Le Chêne et le Roseau
Le Chêne un jour dit au Roseau :
"Vous avez bien sujet d'accuser la Nature ;
Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau.
Le moindre vent, qui d'aventure
Fait rider la face de l'eau,
Vous oblige à baisser la tête :
Cependant que mon front, au Caucase pareil,
Non content d'arrêter les rayons du soleil,
Brave l'effort de la tempête.
Tout vous est Aquilon, tout me semble Zéphyr.
Encor si vous naissiez à l'abri du feuillage
Dont je couvre le voisinage,
Vous n'auriez pas tant à souffrir :
Je vous défendrais de l'orage ;
Mais vous naissez le plus souvent
Sur les humides bords des Royaumes du vent.
La nature envers vous me semble bien injuste.
- Votre compassion, lui répondit l'Arbuste, Part d'un bon naturel ; mais quittez ce souci. Les vents me sont moins qu'à vous redoutables.
Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici
Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos ;
Mais attendons la fin. "Comme il disait ces mots,
Du bout de l'horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que le Nord eût portés jusque-là dans ses flancs.
L'Arbre tient bon ; le Roseau plie.
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu'il déracine
Celui de qui la tête au Ciel était voisine
Et dont les pieds touchaient à l'Empire des Morts.
Jean De La Fontaine dans ses fables
Le vent
Sur la bruyère longue infiniment,
Voici le vent cornant Novembre ;
Sur la bruyère, infiniment,
Voici le vent
Qui se déchire et se démembre,
En souffles lourds, battant les bourgs ;
Voici le vent,
Le vent sauvage de Novembre.
Aux puits des fermes,
Les seaux de fer et les poulies
Grincent ;
Aux citernes des fermes.
Les seaux et les poulies
Grincent et crient
Toute la mort, dans leurs mélancolies.
Le vent rafle, le long de l'eau,
Les feuilles mortes des bouleaux,
Le vent sauvage de Novembre ;
Le vent mord, dans les branches,
Des nids d'oiseaux ;
Le vent râpe du fer
Et peigne, au loin, les avalanches,
Rageusement du vieil hiver,
Rageusement, le vent,
Le vent sauvage de Novembre.
Dans les étables lamentables,
Les lucarnes rapiécées
Ballottent leurs loques falotes
De vitres et de papier.
- Le vent sauvage de Novembre ! - Sur sa butte de gazon bistre, De bas en haut, à travers airs, De haut en bas, à coups d'éclairs, Le moulin noir fauche, sinistre, Le moulin noir fauche le vent, Le vent, Le vent sauvage de Novembre.
Les vieux chaumes, à cropetons,
Autour de leurs clochers d'église.
Sont ébranlés sur leurs bâtons ;
Les vieux chaumes et leurs auvents
Claquent au vent,
Au vent sauvage de Novembre.
Les croix du cimetière étroit,
Les bras des morts que sont ces croix,
Tombent, comme un grand vol,
Rabattu noir, contre le sol.
Le vent sauvage de Novembre,
Le vent,
L'avez-vous rencontré le vent,
Au carrefour des trois cents routes,
Criant de froid, soufflant d'ahan,
L'avez-vous rencontré le vent,
Celui des peurs et des déroutes ;
L'avez-vous vu, cette nuit-là,
Quand il jeta la lune à bas,
Et que, n'en pouvant plus,
Tous les villages vermoulus
Criaient, comme des bêtes,
Sous la tempête ?
Sur la bruyère, infiniment,
Voici le vent hurlant,
Voici le vent cornant Novembre.
Émile VERHAEREN Recueil : Les villages illusoires
Soleils couchants
Une aube affaiblie
Verse par les champs
La mélancolie
Des soleils couchants.
La mélancolie
Berce de doux chants
Mon cœur qui s'oublie
Aux soleils couchants.
Et d'étranges rêves
Comme des soleils
Couchants sur les grèves,
Fantômes vermeils,
Défilent sans trêves,
Défilent, pareils
À des grands soleils
Couchants sur les grèves.
Paul Verlaine (Poèmes saturniens)
La peur du noir
Il y a une peur enfantine, qui est celle de la peur de l'invisible
Ou plus banalement la peur de tout cela qu'on ne voit pas
Ma lumière ? Elle reste dans le regard que je porte sur vous
Mes amis aveugles, ils n'ont pas de regards, c'est très étrange
Ils ne me connaissent jamais que par le son seul de ma voix
Et quand avant je fumais la pipe, par une odeur mielleuse de tabac
J'ai appris d'eux que le noir, ce n'est pas ce néant inconnaissable
Ils vivent chaque jour sans lumière, et ils sont bons musiciens
Dans ma jeunesse, je me souviens, que mes oncles et tantes
Ils m'ont dit, d'aller tout seul dans le noir, tout au bout d'un champ
Je les remercie encore, car je n'y ai vus que des vaches et des arbres
Et tous les monstres, ils ont disparus de mes terreurs enfantines,
Plus récemment dans des films d'horreurs sur ma petite télévision
Je revoyais ces monstres sans visages et tous noirs dans une capuche vide
Et J'ai retrouvé là toutes mes peurs enfantines, je redevenais un enfant peureux
Puis je me suis dit que je devais affronter maintenant mes mauvais rêves
Alors en plein jour, je songeais à un monde qui est en noir et blanc
Où là j'entrais en sachant bien que c'était un monde sans lumière
Et je me dis alors: Mon regard il me suffit pour voir ce que j'aime
Je songe à la nuit et je songe au jour... Pourquoi donc cette peur?
