VI
Victor

Triolets fantaisistes

Sidonie a plus d’un amant,
C’est une chose bien connue
Qu’elle avoue, elle, fièrement.
Sidonie a plus d’un amant
Parce que, pour elle, être nue
Est son plus charmant vêtement.
C’est une chose bien connue,

Sidonie a plus d’un amant.
Elle en prend à ses cheveux blonds
Comme, à sa toile, l’araignée
Prend les mouches et les frelons.
Elle en prend à ses cheveux blonds.
Vers sa prunelle ensoleillée
Ils volent, pauvres papillons.

Comme, à sa toile, l’araignée
Elle en prend à ses cheveux blonds.
Elle en attrape avec les dents
Quand le rire entr’ouvre sa bouche
Et dévore les imprudents.
Elle en attrape avec les dents.

Sa bouche, quand elle se couche,
Reste rose et ses dents dedans.
Quand le rire entr’ouvre sa bouche
Elle en attrape avec les dents.
Elle les mène par le nez,
Comme fait, dit-on, le crotale
Des oiseaux qu’il a fascinés.
Elle les mène par le nez.

Quand dans une moue elle étale
Sa langue à leurs yeux étonnés,
Comme fait, dit-on, le crotale
Elle les mène par le nez.
Sidonie a plus d’un amant,
Qu’on le lui reproche ou l’en loue
Elle s’en moque également.

Sidonie a plus d’un amant.
Aussi, jusqu’à ce qu’on la cloue
Au sapin de l’enterrement,
Qu’on le lui reproche ou l’en loue,
Sidoine aura plus d’un amant.

Charles Cros Recueil : "Le coffret de santal"

VI
Victor

Iroise

Mer d'Iroise, mer bretonne
Petit bijou où les bateaux volent
Entre le grand large de l'océan,
Et les îles de l'extrême Bretagne

île de Sein et île d'Ouessant
Avec des navigateurs de terres fermes
Entre deux tempêtes de vents
Et des touristes incrédules

Victor dans ses œuvres, Paris le 27 juillet 2013

VI
Victor

Une quasi citation de Sara Teasdale Poétesse américaine
citée dans chroniques martiennes de Ray Bradbury,
le texte en anglais et sa traduction en français

Il viendra des pluies douces

There will come soft rains and the smell of the ground,
Il viendra des pluies douces et l'odeur de la terre,

And swallows circling with their shimmering sound
Et des cercles d'hirondelles stridulant dans le ciel,

And frogs in the pool singing at night,
Des grenouilles dans les mares qui chanteront la nuit

And wild plum trees in tremulous white;
Et des pruniers sauvages palpitant de blancheur;

Robins will wear their feathery fire,
Les rouges-gorges enflant leur plumage de feu

Whistling their whims on a low fence-wire;
Siffleront à loisir perchés sur les clôtures.

And not one will know of the war, not one
Et personne ne saura rien de la guerre qui fait rage,

Will care at last when it is done.
Nul ne s'inquiètera quand en viendra la fin.

Not one would mind, neither bird nor tree,
Nul ne se souciera qu'il soit arbre ou oiseau

If mankind perished utterly;
De voir exterminé jusqu'au dernier des hommes

And Spring herself when she woke at dawn
Et le printemps lui-même en s'éveillant à l'aube

Would scarcely know that we were gone.
Ne soupçonnera même pas que nous sommes partis.

Sara Teasdale 1884-1933

VI
Victor

Nous sommes le 14 février 2017 c'est la saint valentin je m'y colle

Saint valant un

Vous savez aujourd'hui on m'a pourri la vie avec la fête des amoureux
Entre deux cadeaux de rien du tout et tous les machins vendus très chers
O grand Amour qui nous tiens, ce n'est que celui là qu'on désire avec force
Mais c'est devenu un commerce qui est sans joie pour nous vendre des fleurs

Valant ce qu'il vaut, le valentin il turbine tous les quatorze février
Je n'ai pas d'amoureuse à ma disposition, je n'ai que des allumettes
Pourquoi frimer, dire sa joie et dire des choses, sur un amour éternel
L'éternité ce n'est pas une boite d'allumettes, elles ne durent qu'une seule fois

Valant un, je pense à deux, qui joue avec trois, dans les histoire d'amours
Le matin du quatorze février, je pense à toutes ceux-là qui sont en couples
Anastasie, m'anesthésie, je murmure à Muriel les mots d'un Éros amoureux
Chère camarade amoureuse, la bandaison ça ne se commande pas vraiment

Un légionnaire romain appointé, au service des taxes sur le temps qui passe
Affectionne sans affect, une jouvencelle, qui reste encore son unique
Tandis que des soldats pillards, ils refondent gaillardement toutes les populations
Valentin crédite sur sa carte bleue, sa Valentine d'un bouquet de roses rouges

Oui mais Madame! Un jour il faudra que je vous parle des milles-et-une nuits
Des aventures de Casanova, et de toute les histoires de culs de la chine ancienne,
Pour que vous oubliez cet idiot, qui a vendu aujourd'hui que sa seule raison de vivre
Éros de pacotille, il n'est là pour que les marchands, ils nous vendent des fleurs

Paris le 14 février 2017 saint Valentin

VI
Victor

Un nom identique à une lettre près
un Poème de François (V)illon

Ballade des contre-vérités

Il n'est soin que quand on a faim
Ne service que d'ennemi,
Ne mâcher qu'un botel de fain,
Ne fort guet que d'homme endormi,
Ne clémence que félonie,
N'assurance que de peureux,
Ne foi que d'homme qui renie,
Ne bien conseillé qu'amoureux.

