Le concept était relativement simple, et avait été envisagé depuis quelques années par beaucoup de marines. Il consistait à profiter de la vitesse de 21 nœuds, obtenue grâce au remplacement des machines à vapeur à triple expansion par des turbines, qui rendait l'attaque du navire plus difficile en particulier pour les petits torpilleurs, pour se débarrasser de l'artillerie secondaire qui étaient censée les combattre. Le gain de place et de masse ainsi créé était alors réinvesti dans un accroissement de l'artillerie principale.
Le Dreadnought avait donc cinq tourelles, chacune avec deux canons de 305 mm de calibre. Trois d'entre elles étaient de façon très conventionnelle placées dans l'axe du navire, une à l'avant et deux à l'arrière, les deux autres étaient placées de part et d'autre de la superstructure, en arrière de la tourelle avant. Cette disposition fut par la suite considérée comme assez inefficace car elle limitait dans tous les cas le nombre maximal de pièces utilisables sur un unique objectif à huit, et la tendance sur ses successeurs était de placer les tourelles toutes dans l'axe, ce qui fut facilité par l'apparition de la superposition des tourelles qui avait été écartée sur le Dreadnought, par crainte d'une destruction simultanée. Vingt-sept canons de 102 mm à tir rapide étaient en outre montés, mais dans un rôle de défense rapprochée contre les petites unités.
Ce cuirassé pouvait donc engager huit pièces du plus lourd calibre, alors que ses prédécesseurs n'en avaient que quatre à lui opposer. Ajouté au fait que sa vitesse supérieure lui permettait de rester hors de portée de la nombreuse artillerie secondaire de ceux-ci et lui permettait aussi de rompre le combat à sa convenance, le Dreadnought était potentiellement supérieur à deux de ses aînés. Comme évoqué précédemment, la réduction des types de canons à un seul modèle uniforme simplifiait grandement l'usage de ceux-ci. Ils pouvaient être pointés par une direction de tir centralisée et mis à feu électriquement tous en même temps. Ce tir de salve autorisait une technique de visée par encadrement beaucoup plus simple et efficace qu'avec des pièces diverses. Les gerbes provoquées par les coups manqués ne pouvant provenir que d'un type d'obus; leur groupement facilitait encore leur observation, associé à l'emploi d'un télémètre optique par coïncidence. On pouvait alors trouver la distance beaucoup plus rapidement qu'auparavant, dans le début d'un engagement.
D'autres innovations avait aussi été introduites sur ce navire. On avait supprimé les couloirs longitudinaux qui couraient à travers les compartiments étanches, sous le pont principal. Ces passages, au combat étaient bien entendu obstrués par la fermeture des portes étanches, mais en temps normal lors de collisions ou autre accidents de mer, ils pouvaient se révéler fatals à la survie du bâtiment.
Autre nouveauté de taille pour la Royal Navy, le déplacement des quartiers des officiers, traditionnellement situés à l'arrière du navire, comme aux temps de la voile, vers l'avant sous la passerelle de commandement. L'espace à l'arrière ainsi libéré fut réutilisé par les chauffeurs et les mécaniciens qui se rapprochaient ainsi eux aussi de leur poste de travail.