Je ne suis plus un enfant, je vois dans ces visages d'absences
Ces vides qui sont encapuchonnés dans une bure qui les contient
Ils sont là-dedans et ils n'ont pas d'images mais je sais bien qu'ils existent
Je songe alors à mes amis aveugles qui ne connaissent de ce monde vécu
Ce monde sans lumière, la lumière révèle la présence, je sais cette présence
Les absents qui se permettent parfois des cachoteries pour nous voyants
Je n'ai peur de rien, je sais des musiques et parfois de bonnes odeurs aussi
La peur? Elle n'est jamais qu'une méconnaissance de l'autre qui vit à coté
Victor dans ses œuvres le 11 mars 2015
Cyrano de Bergerac La tirade des nez (acte 1, scène 4)
Ah ! Non ! C'est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire... oh ! Dieu ! ... bien des choses en somme...
En variant le ton, —par exemple, tenez :
Agressif : « moi, monsieur, si j'avais un tel nez,
Il faudrait sur le champ que je me l'amputasse ! »
Amical : « mais il doit tremper dans votre tasse :
Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap ! »
Descriptif : « c'est un roc ! ... c'est un pic... c'est un cap !
Que dis-je, c'est un cap ? ... c'est une péninsule ! »
Curieux : « de quoi sert cette oblongue capsule ?
D'écritoire, monsieur, ou de boîte à ciseaux ? »
Gracieux : « aimez-vous à ce point les oiseaux
Que paternellement vous vous préoccupâtes
De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ? »
Truculent : « ça, monsieur, lorsque vous pétunez,
La vapeur du tabac vous sort-elle du nez
Sans qu'un voisin ne crie au feu de cheminée ? »
Prévenant : « gardez-vous, votre tête entraînée
Par ce poids, de tomber en avant sur le sol ! »
Tendre : « faites-lui faire un petit parasol
De peur que sa couleur au soleil ne se fane ! »
Pédant : « l'animal seul, monsieur, qu'Aristophane
Appelle hippocampelephantocamélos
Dut avoir sous le front tant de chair sur tant d'os ! »
Cavalier : « quoi, l'ami, ce croc est à la mode ?
Pour pendre son chapeau c'est vraiment très commode ! »
Emphatique : « aucun vent ne peut, nez magistral,
T'enrhumer tout entier, excepté le mistral ! »
Dramatique : « c'est la Mer Rouge quand il saigne ! »
Admiratif : « pour un parfumeur, quelle enseigne ! »
Lyrique : « est-ce une conque, êtes-vous un triton ? »
Naïf : « ce monument, quand le visite-t-on ? »
Respectueux : « souffrez, monsieur, qu'on vous salue,
C'est là ce qui s'appelle avoir pignon sur rue ! »
Campagnard : « hé, ardé ! C'est-y un nez ? Nanain !
C'est queuqu'navet géant ou ben queuqu'melon nain ! »
Militaire : « pointez contre cavalerie ! »
Pratique : « voulez-vous le mettre en loterie ?
Assurément, monsieur, ce sera le gros lot ! »
Enfin parodiant Pyrame en un sanglot :
« Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
A détruit l'harmonie ! Il en rougit, le traître ! »
—Voilà ce qu'à peu près, mon cher, vous m'auriez dit
Si vous aviez un peu de lettres et d'esprit :
Mais d'esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n'en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n'avez que les trois qui forment le mot : sot !
Eussiez-vous eu, d'ailleurs, l'invention qu'il faut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
Me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n'en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d'une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
Mais je ne permets pas qu'un autre me les serve.
