Comme les autres vipéridés cette espèce est venimeuse. Elle possède des glandes à venin reliées à des crochets canaliculés qui permettent d'injecter le venin profondément dans les tissus de la proie (petits mammifères, oisillons…). Au repos ces crochets sont couchés vers l'arrière dans des replis cutanées à l'intérieur de la bouche.
La vipère aspic n'est pas un animal agressif. Elle n'attaque que pour chasser ses proies ou si elle se sent menacée. Elle se met alors en forme de S et projette ses crochets en avant pour mordre. En principe son venin n'est pas suffisant pour tuer un homme adulte. La morsure, rarement mortelle, peut provoquer des maladies car le poison entraîne des douleurs, des vomissements, des œdèmes, allant jusqu'à la syncope . Le sérum anti-venin, autrefois abondamment utilisé pour traiter les morsures d'aspic n'est aujourd'hui utilisé qu'avec parcimonie, en effet, le risque de développer une allergie au sérum est plus important que celui de décéder d'une morsure de vipère.
En cas de morsure, surtout ne jamais faire de garrot ni courir. S'allonger, rester dans le calme le plus complet et appeler les secours : le 15 en France, le 112 dans le reste de l'Union Européenne. Les morsures peuvent parfois être seulement "sèches" mais en cas d'envenimation les secours arriveront peut-être avec du sérum antivenin dans leur pharmacopée, ce qui est le seul moyen d'inverser un état de choc sur envenimation. Si un dispositif d'aspiration de venin est à portée de main on peut tenter de l'utiliser tout de suite après la morsure (une utilisation tardive étant inefficace).
On dénombre toutefois en moyenne un mort par an en France des suites d'une morsure de vipère aspic.
À noter qu'il existe une sous-espèce de vipère aspic, la vipère de Zinniker (Vipera aspis zinnikeri), endémique du Gers et des Pyrénées, dont le venin, de couleur blanche, est neurotoxique et serait deux fois et demi à quatre fois plus toxique que celui de la vipère aspic classique (en sachant que cette comparaison est très arbitraire car les modes d'action des toxines considérées sont très différents. Il faudrait une étude sur les quantités réellement injectées par chaque individu et les faire corréler avec leurs DL50) .
En Afrique du Nord, et tout particulièrement en Égypte, le terme Aspic est employé pour désigner une espèce de cobra (Naja haje).