Il n'est engendrement qu'en boin
Ne bon bruit que d'homme banni,
Ne ris qu'après un coup de poing,
Ne lotz que dettes mettre en ni,
Ne vraie amour qu'en flatterie,
N'encontre que de malheureux,
Ne vrai rapport que menterie,
Ne bien conseillé qu'amoureux.

Ne tel repos que vivre en soin,
N'honneur porter que dire : " Fi ! ",
Ne soi vanter que de faux coin,
Ne santé que d'homme bouffi,
Ne haut vouloir que couardie,
Ne conseil que de furieux,
Ne douceur qu'en femme étourdie,
Ne bien conseillé qu'amoureux.

Voulez-vous que verté vous dire ?
Il n'est jouer qu'en maladie,
Lettre vraie qu'en tragédie,
Lâche homme que chevalereux,
Orrible son que mélodie,
Ne bien conseillé qu'amoureux.

VI
Victor

Le temps des cerises

J'aime bien tous ces cerisiers en fleurs
Qui nous parlent des couleur pastelles
Et ces mois de mai juin qui nous viennent
Où l'on cueille les cerises toutes rouges et sucrées

Les mois de ce temps heureux des cerises
Ces temps là qui sont chantés pas les anars
Et par tous les poètes du temps heureux
Cerises d'amours et petits cœurs de Pigeons

Ces temps qui reviennent toujours pour nous
Fidèles et réguliers dans notre calendrier
Après alors viennent les temps chauds de juin
Où nos corps sont plus libres et ils se dénudent

L'hiver il est bien fini et le soleil luit pour tous
Fleurs entre des Jonquilles, des Pâquerettes et les Prunus
Et tous ces cerisiers fleuris, fleurs célébrées au japon
Mystères des amours, toutes ces petites cerises rouges

Paris le 19 avril 2017 Victor dans ses œuvres

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cisou9

_
:clapclap: Victor !! ___________ :jap: ___________

VI
Victor

Merci ! M'sieur

VI
Victor

Fleurs sauvages dans ma rue

Fleurs jaunes, sauvages et affranchies
Je vois ce rien du tout qui nous rafraichit
Des petits soleils jaunes dans le bitume gris
Fleurs qui poussent sans histoires à Paris

Là ! Dans ma rue Haxo toute goudronnée
Quelques fleurs sauvages qui poussent
Sans qu'on ne leur ait rien demandée
Des petits soleils jaunes qui frissonnent

Entre deux voitures et quelques chiens
Ce ne sont que des petit presque riens
Mais la nature qui est bien plus forte
Elle se permet un petit jardin à ma porte

Qui les a planté ? Je ne sais pas vraiment !
Comment sont elles venues là ? Très simplement
Madame nature ! Là ! Vous me faite sourire !
C'est la nature qui nous joue ses petits délires

Combien de temps resteront-elles encore ici
La nature ? C'est une chose plutôt rare à Paris
Entre les pigeons gris et sales qui chient partout
Et ces mauvaises herbes sauvages de rien du tout

Oui! Ces mauvaise herbes... Moi ! Elles me plaisent
Je sais que dire de ces petits riens qui sont à l’aise
Soleils jaunes, implantés dans le Bitume gris
J’y vois la nature sauvage, celle de mon Paris

Texte de Victor Paris 17 mai 2017

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cisou9

Boutons d'or ?? __________ :_grat2: ___________

VI
Victor

[img=]https://s1.qwant.com/thumbr/0x0/0/6/d29 ... -630x498.jpg&q=0&b=1&p=0&a=1[/img]

Le bateau ivre

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !

Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sûres,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !

J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !

Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.

  • Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...

Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;

Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur ;

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !

J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :

  • Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles, Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?

Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !

Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

Arthur Rimbaud 1854-1891

Supprimé

A Charles Baudelaire
Paul Verlaine

Je ne t’ai pas connu, je ne t’ai pas aimé,
Je ne te connais point et je t’aime encor moins :
Je me chargerais mal de ton nom diffamé,
Et si j’ai quelque droit d’être entre tes témoins,

C’est que, d’abord, et c’est qu’ailleurs, vers les Pieds joints
D’abord par les clous froids, puis par l’élan pâmé
Des femmes de péché – desquelles ô tant oints,
Tant baisés, chrême fol et baiser affamé ! –

Tu tombas, tu prias, comme moi, comme toutes
Les âmes que la faim et la soif sur les routes
Poussaient belles d’espoir au Calvaire touché !

– Calvaire juste et vrai, Calvaire où, donc, ces doutes,
Ci, çà, grimaces, art, pleurent de leurs déroutes.
Hein ? mourir simplement, nous, hommes de péché.

Paul Verlaine

VI
Victor

Cet ennui, dans nos vies

Serait- il plus bien plus facile de parler
D'un monde ordinaire, où tout va bien
Et d'ignorer, toutes ces petites emmerdes
Celles du quotidien, qui peuplent nos vies

J'ai appris une chose, ce que disent les journaleux
C'est qu'on ne parlera jamais et cela c'est sûr
De ces choses de la vie qui sont trop ordinaires
Comme tous les trains qui arrivent à l'heure

Nos vies ordinaires, c'est aussi un ennui quotidien
Ce profond ennui de vivre, mais ce sont aussi nos vies
J'aime savoir, quelques gens, qui vivent ici et là-bas
Et ceux- là ! Qui me parlent de leurs vies et de leurs habitudes

Et quelques fois, je me dis que j'ai envie de les embrasser
D'autres moments aussi, j'ai en moi une envie de pleurer
Parce que je les sais, des absents depuis des éternités
L'éternité ? Oui ! ça reste un truc qui peut vous échapper

