Comment fonctionnent les algorithmes derrière les comparateurs de fournisseurs de gaz

Comparer deux offres de gaz semble assez simple : regarder le prix du kilowattheure et choisir le moins cher. En réalité, les comparateurs doivent manipuler beaucoup plus de paramètres pour estimer ce que chaque contrat coûtera réellement à un foyer.

La consommation annuelle, la commune, le type d’usage du gaz ou encore la structure tarifaire du fournisseur influencent le résultat. L’objectif d’un algorithme de comparaison est donc de transformer toutes ces informations en une estimation homogène permettant de classer des offres qui ne sont pas toujours présentées de la même manière.

Pixabay

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Transformer un profil de consommation en facture annuelle

La première étape consiste généralement à définir le profil du logement. Une habitation utilisant le gaz uniquement pour cuisiner consomme beaucoup moins qu'une maison chauffée au gaz. Une estimation correcte doit donc connaître ou évaluer la consommation annuelle en kilowattheures.

Le lieu compte également. Certains éléments du tarif peuvent dépendre de la zone géographique et des conditions de distribution. L’algorithme associe ensuite ces informations aux grilles tarifaires proposées par les différents fournisseurs.

Le prix affiché par un fournisseur comprend généralement une partie fixe, correspondant à l’abonnement, et une partie variable calculée selon la quantité de gaz consommée. Comparer uniquement le prix du kilowattheure pourrait donc favoriser artificiellement une offre dont l’abonnement est beaucoup plus cher.

Pour chaque contrat, le comparateur peut calculer une estimation annuelle selon une formule du type : coût de l’abonnement + consommation estimée multipliée par le prix du kilowattheure. Les taxes et autres composantes applicables doivent également être intégrées pour obtenir des montants comparables.

C'est ce calcul individualisé qui permet à un comparateur des prix du gaz de présenter des résultats correspondant davantage au profil de l'utilisateur qu'un simple tableau général de tarifs.

Des offres dont les prix n'évoluent pas de la même manière

La difficulté augmente lorsque les contrats utilisent des mécanismes tarifaires différents. Certaines offres garantissent une partie du prix pendant une période déterminée, alors que d'autres évoluent selon une référence ou une formule précisée dans le contrat.

Depuis la disparition du tarif réglementé de vente du gaz pour les particuliers, la Commission de régulation de l'énergie publie notamment chaque mois un prix repère de vente du gaz. Celui-ci fournit un point de comparaison, mais il ne constitue pas lui-même une offre commerciale.

Un comparateur doit donc distinguer le prix observé au moment de la recherche et les règles susceptibles de le faire évoluer par la suite. Deux contrats affichant aujourd'hui une facture estimée quasiment identique peuvent connaître des trajectoires différentes quelques mois plus tard.

Les algorithmes peuvent également appliquer des filtres. Un utilisateur peut par exemple privilégier un prix stable, une offre incluant du biométhane ou certaines modalités de service. Le classement ne se limite alors plus nécessairement au montant annuel le plus faible.

Il faut enfin maintenir les données à jour. Prix des abonnements, prix du kilowattheure, promotions et conditions contractuelles évoluent régulièrement. Un comparateur dépend donc autant de la qualité de sa base de données que de son algorithme.

Derrière une liste de fournisseurs apparemment simple se trouve ainsi un traitement assez proche d'un moteur de calcul : normaliser des grilles tarifaires différentes, appliquer chaque offre à un même profil de consommation, puis restituer les résultats selon des critères compréhensibles. L'intérêt du comparateur repose précisément sur cette capacité à rendre comparables des contrats qui, au départ, ne le sont pas toujours directement.