Rimbaud « Je est un autre » Rimbaud à Paul Demeny (Lettre du Voyant, 15 mai 1871)
« Car Je est un autre. Si le cuivre s’éveille clairon, il n’y a rien de sa faute. Cela m’est évident : j’assiste à l’éclosion de ma pensée : je la regarde, je l’écoute : je lance un coup d’archet : la symphonie fait son remuement dans les profondeurs, ou vient d’un bond sur la scène. Si les vieux imbéciles n’avaient pas trouvé du Moi que la signification fausse, nous n’aurions pas à balayer ces millions de squelettes qui, depuis un temps infini, ! ont accumulé les produits de leur intelligence borgnesse, en s’en clamant les auteurs ! (…) La première étude de l’homme qui veut être poète est sa propre connaissance, entière ; il cherche son âme, il l’inspecte, il la tente, l’apprend. Dès qu’il la sait, il doit la cultiver ; cela semble simple : en tout cerveau s’accomplit un développement naturel ; tant d’égoïstes se proclament auteurs ; il en est bien d’autres qui s’attribuent leur progrès intellectuel ! — Mais il s’agit de faire l’âme monstrueuse : à l’instar des comprachicos, quoi ! Imaginez un homme s’implantant et se cultivant des verrues sur le visage. Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant. Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit, — et le suprême Savant — Car il arrive à l’inconnu ! Puisqu’il a cultivé son âme, déjà riche, plus qu’aucun ! Il arrive à l’inconnu, et quand, affolé, il finirait par perdre l’intelligence de ses visions, il les a vues ! Qu’il crève dans son bondissement par les choses inouïes et innombrables : viendront d’autres horribles travailleurs ; ils commenceront par les horizons où l’autre s’est affaissé ! »
Dixit Arthur Rimbaud dans sa lettre du voyant
Fragiles
Pauvre colombe! On a dit tellement
De choses sur elle, depuis longtemps
Qu'on allait la tuer parce qu'elle gênait
Et qu'elle avait pris du plomb dans l'aile
Certains disaient ce n'est pas la balle
Qui arrête le vol dans le ciel de l'oiseau
Mais l'oiseau qui stoppe alors la balle
Et tombe de là-haut du ciel tout bleu
Je n'imagine pas une colombe armée
Ni un agneau qui se bat contre les loups
Ce sont les loups qui gagnent toujours
Pourtant j'ai de la tendresse pour le fragile
La tragédie de ce monde elle serait
De voir disparaitre toutes les choses fragiles
Où de savoir que les lions et les éléphants
Ils ne sont plus là et cela pour toujours
Victor dans ses œuvres 7/05/2015
La colombe c'est bien plus universel que Picasso
Vous sortez là un cliché communiste des années cinquante
et cela je n'aime pas trop car ce n''est que de la propagande
la colombe date de la Bible avec Noé, fin du déluge
puis c'est vrai qu'il existe la chasse à la palombe
Dans le sud ouest de la France même si c'est interdit
Par l'Europe et tous ses règlements sur tout et rien
Sujet de disputes entre les écolos et les chasseurs
J'ai rarement vu une colombe agresser quelqu'un
Sauf peut être les pigeons qui chient partout
Mais les pigeons à Paris, ils sont relativement acceptés
Les balades à Paris comportent certains risques
Là je parle sérieusement, les fientes de Pigeons
Dégradent et salissent beaucoup de chose ici,
Entre un trottoir qui est à nettoyer souvent
Et des monument qui sont attaqué chimiquement
Par l'urée et autres composantes de la fiente
C'est un des problème de la gestion des pigeons
Il est interdit de les nourrir et de les héberger
Sous peine d'amende si les policier vous voient
Les nourrir, j'ai bien une copine qui le fait
Que j'aime beaucoup et qui vit toutes seules
Avec des plantes, des chat, et quelques pigeons
Les pigeons à paris ça date depuis longtemps
Ils devait déjà être là dans le Paris du moyen âge
Ils font partie du paysage de Paris comme à Venise
Je suis sûr qu'il y a des pigeons partout dans le monde
Maintenant les pigeon n'est pas fragile il s'adapte partout
Un conte d’Andersen, «Les habits neufs de l’empereur»
ça raconte l’histoire d’un roi qui n’a de souci que de sa vêture et n’aime rien tant que de se montrer devant ses sujets dans ses nouveaux habits. Ce roi néglige toutes les affaires du royaume, et on dit de lui qu’il « siège dans sa garde-robe ».
Arrivent dans la capitale du royaume deux escrocs qui se prétendent tisserands, se vantent d’être capables de tisser la plus belle étoffe que l’on puisse imaginer et qui possède en outre une étonnante propriété : les vêtements confectionnés avec cette étoffe « seraient invisibles aux yeux de ceux qui ne convenaient pas à leurs fonctions ou qui étaient simplement idiots ».
Le roi entrevoit aussitôt le gain de savoir qu’un tel vêtement lui offrirait : grâce à lui, il serait possible de découvrir lesquels de ses sujets ne conviennent pas à leurs fonctions, et de départager les intelligents des imbéciles. Il commande donc la précieuse et merveilleuse étoffe aux deux escrocs, qui se mettent à faire semblant de tisser, sans fil, sur leurs métiers vides.
Le roi, après quelques jours, dépêche auprès des tisserands son vieux ministre, qu’il sait compétent et intelligent, puis, quelque temps plus tard, un fonctionnaire dont l’honnêteté ne fait pas de doute. L’un, puis l’autre, éprouvent le même embarras : ils ne voient rien – là où il n’y a rien à voir – et se l’avouent.
Avertis des propriétés de l’étoffe, ils s’interrogent : « Serais-je donc sot, ou inapte ? », et, placés dans cette situation impossible, résolvent de ne rien dire, c’est-à-dire de taire aux tisserands escrocs et au roi qu’ils n’ont rien vu. La même aventure arrive au roi, qui n’ose pas plus que ses sujets dire qu’il ne peut rien voir.
Arrive alors le jour de la procession, où le roi doit parader dans ses habits neufs : nul ne peut rien voir, et chacun fait semblant de voir, et chacun craint que l’on ne remarque qu’il ne peut rien voir, et tous de s’extasier à la vue des admirables habits neufs de l’empereur, jusqu’à ce qu’un petit enfant dans la foule s’exclame : « Mais il n’a pas d’habit du tout
[1] H.C. Andersen, « Les habits neufs de l’empereur »,...
[1] ! » Le père s’émerveille de la parole de son fils, et la commente en ces termes : « Entendez la voix de l’innocence », et le cri de l’enfant est alors repris en chœur par la foule, sur le passage du roi, qui convient à part soi que l’enfant et le peuple ont raison.
Poèmes sur l'hiver de Charles d'Orléans (1394-1465)
Le temps a laissé son manteau
Modernisation du texte par Maurice des Ulis (l'original suit)
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Et s'est vêtu de broderies,
De soleil luisant, clair et beau.
Il n'y a bête ni oiseau
Qu'en son jargon ne chante ou crie :
Le temps a laissé son manteau !
Rivière, fontaine et ruisseau
Portent, en livrée jolie,
Gouttes d'argent, d'orfèvrerie,
Chacun s'habille de nouveau :
Le temps a laissé son manteau.
Le temps a laissié son manteau (version originale)
Le temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluye,
Et s'est vestu de brouderie,
De soleil luyant, cler et beau.
Il n'y a beste, ne oyseau,
Qu'en son jargon ne chante ou crie :
Le temps a laissié son manteau !
Riviere, fontaine et ruisseau
Portent, en livree jolie,
Gouttes d'argent, d'orfaverie,
Chascun s'abille de nouveau :
Le temps a laissié son manteau !
Hiver vous n'êtes qu'un vilain
Modernisation du texte par Maurice des Ulis (l'original suit)
Hiver vous n'êtes qu'un vilain(1).
Eté est plaisant et gentil,
En témoignent Mai et Avril
Qui l'accompagnent soir et ma(t)in.
Eté revêt champs, bois et fleurs
De sa livrée de verdure
Et de maintes autres couleurs
Par l'ordonnance de Nature.
Mais vous, Hiver, trop êtes plein
De neige, vent, pluie et grésil;
On vous doit bannir en exil.
Sans point flatter, je parle plain(2),
Hiver vous n'êtes qu'un vilain(1) !
(1) rustre (paysan)
(2) juste (droit)
Yver, vous n'estes qu'un villain (version originale)
Yver, vous n'estes qu'un villain,
Esté est plaisant et gentil,
En tesmoing de May et d'Avril
Qui l'acompaignent soir et main.
Esté revest champs, bois et fleurs,
De sa livrée de verdure
Et de maintes autres couleurs,
Par l'ordonnance de Nature.
Mais vous, Yver, trop estes plain
De nege, vent pluye et grezil;
On vous deust banie en essil.
Sans point flater, je parle plain,
Yver, vous n'estes qu'un villain !
Charles d'Orléans 1394-1465
Jardin à Paris
Je vis dans un immeuble parisien
Où il y a aussi un jardin sur le toit d'un magasin
C'était sympathique quand c'était entretenu
Mais maintenant cela tient du gros désordre
Des gens qui ont planté près des rosiers
Des plantes plus sauvages et prolifiques
Les rosiers existent encore, ils sont encore là
Mais ils dépérissent lentement, sans taille
Un pied de lavande a envahi le bosquet
Maintenant je vois du bois de lavande
Au printemps, quelques petites pâquerettes
Puis des pissenlits qui font plutôt désordre
C'est bien car ça me sert de calendrier
Pour voir les quatre saisons qui passent
En se moment, "le gazon?" l'herbe jaunie
Mais j'aime beaucoup ce jardin sauvage
Victor dans ses œuvres
Y aurait-il un chuchotement
Oui! Ce sont des sons qui sont impossibles à entendre
De toutes ces clameurs sourdes, de ces vies grouillantes
Entre ce rien, celui qui est admis et celui d'un rêve
Calmement, Entendre tous ces riens qui cafouillent
Peut-être est-ce la voix cachée de ces morts bavards
Ou des cris d'humains tourmentés qui viennent de très loin
Ce sont de ces murmures, qui me parlent de vous tous là-bas
Mais existez-vous vraiment et avez-vous donc un corps ?
Parfois je sais des anges d'un ciel attendu et qui crient
Ils me parlent de cet amour promis et de la mort quotidienne
Avec des mots vigoureux, attrayants et qui sont parfois étranges
La nuit? Elle se passe trop longue et elle me fait souffrir sans joie
Tandis que les jours....C'est la vie qui proclame tout son empire
Un enfant joue et un vieux radote, ce sont les âges qui passent
Y aurait il donc une sagesse à trouver quelques-uns par ici ou par-là
Des anges tristes, les fleurs qui éclosent, c'est la vie souveraine
Un silence qui se repose, c'est parfois un paradis qui m'est donné
L'empire sans maux ou le pire avec des mots, voire la fin des haricots
Ne pas vouloir et voir cela comme une trahison pour ce rêve d'absolu
L'enfant qui rêve, il n'attend rien de plus que la joie de son rêve...
Victor dans ses oeuvres
Protections
C'est un phoque, qui est là-bas en Alaska et qui crève de chaud
Il vit sous de hautes Latitudes et lui alors il s'ennuie et il rêve
C'est un ours blanc qui est bien trop seul sur son petit glaçon
Et qui se noie alors dans une mer qui est beaucoup trop chaude
C'est un éléphant tout à fait mort et qui est maintenant sans défenses
Dans une réserve de l'Afrique où malheureusement il y a des braconniers
C'est une girafe craintive qui regarde autours pour voir s'il y a des lions
Mais les lions maintenant, ils sont tous en cage au cirque Médrano
C'est un arbre d'une essence rare dans la forêt et qui vaut très cher
Dont les Orang-outang ne pourront manger les pousses et les fruits
C'est un pygmée encore libre dans la forêt primitives, et qui se plaint
De voir disparaitre toutes les gazelles légères et les gnous en troupes
C'est un enfant qui rêve encore de tous ces animaux sauvages et lointains
Dans de grands albums photos, ou des vidéos, à la TV et sur son PC
C'est un adulte qui part dans des réserves, de celles qui restent encore
C'est un Dieu qui est devenu sans joie, sans nature et devenu trop humain
Oui ! Il y a à voir entre le désert très chaud et la banquise qui font
Il y a des hommes, il y a des industriels, il y a aussi des banquiers
Et ceux-là ! Ils font d'un paradis, une erreur économique à rentabiliser
Mais tous les animaux savent-ils cette folie du tout-marchandise ?
Dans le ciel un aigle plane vers un lieu d'altitude qui reste sans hommes
Peut être reste-t-il libre dans un monde, où la liberté n'a pas de prix
Dans la vallée, il y a des hommes, ce sont des chasseurs et des protecteurs
L'aigle, il restera libre car il y a maintenant des lois écrites qui le protègent
Les loups, ils avancent en meutes, de dizaines de kilomètres par jour
Le berger, il sait leurs présences et il craint pour son grand troupeau
Le mouton, il ne vit pas très longtemps entre des loups et l'abattage
Mais le loup, il reste craint, lui aussi c'est un animal très libre
Victor dans ses œuvres Paris 30 juillet 2015
Chanson du geôlier
Où vas-tu beau geôlier
Avec cette clé tachée de sang
Je vais délivrer celle que j'aime
S'il en est encore temps
Et que j'ai enfermée
Tendrement cruellement
Au plus secret de mon désir
Au plus profond de mon tourment
Dans les mensonges de l'avenir
Dans les bêtises des serments
Je veux la délivrer
Je veux qu'elle soit libre
Et même de m'oublier
Et même de s'en aller
Et même de revenir
Et encore de m'aimer
Ou d'en aimer un autre
Si un autre lui plaît
Et si je reste seul
Et elle en allée
Je garderai seulement
Je garderai toujours
Dans mes deux mains en creux
Jusqu'à la fin des jours
La douceur de ses seins
modelés par l'amour.
Jacques Prévert
Ecole
Dans la classe surpeuplée
Avec tous ses monstres et ses génies
Et aussi quelques enfants bavards
Le maître pose alors la question
Vous savez cette fameuse question
De celles que vous n'osez plus poser
Car elle est tellement ordinaire
Et alors un enfant lève le doigt
Parce qu'en élève discipliné
il veut sans doute répondre
A la question qui est posée
Le maître le regarde et dit
Arthur connais-tu la réponse ?
Et Arthur vaillamment se lève
Et commence un long poème
Avec la fougue qui lui va
Où il est question d'étoiles !
Et de ciels rouges et sanglants
De mers agitées, et de vents
Qui soufflent dans les voiles
Arthur qui avait toutes les réponses
A toutes les questions posées
Incroyable Arthur d'autre fois
Arthur qui reste un enfant
Victor dans ses œuvres le 21 mars 2012
Milly ou la terre natale
Pourquoi le prononcer ce nom de la patrie ?
Dans son brillant exil mon cœur en a frémi ;
Il résonne de loin dans mon âme attendrie,
Comme les pas connus ou la voix d'un ami.
Montagnes que voilait le brouillard de l'automne,
Vallons que tapissait le givre du matin,
Saules dont l'émondeur effeuillait la couronne,
Vieilles tours que le soir dorait dans le lointain,
Murs noircis par les ans, coteaux, sentier rapide,
Fontaine où les pasteurs accroupis tour à tour
Attendaient goutte à goutte une eau rare et limpide,
Et, leur urne à la main, s'entretenaient du jour,
Chaumière où du foyer étincelait la flamme,
Toit que le pèlerin aimait à voir fumer,
Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?...
Alphonse de Lamartine
Demain, dès l'aube...
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
Victor Hugo
Complainte du pauvre corps humain
L’Homme et sa compagne sont serfs
De corps, tourbillonnants cloaques
Aux mailles de harpes de nerfs
Serves de tout et que détraque
Un fier répertoire d’attaques.
Voyez l’homme, voyez !
Si ça n’fait pas pitié !
Propre et correct en ses ressorts,
S’assaisonnant de modes vaines,
Il s’admire, ce brave corps,
Et s’endimanche pour sa peine,
Quand il a bien sué la semaine.
Et sa compagne ! allons,
Ma bell’, nous nous valons.
Faudrait le voir, touchant et nu
Dans un décor d’oiseaux, de roses ;
Ses tics réflexes d’ingénu,
Ses plis pris de mondaines poses ;
Bref, sur beau fond vert, sa chlorose.
Voyez l’Homme, voyez !
Si ça n’fait pas pitié !
Les Vertus et les Voluptés
Détraquant d’un rien sa machine,
Il ne vit que pour disputer
Ce domaine à rentes divines
Aux lois de mort qui le taquinent.
Et sa compagne ! allons,
Ma bell’, nous nous valons.
Il se soutient de mets pleins d’art,
Se drogue, se tond, se parfume,
Se truffe tant, qu’il meurt trop tard ;
Et la cuisine se résume
En mille infections posthumes.
Oh ! ce couple, voyez !
Non, ça fait trop pitié.
Mais ce microbe subversif
Ne compte pas pour la Substance,
Dont les déluges corrosifs
Renoient vite pour l’Innocence
Ces fols germes de conscience.
Nature est sans pitié
Pour son petit dernier.
Jules Laforgue, Les Complaintes
A la manière de... La note
L'épicier surpris réglait la note de ses commissions
Tout d'abords, il y avait là un soupçon de fleur de souffre
Des cristaux de Citron et de ces essences super-naturelles
Quelques vapeurs et quelque odeurs, toutes sont reconstituées
Dans un monde de chimies diverses, savoir ce que l'on mange
Quelques cyclamates de sodium dans des sodas sans sucres
Une bouteille en verre blanc et de parfaits cristaux de soude
Quelques riens du tout, de ces poètes pressés par le temps
Quelques amuse-gueules, pour la route, et cela sans artifice
Un brouillard d'eau de Seltz, vendu avec son vaporisateur
Un chien de ma chienne mais hélas sans garantie aucune
Quelques enfants de Salo, ceux là sont garantis d'origine
Un Lapin agile, bien caché dans le chapeau du magicien
La femme coupée en morceaux qui demande un reconstituant
Cette inconnue d'hier et la fille d'aujourd'hui, celle que l'on engage
L'oiseau lyre déjà perché sur les fils, un piano mécanique tout fou
Tout cela l'épicier, je voyais qu'il l'avait tout noté sur son calepin
Mais le poète maudit, il réagissait énergiquement avec l'inconnue
Tandis que l'eau de Seltz, elle s'évacuait lentement sur la chienne
C'était ainsi un foutu désordre, cela sans aucun sens, ni rien en dessous
L'épicier se mit à pianoter sur sa caisse, l'oiseau, il lui fredonnait sa note
Celle de toutes les choses écrites, cela dans l'ordre qui nous est donné
Une fraise et deux carottes, elles sont très différentes, mais c'est si bon
C'était ma comptine, celle du bonimenteur codifié et celle des disparus...
Victor dans ses oeuvres le 16 août 2015
Rrose Sélavy
- Dans un temple en stuc de pomme le pasteur distillait le suc des psaumes.
- Rrose Sélavy demande si les Fleurs du Mal ont modifié les mœurs du phalle : qu’en pense Omphale ?
- Voyageurs, portez des plumes de paon aux filles de Pampelune.
- La solution d’un sage est-elle la pollution d’un page ?
- Je vous aime, ô beaux hommes vêtus d’opossum. Question aux astronomes :
- Rrose Sélavy inscrira-t-elle longtemps au cadran des astres le cadastre des ans ?
- Ô mon crâne, étoile de nacre qui s’étiole.
- Au pays de Rrose Sélavy on aime les fous et les loups sans foi ni loi.
- Suivrez-vous Rrose Sélavy au pays des nombres décimaux où il n’y a décombres ni maux ?
- Rrose Sélavy se demande si la mort des saisons fait tomber un sort sur les maisons.
- Passez-moi mon arc berbère dit le monarque barbare.
- Les planètes tonnantes dans le ciel effrayent les cailles amoureuses des plantes étonnantes aux feuilles d’écaille cultivées par Rrose Sélavy.
- Rrose Sélavy connaît bien le marchand du sel. Épitaphe :
- Ne tourmentez plus Rrose Sélavy, car mon génie est énigme. Caron ne le déchiffre pas.
- Perdue sur la mer sans fin, Rrose Sélavy mangera-t-elle du fer après avoir mangé ses mains ?
- Aragon recueille in extremis l’âme d’Aramis sur un lit d’estragon.
- André Breton ne s’habille pas en mage pour combattre l’image de l’hydre du tonnerre qui brame sur un mode amer.
- Francis Picabia l’ami des castors Fut trop franc d’être un jour picador À Cassis en ses habits d’or.
- Rrose Sélavy voudrait bien savoir si l’amour, cette colle à mouches, rend plus dures les molles couches.
- Pourquoi votre incarnat est-il devenu si terne, petite fille, dans cet internat où votre œil se cerna ?
- Au virage de la course au rivage, voici le secours de Rrose Sélavy.
- Rrose Sélavy peut revêtir la bure du bagne, elle a une monture qui franchit les montagnes.
- Rrose Sélavy décerne la palme sans l’éclat du martyre à Lakmé bergère en Beauce figée dans le calme plat du métal appelé beauté.
- Croyez-vous que Rrose Sélavy connaisse ces jeux de fous qui mettent le feu aux joues ?
- Rrose Sélavy, c’est peut-être aussi ce jeune apache qui de la paume de sa main colle un pain a sa môme.
- Est-ce que la caresse des putains excuse la paresse des culs teints ?
- Le temps est un aigle agile dans un temple.
- Qu’arrivera-t-il si Rrose Sélavy, un soir de Noël, s’en va vers le piège de la neige et du pôle ?
- Ah ! meurs, amour !
- Quel hasard me fera découvrir entre mille l’ami plus fugitif que le lézard ?
- Un prêtre de Savoie déclare que le déchet des calices est marqué du cachet des délices : met-il de la malice dans ce match entre le ciel et lui ?
- Voici le cratère où le Missouri prend sa source et la cour de Sara son mystère.
- Nomades qui partez vers le nord, ne vous arrêtez pas au port pour vendre vos pommades.
- Dans le sommeil de Rrose Sélavy il y a un nain sorti d’un puits qui vient manger son pain, la nuit.
- Si le silence est d’or, Rrose Sélavy abaisse ses cils et s’endort.
- Debout sur la carène, le poète cherche une rime et croyez-vous, que Rrose Sélavy soit la reine du crime ?
- Au temps où les caravelles accostaient La Havane, les caravanes traversaient-elles Laval ? Question d’Orient :
- À Sainte Sophie, sur un siège de liège, s’assied la folie.
- Rrose Sélavy propose que la pourriture des passions devienne la nourriture des nations.
- Quelle est donc cette marée sans cause dont l’onde amère inonde l’âme acérée de Rrose ?
- Benjamin Péret ne prend jamais qu’un bain par an.
- Paul Éluard : le poète élu des draps. Épitaphe pour Apollinaire :
- Pleurez de nénies, géants et génies, au seuil du néant.
- Amoureux voyageurs sur la carte du tendre, pourquoi nourrir vos nuits d’une tarte de cendre ? Martyre de saint Sébastien :
- Mieux que ses seins, ses bas se tiennent.
- Rrose Sélavy a visité l’archipel où la reine Irène-sur-les-Flots de sa rame de frêne gouverne ses îlots.
- From Everest mountain I am falling down to your feet for ever, Mrs. Everling.
- André Breton serait-il déjà condamné à la tâche de tondre en enfer des chats d’ambre et de jade ?
- Rrose Sélavy vous engage à ne pas prendre les verrues des seins pour les vertus des saintes.
- Rrose Sélavy n’est pas persuadée que la culture du moi puisse amener la moiteur du cul.
- Rrose Sélavy s’étonne que de la contagion des reliques soit née de la religion catholique.
- Possédé d’un amour sans frein, le prêtre savoyard jette aux rocs son froc pour soulager ses reins. Devise de Rrose Sélavy
- Plus que poli pour être honnête Plus que poète pour être honni.
- Oubliez les paraboles absurdes pour écouter de Rrose Sélavy les sourdes paroles. Épiphanie :
- Dans la nuit fade les rêves accostent à la rade pour décharger les fèves.
- Au paradis des diamants les carats sont des amants et la spirale est en cristal.
- Les pommes de Rome ont pour les pages la saveur de la rage qu’y imprimèrent les dents des Mores.
- Lancez les fusées, les races à faces rusées sont usées !
- Rrose Sélavy proclame que le miel de sa cervelle est la merveille qui aigrit le fiel du ciel.
- Aux agapes de Rrose Sélavy on mange du pâté de pape dans une sauce couleur d’agate.
- Apprenez que la geste célèbre de Rrose Sélavy est inscrite dans l’algèbre céleste.
- Habitants de Sodome, au feu du ciel préférez le fiel de la queue.
- Tenez bien la rampe, rois et lois qui descendez à la cave sans lampe.
- Morts férus de morale, votre tribu attend-elle toujours un tribunal ?
- Rrose Sélavy affirme que la couleur des nègres est due au tropique du cancer.
- Beaux corps sur les billards, vous serez peaux sur les corbillards !
- Du palais des morts les malaises s’en vont par toutes les portes.
- Rocambole de son cor provoque le carnage, puis carambole du haut d’un roc et s’échappe à la nage.
- De cirrhose du foie meurt la foi du désir de Rrose.
- Amants tuberculeux, ayez des avantages phtisiques.
- Rrose Sélavy au seuil des cieux porte le deuil des dieux.
- Les orages ont pu passer sur Rrose Sélavy, c’est sans rage qu’elle atteint l’âge des oranges.
- Ce que Baron aime, c’est le bâillon sur l’arme !
- Les idées de Morise s’irisent d’un charme démodé.
- Simone dans le silence provoque le heurt des lances des démones.
- Les yeux des folles sont sans fard. Elles naviguent dans des yoles, sur le feu, pendant des yards, pendant des yards.
- Le mépris des chansons ouvre la prison des méchants.
- Le plaisir des morts, c’est de moisir à plat.
- Aimez, ô gens, Janine, la fleur d’hémérocalle est si câline.
- Sur quel pôle la banquise brise-t-elle le bateau des poètes en mille miettes ?
- Rrose Sélavy sait bien que le démon du remords ne peut mordre le monde.
- Rrose Sélavy nous révèle que le râle du monde est la ruse des rois mâles emportés par la ronde de la muse des mois. Dictionnaire La Rrose :
- Latinité — Les cinq nations latines. La Trinité — L’émanation des latrines.
- Nul ne connaîtrait la magie des boules sans la bougie des mâles.
- Dans un lac d’eau minérale Rrose Sélavy a noyé la câline morale.
- Rrose Sélavy glisse le cœur de Jésus dans le jeu des Crésus. Conseil aux catholiques :
- Attendez sagement le jour de la foi où la mort vous fera jouir de la faux.
- Au fond d’une mine Rrose Sélavy prépare la fin du monde.
- La jolie sœur disait : « Mon droit d’aînesse pour ton doigt, Ernest. »
- Cravan se hâte sur la rive et sa cravate joue dans le vent.
- Dans le ton rogue de Vaché il y avait des paroles qui se brisaient comme les vagues sur les rochers.