Tout là-bas au loin, il y a quelques pas faits dans demain
C'est le lieu des amours immortels et de mes amis morts
Avant de mourir, un jour qui vient, il faudra qu'on se voie
Pour bouffer, tous réunis à table, pour un repas ensemble

Paris le 26 août 2017

NB pour ceux qui lisent ce poème, il n'est pas une invitation
Mais juste ce désir de voir des vrais gens qui sont bien vivants
Et non pas des fantomatiques pseudonymes qui fréquentent l'internet
Ni écrans, ni Smartphones, mais juste des vrais gens avec leurs tronches

VI
Victor

Paroles de la chanson
"Je suis mort qui, qui dit mieux"
par Jacques Higelin

J'suis mort qui, qui dit mieux
Ben mon pauv'vieux, voilà aut'chose
J'suis mort qui, qui dit mieux
Mort le venin, coupée la rose
J'ai perdu mon âme en chemin
Qui qui la r'trouve s'la mette aux choses
J'ai perdu mon âme en chemin
Qui qui la r'trouve la jette aux chiens

J'm'avais collé avec une fumelle
Ben alors ça c'est la plus belle
J'm'avais collé avec une fumelle
L'jour où j'ai brûlé mes sabots
J'lui avais flanqué un marmot
Maint'nant qu'son père est plus d'ce monde
L'a poussé ce p'tit crève la faim
Faut qu'ma veuve lui cherche un parrain.

Elle lui en avait d'jà trouvé un
Eh j'ai pas les yeux dans ma poche
Elle lui en avait d'jà trouvé un
Dame faut prévoir, en cas d'besoin
C'est lui qui flanquera des taloches
A mon p'tiot pour qu'il s'tienne bien droit
C'est du joli, moi j'trouve ça moche
De cogner sur un plus p'tit qu'soi.

Cela dit dans c'putain d'cimetière
J'ai perdu mon humeur morose
Jamais plus personne ne vient
M'emmerder quand je me repose
A faire l'amour avec la terre
J'ai enfanté des p'tits vers blancs
Qui me nettoient, qui me digèrent
Qui font leur nid au creux d'mes dents.

Arrétez-moi si je déconne
Arrétez-moi ou passez m'voir
Sans violettes, sans pleurs ni couronnes
Venez perdre un moment d'cafard
J'vous f'rais visiter des cousins
Morts à la guerre ou morts de rien
Esprit qui vous cligne de l'oeil
Les bras tendus hors du cercueil

Aujourd'hui je vous sens bien lasse
Ne soyez plus intimidée
A mes côtés reste une place
Ne tient qu'à vous de l'occuper
Qu'est c'que tu as ? oui, le temps passe
Et le p'tit va rentrer de l'école
Dis lui q'son père a pas eu d'bol
'L a raté l'train, c'était l'dernier

Attend un peu, ma femme, ma mie
Y'a un message pour le garçon
J'ai plus ma tête, voilà qu'j'oublie
Où j'ai niché l'accordéon
P't'être à la cave, p't'être au grenier
Je n'aurais repos pour qu'il apprenne
mais il est tard, sauve toi je t'aime
Riez pas du pauv'macchabé

Ceux qui ont jamais croqué d'la veuve
Les bordés d'nouilles, les tir à blanc
Qu'ont pas gagné une mort toute neuve
A la tombola des mutants
Peuvent pas savoir ce qui gigote
dans les trous du défunt cerveau

Quand sa moitié dépose une botte de rose
Sur l'chardon du terreau
Quand sa moitié dépose une botte de rose
Sur l'chardon du terreau

Jacques Higelin Vinyle Grattebouille 1970

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cisou9

___________ :_salut:
Ben le Jaques, c'est pas un joyeux !!! :larme: _____

VI
Victor

Pas content YouTube me crée des emmerdes
parce que je veux voir la vidéo,
ça appartient à qui cette vidéo ? Certainement pas à You-Tube

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cisou9

C'est de la pub !! ;) ____

VI
Victor

La Poule aux œufs d'or

L'avarice perd tout en voulant tout gagner.
Je ne veux, pour le témoigner,
Que celui dont la Poule, à ce que dit la Fable,

Pondait tous les jours un œuf d'or.
Il crut que dans son corps elle avait un trésor.
Il la tua, l'ouvrit, et la trouva semblable

A celles dont les œufs ne lui rapportaient rien,
S'étant lui-même ôté le plus beau de son bien.
Belle leçon pour les gens chiches :

Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus
Qui du soir au matin sont pauvres devenus
Pour vouloir trop tôt être riches ?

Jean de La Fontaine... Les Fables

VI
Victor

Le chien

Un chien pelé, boiteux, que personne n'aimait,
Sauva un jour une petite fille
Qui se noyait.Il fut fêté par la famille.
Tout un jour, caressé, il vécut en héros.

On lui donna du sucre, on lui donna des os...
La petite exigea que le soir, à l'étage,
Il dormît au pied de son lit.
L'enfant était choyée.
On dit : «Et s'il salit ?

Un chien galeux sur un tapis, ce n'est pas sage...
Mais elle était au bord des larmes,
On accepta le chien;
En se promettant bien
Qu'on le renverrait, passée cette alarme.

Le chien dormit comme un évêque et fit un rêve.
Une île peuplée de chats,
Dont il était le pacha.
Il cassait quelques reins, le matin, pour l'hygiène,
En se promenant sur la grève ;

Puis, il s'étendait mollement,
Tandis qu'une esclave indigène
Eduquée tout spécialement (Gratter un dos est une science),
Venait le gratter en silence...
Aux repas :Os en abondance...

