise fera encore rigoler.

Il y a d'innombrables causes au cancer, il y a d'innombrables facteurs qui favorisent son apparition et son développement, il y a quasiment autant de formes de cancer qu'il y a de malades. Certains traitements de certains cancers aboutissent à une guérison, ce n'est pas aussi rare que ça et nombre de malades décédés en 1990 seraient guéris maintenant, mais d'autres formes sont apparues et la mortalité reste élevée.
Je ne suis pas loin de penser, à l'aune de ma culture, que c'est inhérent à la Vie. La Science permet de retarder l'évolution de la maladie, de la comprendre de mieux en mieux et parfois de la guérir, tant mieux pour les malades qui en réchappent.
Il n'y a pas de justice dans ce domaine. Des gens en excellente santé peuvent être frappés et en mourir, d'autres qui ont fait n'importe quoi toute leur vie y échappent.
J'ai une vieille tante de 90 ans qui fume toujours comme un diesel, un paquet de Gauloises par jour en moyenne depuis la Libération et qui a descendu dans sa vie des milliers de litres de pastis, elle se porte comme un charme. Et j'ai vu mourir jeunes des gens aimés, des sportifs qui ne fumaient pas et ne buvaient pas et même des enfants.
Nous ne sommes pas égaux face au cancer et il y en a qui sont plus égaux que les autres.
Je vous laisserai sur cet aphorisme.
:bieres:

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cisou9

___________ :_salut:
Mon père en 1956 cancer au cardia très avancé traitement et rayons.
1957 arrêt des rayons et décès le 16 mai 1957, J'avais 19 ans.
Ma mère veuve sans emploi.
Mon frère très handicapé.
En novembre service militaire dans l'artillerie, je n'ai jamais vu un canon mais j'ai tiré au mortier (en exercice uniquement); ça m'a couté mes oreilles.
De Gaule avait besoin de chaire à canon.
Mai 1958 départ pour l'Algérie et retour en mars 1960.
Et grosse retraite de l'armée 336€ par semestre; soit 672€ par ans. (Défiscalisé) !! :lol: