Nous savons de nos jours que les calmars géants vivent à des profondeurs qui dépassent les 500 mètres et ne se retrouvent à la surface ou ne subissent un échouage sur une plage qu'en de très rares occasions. À des époques reculées les témoignages rapportant une rencontre avec de si étranges animaux ont donc dû être souvent étouffés dans l'incrédulité ou ont peut-être été à l'origine de croyances populaires, comme celle du kraken de la mythologie scandinave. Pourtant, au cours du XIX siècle, avec le développement de la chasse aux cachalots et surtout avec l'augmentation du nombre d'expéditions scientifiques, des preuves de plus en plus concrètes (sous forme de spécimens retrouvés lors d'échouages ou sous forme de restes alimentaires extraits d'estomacs de cachalots capturés) ont fini par prouver solidement l'existence de telles créatures. Le genre Architeuthis fut établi en 1857 avec la première description scientifique de calmar géant, celle du Danois Johan Japetus Steenstrup. Quatre ans plus tard, en 1861, l'équipage de l'aviso français Alecton, naviguant au large de Ténérife, aperçut en surface un calmar géant et essaya de le hisser à bord, sans succès. C'est en se fondant sur la découverte de cet exemplaire que Jules Verne décrivit dans Vingt mille lieues sous les mers « un calmar de dimensions colossales ayant huit mètres de longueur ». D'autres témoignages et découvertes de spécimens échoués sont venus depuis compléter celles du XIX siècle. En 1958, Bernard Heuvelmans, le père de la cryptozoologie, retrace l'histoire de la découverte des animaux marins des profondeurs (Dans le sillage des monstres marins. Le Kraken et le Poulpe colossal, réédité et augmenté en 1974). Cet ouvrage de référence traite pour moitié des calmars géants et super-géants qui se sont échoués de par le monde depuis des siècles.