🧠 Une simple pression transforme des cellules de peau en neurones

Une pression de quelques millisecondes aide des cellules de peau à se transformer en cellules nerveuses.

Une cellule de peau et un neurone n'ont pourtant pas grand-chose en commun. L'une protège notre corps, l'autre transmet des messages dans le cerveau. Mais elles possèdent presque le même ADN. Ce qui change, c'est la partie de ces instructions que chaque cellule utilise.

Depuis plusieurs années, les chercheurs savent agir sur ces instructions pour changer la fonction d'une cellule. Le problème est que certaines sont difficiles à atteindre. L'ADN est très serré à l'intérieur du noyau, et les gènes nécessaires à la transformation restent parfois inaccessibles aux outils utilisés en laboratoire.

Une équipe de l'Université de Californie à Los Angeles a tenté une approche étonnamment simple : faire passer des cellules de peau de souris dans des canaux microscopiques, plus étroits que leur noyau. Pendant quelques millisecondes, celui-ci est comprimé. L'ADN se desserre alors temporairement.

Les chercheurs ont associé cette pression à un outil appelé CRISPRa. Contrairement aux techniques qui coupent l'ADN pour le modifier, celui-ci sert à activer des gènes déjà présents. Il peut ainsi enclencher des instructions qui poussent une cellule de peau à adopter les caractéristiques d'un neurone.

Avec CRISPRa seul, environ 3 % des cellules devenaient des cellules neuronales. En ajoutant la compression, cette proportion atteignait environ 10 %. L'équipe a ensuite préparé les cellules en activant un autre gène, qui les rend plus faciles à transformer, avant de lancer la conversion. Le taux est alors monté à près de 40 %.

Pourquoi chercher à fabriquer des neurones de cette manière ? Les cellules nerveuses humaines sont difficiles à prélever. Les produire en laboratoire pourrait aider à étudier certaines maladies du cerveau et à tester de nouveaux médicaments, sans avoir besoin de prélever directement du tissu cérébral.

Pour l'instant, l'expérience porte sur des cellules de souris cultivées en laboratoire. Les chercheurs devront maintenant tester la méthode sur d'autres types de cellules, notamment humaines.