Il choisissait nonchalamment.
Mais surtout, despotique et tendre,
sur cette île,Régnait une petite fille,
Qui le comblait de sa tendresse...
Il avait de tous temps rêvé d'une maîtresse.

Au réveil, la petite dit : «Il a ronflé.
Je ne veux plus du sale chien, il sent la crotte!
Le chien fut promptement chassé.
La queue basse, il fit une petite trotte,
Reniflant les odeurs charmantes du pavé.

Vers midi il revint s'enquérir du menu,
A tout hasard, l'air ingénu.
On venait justement de laver la cuisine :
La bonne l'expulsa d'un coup de pied au cul.

Les ouvriers, qui sortaient de l'usine,
Défilaient devant la maison du directeur.
Ils portaient des pancartes; ils poussaient des
clameurs.«Plus de salaires de famine ! »
«Assez de travailler pour rien ! »
«Les hommes ne sont pas des chiens ! »

Un homme ramassa une pierre et fit mine
De la lancer vers les fenêtres de l'enfant.
Le chien bondit et le mordit cruellement.
Pris pour le chien de la maison
Et, malgré sa dégaine triste,

Pour un affreux capitaliste —
A défaut de la direction,
Les ouvriers, furieux, lui firent
Son affaire à coups de bâton.
Le chien agonisa doucement sans rien dire,
Langue pendante, sans pouvoir bouger les membres,

Jusqu'au soir, en pensant que la petite fille
Avait été vraiment gentille
De l'avoir couché dans sa chambre...
La bonne pour tout cadeau
Lui apporta un peu d'eau.

Il pensa qu'elle était bien bonne, car en somme,
Elle ne lui devait rien.
Les hommes ne sont pas des chiens,
Mais les chiens ne sont pas des hommes

Animaux Jean Anouilh

VI
Victor

AUTOMNE

Dans le brouillard
s’en vont un paysan cagneux
Et son bœuf lentement
dans le brouillard d’automne

Qui cache les hameaux
pauvres et vergogneux
Et s’en allant là-bas
le paysan chantonne

Une chanson d’amour
et d’infidélité
Qui parle d’une bague
et d’un cœur que l’on brise

Oh ! l’automne
l’automne a fait mourir l’été
Dans le brouillard s’en vont
deux silhouettes grises

Guillaume Apollinaire...Alcools 1913

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cisou9

Victor
Le chien
Les hommes ne sont pas des chiens,
Mais les chiens ne sont pas des hommes


Animaux Jean Anouilh

Raymond Devos a fait une histoire la dessus _ !! _____ :lol: ________

VI
Victor

Un hiver qui est là

Cette période qui est assez sombre de l'hiver
Elle est à vivre comme un passage de nouvelle année
Cette année 2017, elle aurait dû être celle de la fin du monde
Mais Lui... IL en a décidé autrement, alors soyons sage

Après la saint Nicolas, ce jour qui est cet aujourd'hui
Alors vient la sainte Luce, le treize dans une semaine
Et Noël et ses sapins qui brillent, avec les lumières du solstice
Perso je suis né par le choix de mes parents vers la fin janvier

Et je sais déjà que s'il fait très froid à ce moment là
Les jours, ils commencent à se rallonger vraiment
Et ceux-là, ils annoncent l'arrivé du beau printemps
Nous sommes maintenant, au plus sombre de cette période

Curieusement pour moi ! Ma tête, elle va beaucoup mieux
Peut-être que ce sont des souvenirs des Noël de mon enfance
De nos jours je n'aime plus du tout cette fête marchande des marmots
Je ne sais que dire de mes neveux, et là j'en perds tous mes mots

Mais je sais aussi tous ces grands froids qui sont très lumineux
Avec des soleils jaunes pâles dans un tapis de blanc neigeux
Je sais que j'aime cette période, malgré les grands froids
Je sais que ça ne dure jamais longtemps mais l'hiver il est bien là

Paris le 6 décembre 2017 saint Nicolas

Victor le 7 décembre 2017

VI
Victor

L'allumeur de réverbères

L'allumeur de réverbères
Était de petite taille.
Je le vois dans ma mémoire
Comme au temps de mon enfance.
Il marchait d'un pas vif, rapide, léger,
Portant sous le bras son escabeau,
Que devant chaque réverbère,
Avant de l'allumer,
Il posait comme un objet fragile.
De sa ronde quotidienne
Il paraissait se faire une joie,
Celle de parsemer la nuit
De fleurs lumineuses.
Ordonnateur discret
Des pompes funèbres du jour,
Il était toujours de noir vêtu
Mais sa bonne humeur ne le quittait jamais
Et un fin sourire éclairait son visage
Car il était de la douce bienveillance
De ceux qui se suffisent de peu.
Je le rencontrais bien souvent
Et il parlait de la beauté du crépuscule,
e la transparence de l'heure,
De la brièveté de la vie
Que j'avais devant moi
Presque toute encore.
Un soir il me donna une fleur:
"C'est une fleur immortelle", me dit-il,
"Garde-la précieusement
En souvenir de notre amitié
Car un jour je serai mort
Et il n'y aura plus d'allumeurs de réverbères
Mais chaque fois que tu la regarderas
Tu sauras que quelque part,
Dans une étoile peut-être,
Je penserai à toi.

Poème de Jean Mineur Publiciste
Il y a aussi une version de Saint-Exupéry
dans un passage du petit prince

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cisou9

Très joli ce poème. ;) ____________

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cisou9

Victor
L'allumeur de réverbères


Poème de Jean Mineur Publiciste

Ça m'est revenu; Jean Mineur c'était la réclame au ciné quand j'étais ado !

Reproduction d'un timbre. à la fin il y avait le téléphone BALZAC 0001

VI
Victor

Oui ! c'est une époque lointaine, où les numéros des téléphones
ils étaient répertoriés par le début des lettres des lieux de Paris
et quasi sûrement avec des opératrices qui vous donnaient la ligne
Fernand Raynaud en a fait un sketch "le 22 à Asnières"

VI
Victor

Météos qui varient

Le premier mars qui est bien là
Brrrr le froid....Toutes ces gelures
Le peu de neige qui tombe ici ou là
Car j'entends dire la même chose

Dans la Bretagne, celle des marins
Qui sont aussi sous la neige blanche
C'est la froide Sibérie qui nous refroidit
Face au désert très chaud du Sahara

Qui lui nous donne des chaleurs sèches
Le temps chez nous ? Oui il varie sans cesses
Ben là tu rigole très fort ! Tu sais mon vieux
La réalité, ça reste une météo mondiale

Et je ne sais pas ce que demain qui vient, il sera
C'est cela qui reste une chose vraiment sympa
Peut-être verra-t-on des pluies de fleurs ?
Oui ! Le printemps qui arrive, il est bientôt là !

Victor dans ses œuvres Paris le premier mars 2018

VI
Victor

Charles Baudelaire 1821 - 1867 Le chat (1)

Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d'agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s'enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

Et, des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum
Nagent autour de son corps brun.

Charles Baudelaire 1821 - 1867 Le chat (2)

I
Dans ma cervelle se promène
Ainsi qu'en son appartement,
Un beau chat, fort, doux et charmant.
Quand il miaule, on l'entend à peine,

Tant son timbre est tendre et discret ;
Mais que sa voix s'apaise ou gronde,
Elle est toujours riche et profonde.
C'est là son charme et son secret.

Cette voix, qui perle et qui filtre
Dans mon fonds le plus ténébreux,
Me remplit comme un vers nombreux
Et me réjouit comme un philtre.

Elle endort les plus cruels maux
Et contient toutes les extases ;
Pour dire les plus longues phrases,
Elle n'a pas besoin de mots.

Non, il n'est pas d'archet qui morde
Sur mon coeur, parfait instrument,
Et fasse plus royalement
Chanter sa plus vibrante corde,

Que ta voix, chat mystérieux,
Chat séraphique, chat étrange,
En qui tout est, comme en un ange,
Aussi subtil qu'harmonieux !

II

De sa fourrure blonde et brune
Sort un parfum si doux, qu'un soir
J'en fus embaumé, pour l'avoir
Caressée une fois, rien qu'une.

C'est l'esprit familier du lieu ;
Il juge, il préside, il inspire
Toutes choses dans son empire ;
Peut-être est-il fée, est-il dieu ?

Quand mes yeux, vers ce chat que j'aime
Tirés comme par un aimant
Se retournent docilement
Et que je regarde en moi-même

Je vois avec étonnement
Le feu de ses prunelles pâles,
Clairs fanaux, vivantes opales,
Qui me contemplent fixement.

VI
Victor

Sur le vent

Écoute le vent qui passe, sans que rien qui ne soit écrit
Ce vent qui frémit dans les arbres, avec leurs branches
Celles-là qui s'agitent dans un va-et-vient et qui est presque ignoré
Ce vent là qui souffle presque, dans tous les temps de l'année

Tu ne sais pas vraiment, ni d'où il vient, ni où il va tout là-bas
Les marins d'autrefois ! Ceux qui allaient très loin à la voile
Ils savaient toute son importance vitale pour bien naviguer
Et d'avancer ainsi aux rythmes des vents qui sont porteurs

Dans leurs rafiots qui étaient parfois tout immobilisés dans le calme plat
Des marins qui sont ainsi perdus dans la mer beaucoup trop immense
De nos jours ! Vouloir sentir le vent, pour pouvoir prédire demain
C'est hélas passer pour une girouette, car elle est bien trop occasionnelle

Quelques fois les vents, ceux-là qui viennent de tous les horizons
Ils nous disent de ces choses, entre le vent d'Est et le vent de l'Ouest
Je sais aussi des vents du Nord qui sont beaucoup trop froids
Et un vent du sud qui vient du Sahara et qui est parfois très chaud

Ce vent d'ouest venant de l'océan celui qui nous annonce ses tempêtes
La pluie qui viendra chez nous arroser nos plantes ou ce sera son absence
Et des vents d'est qui ne sont pas toujours aimés car venant de Sibérie
Je sais ces vent grâce à la girouette posté sur mon toit ou un manche à air

Mais nos modernes ils croient tous savoir sur ce demain qui vient
Car tout ce qui est dit dans le Smartphone qui est toujours connecté
Personnellement ignore parfois le sens exact de certains mots techniques
D'un usage beaucoup trop médiatique, Tous ceux qui m'échappent

Je ne sais plus vraiment quel est le Véritable sens de L'Histoire
Vous savez, il y avait ces trucs incroyable de notre passé
Les navigateurs anciens, ils savaient bien le sens des vents
Mais nous qui vivons maintenant dans notre modernité

Où nous croyions peut être encore dans nos lendemains
La girouette qui tourne devrait nous dire ce qu'il y aura
Mais nos modernes, ils ne connaissent pas ce que demain sera
Je sais des vents qui me décoiffent et d'autres très absents

Paris le 29 janvier 2019

Là je souris en pensant à la tempête Gabrielle
Qui nous vient de l'Océan avec une grande force
On prévoit du vent, de la pluie, de la neige et du verglas
Mais pour l'instant du présent, ce ne sont que des prévisions,
c'est encore à voir, la météo ce n'est pas un truc précis

VI
Victor

Le berger écoute le vent
Le berger compte les étoiles
Le berger regarde le temps
Grisailler son manteau de toile

Le berger confie son troupeau
A l'épaule de la montagne
Le berger joue de son pipeau
La voix du torrent l'accompagne

Mais par les longues nuits d'été
Couché, seul, sur le dos, dans l'herbe
Compagnon de l'éternité
Le berger
Le berger

S'emmerde...

Francis Blanche .

VI
Victor

Premier mai 2019

Voir passer, quelques petits riens
Et vouloir se dire que tout va bien
Revivre aujourd'hui ses rêves anciens
Pouvoir faire qu'ils soient encore les siens

Madame Marie ! Être un enfant de mai
Non ! Celui-là, je sais qu'il n'oublie jamais
Entre toutes ces joies et ces rabais
Avec son espoir un peu fou qui lui disait

En mai, qui vient ! Je sais plein d'amoureux
Qui se regardent, les yeux dans les yeux
De belles paroles, d'un temps lumineux
Alors ! Que pouvoir vous dire de mieux ?

Oui ! Le temps qui vient, il joue et il passe
Avec tous ces sourires qui nous dépassent
Et avec aussi toutes nos vieilles carcasses
J'entends parfois, des corbeaux qui coassent

Parfois Je sais un gamin qui doucement rigole
Parce que savez-vous aussi ? Nous! On bricole
Encore des presque riens et quelques babioles
Dans des visions ordinaires, beaucoup trop Google

Paris Premier mai 2019

VI
Victor

Mai

Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
Des dames regardaient du haut de la montagne
Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne
Qui donc a fait pleurer les saules riverains ?

Or des vergers fleuris se figeaient en arrière
Les pétales tombés des cerisiers de mai
Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée
Les pétales flétris sont comme ses paupières

Sur le chemin du bord du fleuve lentement
Un ours un singe un chien menés par des tziganes
Suivaient une roulotte traînée par un âne
Tandis que s’éloignait dans les vignes rhénanes
Sur un fifre lointain un air de régiment

Le mai le joli mai a paré les ruines
De lierre de vigne vierge et de rosiers
Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes

Guillaume Apollinaire, Rhénanes, Alcools, 1913

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cisou9

Victor
Qui donc a fait pleurer les saules riverains ?

J'ai trouvé; c'est Victor !!!! _______ :lol3: __________ :lol2: _____ :bieres: _____

VI
Victor

Mois de juillet.

Le ciel flambe et la terre fume,
La caille frémit dans le blé ;
Et, par un spleen lourd accablé,
Je dévore mon amertume.

Sous l'implacable Thermidor
Souffre la nature immobile ;
Et dans le regret et la bile
Mon chagrin s'aigrit plus encor.

Crève donc, cœur trop gonflé, crève,
Cœur sans courage et sans raison,
Qui ne peux vomir ton poison
Et ne peux oublier ton rêve !

Par cet insultant jour d'été,
Cœur torturé d'amour, éclate !
Et que, de ta fange écarlate
Me voyant tout ensanglanté,

Ainsi que l'apostat antique,
Avec un blasphème impuissant,
Je jette à pleines mains mon sang
A ce grand soleil ironique !

François Coppée (1842-1908)
Recueil : Les mois (1878).

VI
Victor

Sécheresse

Tambours de pluie,
Il faut qu'il pleuve
Dès maintenant

Toutes les femmes
Elles prient avec foi
Dans la trop vieille église

Les hommes crient
Leur grand désespoir,
La sécheresse qui est là

Mais le soleil est aussi là,
Trop puissant,
Et tout immobile,

Ciel bleu, rayonnant,
Le vent d'Argôat
Souffle chaud

Vers la mer d'Armor
Les marins, ils vont loin
De tous ces gens de la terre

Mais la terre
Elle crie pour
Que la pluie

Elle se lève de la mer
Les gamins crient haut,
Et ils gueulent

De plus en plus fort
Merlin et mélusine
Ils sont convoqués

Par tous ces gens de peu
Le mage et la fée
Ce sont les garants

Des rêves et des sources
Le dieu des déserts
Il dessèche la campagne,

Un dieu de force
Mais la fée
Elle est la grande pourvoyeuse

De l'amour des gueux
Merlin l'avait prédit :
Viendront les jours

Où la terre séchera
Parce que le dieu de force
Par sa loi d'airain tout brûlera

Mais que faire à cette heure ?
Sinon prier pour que vienne la pluie,
La douceur du printemps

C'est aussi la bonne compagne de la nuit
Mélusine la femme-serpent
Dans le cœur, doute insinuera

Le démon femelle
Contre le dieu purificateur
Au grand feu qui brûle

Mais vent qui vient
Il souffle de mer
Vers terre,

Et alors tout va mieux
Et démons ou dieu fou,
Dans nos cœurs,

Tous on oubliera
La sécheresse
Et on aimera vivre

Victor Paris le 17 mars 2004 mise en forme 27 juillet 2019

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cisou9

____________ :_salut:
Hier un peu de pluie 25mm.

VI
Victor

"Faut vivre ! " Une chanson de Marcel Mouloudji

Il y a peu être 150 millions de galaxies
contenant chacune 120, 150 millions d'étoiles...
À des centaines de milliers d'années lumières...
Il y a des centaines d'autres galaxies
contenant encore des milliards d'étoiles...
Poussière dans un Sahara d'étoiles...

Malgré les grands yeux du néant
c'est pour mieux nous manger enfant
et les silences et les boucans...
Faut vivre

Bien qu'aveugles sur fond de nuit
entre les gouffres infinis
des milliards d'étoiles qui rient...
Faut vivre...

Malgré qu'on soit pas toujours beau
et que l'on ait plus ses seize ans
et sur l'espoir un chèque en blanc
Faut vivre...

Malgré le cœur qui perd le nord
au vent d'amour qui souffle encore
et qui parfois encore nous grise
Faut vivre...

Malgré qu'on ait pas de génie
n'est pas Rimbaud qui peu pardi
et qu'on se cherche un alibi
malgré tous nos morts en goguette
qui errent dans les rues de nos têtes
Faut vivre...

Malgré qu'on soit brave et salaud
qu'on est des complexes à gogo
et qu'on les aime c'est ça le pire
Faut vivre...

Malgré l'idéal du jeune temps
qui c'est usé au nerf du temps
et par d'autre repris en chantant
Faut vivre...

Malgré qu'en s'tournant vers l'passé
on est effrayé de s'avouer
qu'on a tout de même un peu changer
Faut vivre...

Malgré qu'on soit du même voyage
qu'on vive en fou, qu'on vive en sage
tout finira dans un naufrage
Faut vivre...

Malgré qu'au ciel de nos poitrines
en nous sentinelle endormie
dans un bruit d'usine gémit
le cœur aveugle qui funambule
sur le fil du présent qui fuit
Faut vivre...

Malgré qu'en nous un enfant mort
parfois si peu sourit encore
comme un vieux rêve qui agonise
Faut vivre...

Malgré qu'on soit dans l'engrenage
des notaires et des héritages
ou le cœur s'écœure et s'enlise
Faut vivre...

Malgré qu'on fasse de l'humour noir
sur l'amour qui nous en fera voir
jusqu'à ce qu'il nous dise au revoir
Faut vivre...

Malgré qu'à tous les horizons
comme un point d'interrogation
la mort nous regarde d'un œil ivre
Faut vivre...

Malgré tous nos serments d'amour
tous nos mensonges jour après jour
et bien que l'on ait qu'une vie
une seule pour l'éternité
malgré qu'on la sache ratée....
Faut vivre...

Une chanson de Marcel Mouloudji

VI
Victor


je vous mets la vidéo c'est plus sympa de que ces paroles tristes

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cisou9

____________ :_salut:
Dommage je ne comprend pas les paroles et il n'y a pas de sous-titrage !! ___ :non: ____

VI
Victor

Pourtant elles y sont, et juste avant la vidéo

VI
Victor

Des fleurs, chez moi

J'ai eu plusieurs rosiers sympas, avec de belles roses
Des rosiers que j'avais mis, dans un pot de terre assez grand
Je ne sais pas pourquoi ? Oui je ne savais pas vraiment !

Quand revenait le printemps et cela je l'ai vécu plusieurs fois
Ils restaient avec des feuilles, mais ils n'avaient pas de fleurs
Quand on dit qu’ils sont pluriannuels, non je ne le sais pas !

Oui j'ai l'impression d'un traficotage, avec des greffons sur un support
Je vous le dis la partie support, elle n'avait pas de vrais problèmes
Mais il n'y avait pas de floraisons, je n'aurais peut-être pas dû les tailler

J’ai choisis d'autres fleurs comme des azalées que j'ai rentrées,
Il y a aussi des dypladénias, qui survivent bien malgré les temps froids
J'ai eu aussi des fuchsias, mais eux ils sont assez fragiles et ils ne durent pas

J'ai aussi un petit arbuste, d'une plante grasse qui bourgeonne
Ma voisine, elle m'en a piqué quelques bougeons, qu'elle a replantés
Maintenant mon petit arbuste, il a l'air bien seul dans son grand pot

Bruno Quinchez Paris le 26 novembre 2019
Nota Bene je l'ai mis avec juste un petit sourire

VI
Victor

Être ou avoir ?

Voilà une idée qui est assez curieuse
À savoir choisir entre deux verbes
Le verbe être et le verbe avoir

Deux mondes différents dans une vie
L'avoir possède, milles choses diverses
L'être est conscient de son existence

Certains confondent ces deux Verbes
Perso je ne suis pas un gars très riche
Mais comme poète, je pense être assez connu

Bruno Quinchez Paris le 10 janvier 2020

VI
Victor

Les feuilles mortes... Jacques Prévert

Oh, je voudrais tant que tu te souviennes,
Des jours heureux quand nous étions amis,
Dans ce temps là, la vie était plus belle,
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Tu vois je n'ai pas oublié.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi,
Et le vent du nord les emporte,
Dans la nuit froide de l'oubli.
Tu vois, je n'ai pas oublié,
La chanson que tu me chantais...

C'est une chanson, qui nous ressemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
Nous vivions, tous les deux ensemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
Et la vie sépare ceux qui s'aiment,
Tout doucement, sans faire de bruit.
Et la mer efface sur le sable,
Les pas des amants désunis.
Nous vivions, tous les deux ensemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
Et la vie sépare ceux qui s'aiment,
Tout doucement, sans faire de bruit.
Et la mer efface sur le sable,
Les pas des amants désunis...

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi
Mais mon amour silencieux et fidèle
Sourit toujours et remercie la vie
Je t'aimais tant, tu étais si jolie,
Comment veux-tu que je t'oublie ?
En ce temps-là, la vie était plus belle
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui
Tu étais ma plus douce amie
Mais je n'ai que faire des regrets
Et la chanson que tu chantais
Toujours, toujours je l'entendrai !

Jacques Prévert (1900-1977)

VI
Victor

Le 29 Février... La saint Auguste

Aujourd'hui 29 février, c'est la saint Auguste
Un saint qui n'a sa fête, que tous les quatre ans
Auguste ! Un saint ignoré, un véritable Guguste
Et non pas un empereur avec un mois à plein temps

Le gars Auguste, il serait paraît-il un missionnaire
De ceux qui partent aux loins, sans espoir de retours
Et qui disparaissent, dans le calendrier ordinaire
Pauvre monsieur Auguste, l'inconnu des bons jours

En quatre ans, il se passe suffisamment d'événements
Entre élections, morts, naissances et autres tourments
Le calendrier qui continue avec son vingt-neuf février

Il n'est pas dit, ni écrit, que cet inconnu soit devenu célèbre
Un jour tous les quatre ans, cela c'est plutôt sévère à vivre
Il manque à ce mois de février, un petit plus du calendrier

Victor Paris le 29 février 2012 et le 29 février 2020

VI
Victor

Demain ? C'est à voir !

Je ne connais pas ce que sera demain
Avec cette saloperie, je me sens mortel
ça change bien ma vision de cet avenir
Puis ça m'interpelle sur toutes nos croyances

J'aime cette fragilité, celle que j'ai maintenant
Alors tu sais, Il n'y a pas d'empire qui viendra
Juste quelques gens beaucoup trop fragiles
Demain pour l'imprévisible ! Ben, il reste à voir...

Victor Paris le 26 mars 2020

VI
Victor

Les eaux de mars

Un pas, une pierre, un chemin qui chemine
Un reste de racine, c'est un peu solitaire
C'est un éclat de verre, c'est la vie, le soleil
C'est la mort, le sommeil, c'est un piège entrouvert

Un arbre millénaire, un noeud dans le bois
C'est un chien qui aboie, c'est un oiseau dans l'air
C'est un tronc qui pourrit, c'est la neige qui fond
Le mystère profond, la promesse de vie

C'est le souffle du vent au sommet des collines
C'est une vieille ruine, le vide, le néant
C'est la pie qui jacasse, c'est l'averse qui verse
Des torrents d'allégresse, ce sont les eaux de Mars

C'est le pied qui avance à pas sûr, à pas lent
C'est la main qui se tend, c'est la pierre qu'on lance
C'est un trou dans la terre, un chemin qui chemine
Un reste de racine, c'est un peu solitaire

C'est un oiseau dans l'air, un oiseau qui se pose
Le jardin qu'on arrose, une source d'eau claire
Une écharde, un clou, c'est la fièvre qui monte
C'est un compte à bon compte, c'est un peu rien du tout

ET UN REVE qui est Là ..........

Georges Moutakis... Les eaux de mars

VI
Victor

Confinement

curieusement je supporte mal
De voir tous ces gens malades
Tous ceux-là dans mes proches voisins
qui sont confinés dans leur chez soi

Quelques malades parmi eux
J'imagine des décès, mais je ne sais pas
J'ai vu des gens trop bizarres
Chez mes voisins d'en bas

Pour ma santé ! Oui ça peut aller
Mais je pressens tous ces morts
Dans des gens que je fréquente
Je ne sais pas trop et alors j'évite

Il y a comme un grand silence
Pour une grande absence
Je ne sais pas trop qu'en penser
OUI ! Ce silence qui me marque

Dans ma vie de solitaire endurci
Un gars qui a maintenant 68 ans
J'ai rarement vécu cette horreur
C'est pour moi, une mauvaise période

Victor Paris le 24 avril 2020 le début du ramadan

VI
Victor

Premier Mai

Voir passer, quelques petits riens
Et vouloir se dire que tout va bien
Revivre aujourd'hui ses rêves anciens
Pouvoir faire qu'ils soient encore les siens

Madame Marie ! Être un enfant de mai
Non ! Celui-là, je sais qu'il n'oublie jamais
Entre toutes ces joies et ces rabais
Avec son espoir un peu fou qui lui disait

En mai, qui vient ! Je sais plein d'amoureux
Qui se regardent, les yeux dans les yeux
De belles paroles, d'un temps lumineux
Alors ! Que pouvoir vous dire de mieux ?

Oui ! Le temps qui vient, il joue et il passe
Avec tous ces sourires qui nous dépassent
Et avec aussi toutes nos vieilles carcasses
J'entends parfois, des corbeaux qui coassent

Parfois Je sais un gamin qui doucement rigole
Parce que savez-vous aussi ? Nous! On bricole
Encore des presque riens et quelques babioles
Dans des visions ordinaires, beaucoup trop Google

Victor Paris le premier mai 2019

VI
Victor

Propos sur Là-Bas

Le Ciel et toutes les étoiles sont si vastes,
que de vouloir parler d'un seul Dieu unique,
c'est une idée absurde,
il y a sûrement des myriades de choses diverses
Je n'ai rien contre le concept de Dieu
Mais je le trouve trop humain
Des histoires écrites par des hommes

Victor un peu sceptique Paris le 9 juin 2020

VI
Victor

École

Dans la classe surpeuplée
Avec tous ses monstres et ses génies
Et aussi quelques enfants bavards
Le maître pose alors la question

Vous savez cette fameuse question
De celles que vous n'osez plus poser
Car elle est tellement ordinaire
Et alors un enfant lève le doigt

Parce qu'en élève discipliné
il veut sans doute répondre
A la question qui est posée
Le maître le regarde et dit

Arthur connais-tu la réponse ?
Et Arthur vaillamment se lève
Et commence un long poème
Avec la fougue qui lui va

Où il est question d'étoiles !
Et de ciels rouges et sanglants
De mers agitées, et de vents
Qui soufflent dans les voiles

Arthur qui avait toutes les réponses
A toutes les questions posées
Incroyable Arthur d'autre fois
Arthur qui reste un enfant

Victor dans ses œuvres Paris le 21 mars 2012