- Faites l’Aumône aux riches, puis sculptez dans la roche le simulacre de Simone. Question :
- Cancer mystique, chanteras-tu longtemps ton cantique au mystère ? Réponse :
- Ignores-tu que ta misère se pare comme une reine de la traîne de ce mystère ?
- La mort dans les flots est-elle le dernier mot des forts ?
- L’acte des sexes est l’axe des sectes.
- Le suaire et les ténèbres du globe sont plus suaves que la gloire.
- Frontières qui serpentez sur les cimes, vous n’entourez pas les cimetières abrités par nos fronts.
- Les caresses de demain nous révéleront-elles le carmin des déesses ?
- Le parfum des déesses berce la paresse des défunts.
- La milice des déesses se préoccupe peu des délices de la messe.
- À son trapèze Rrose Sélavy apaise la détresse des déesses.
- Les vestales de la Poésie vous prennent-elles pour des vessies, ô Pétales !
- Images de l’amour, poissons, vos baisers sans poison me feront-ils baisser les yeux ?
- Dans le pays de Rrose Sélavy les mâles font la guerre sur la mer. Les femelles ont la gale.
- À tout miché, pesez Ricord.
- Mots, êtes-vous des mythes et pareils aux myrtes des morts ?
- L’argot de Rrose Sélavy, n’est-ce pas l’art de transformer en cigognes les cygnes ?
- Les lois de nos désirs sont des dés sans loisir.
- Héritiers impatients, conduisez vos ascendants à la chambre des tonnerres.
- Je vis où tu vis, voyou dont le visage est le charme des voyages.
- Phalange des anges, aux angélus préférez les phallus.
- Connaissez-vous la jolie faune de la folie ? — Elle est jaune.
- Votre sang charrie-t-il des grelots au gré de vos sanglots ?
- La piété dans le dogme consiste-t-elle à prendre les dogues en pitié ?
- Le char de la chair ira-t-il loin sur ce chemin si long ?
- Qu’en pensent les cocus ? Recette culinaire : plutôt que Madeleine l’apotrophage, femmes ! imitez la vierge cornivore.
- Corbeaux qui déchiquetez le flanc des beaux corps quand éteindrez-vous les flambeaux ?
- Prométhée moi l’amour !
- Ô ris cocher des flots ! Auric, hochet des flots au ricochet des flots.
- L’espèce folles aime les fioles et les pièces fausses. Définition de la poésie pour :
- Louis Aragon : À la margelle des âmes écoutez les gammes jouer à la marelle.
- Benjamin Péret : Le ventre de chair est un centre de vair.
- Tristan Tzara : Quel plus grand outrage à la terre qu’un ouvrage de { verre } { vers } ? Qu’en dis-tu, ver de terre ?
- Max Ernst : La boule rouge bouge et roule.
- Max Morise : À figue dolente, digue affolante.
- Georges Auric : La portée des muses, n’est-ce pas la mort duvetée derrière la porte des musées ?
- Philippe Soupault : Les oies et les zébus sont les rois de ce rébus.
- Roger Vitrac : Il ne faut pas prendre le halo de la lune à l’eau pour le chant « allô » des poètes comme la lune.
- Georges Limbour : Pour les Normands le Nord ment.
- Francis Picabia : Les chiffres de bronze ne sont-ils que des bonzes de chiffes : j’ai tué l’autre prêtre, êtes-vous prête, Rrose Sélavy ?
- Marcel Duchamp : Sur le chemin, il y avait un bœuf bleu près d’un banc blanc. Expliquez-moi la raison des gants blancs, maintenant ?
- G. de Chirico : Vingt fois sur le métier remettez votre outrage.
- Quand donc appellerez-vous Prétéritions, Paul Éluard, les Répétitions ?
- Ô laps des sens, gage des années aux pensées sans langage.
- Fleuves! portez au Mont-de-Piété les miettes de pont.
- Les joues des fées se brûlent aux feux de joies.
- Le mystère est l’hystérie des mortes sous les orties.
- Dans le silence des cimes, Rrose Sélavy regarde en riant la science qui lime.
- Nos peines sont des peignes de givre dans des cheveux ivres.
- Femmes ! faux chevaux sous vos cheveux de feu.
- Dites les transes de la confusion et non pas les contusions de la France.
- De quelle plaine les reines de platine monteront-elles dans nos rétines ?
- La peur, c’est une hanche pure sous un granit ingrat.
- Les menteurs et les rhéteurs perdent leurs manches dans le vent rêche quand les regarde Man Ray.
- Si vous avez des peines de cœur, amoureux, n’ayez plus peur de la Seine.
- À cœur payant un rien vaut cible.
- Plus fait violeur que doux sens.
- Jeux de mots jets mous.
- Aimable souvent est sable mouvant.
Robert DESNOS Recueil : "Corps et biens"
L’auteur regrette ici de ne pouvoir citer le nom de l’initiateur à Rrose Sélavy sans se désobliger. Les esprits curieux pourront le déchiffrer au n°13.
Ce monde
Silence, accepter, se taire
Ne rien dire et voir ce monde
Trop affreux, trop violent
Non! Ne pas pouvoir se taire
Crier devant l'urgence
Mais ne pas vouloir juger
Pacifier toutes les âmes
Reconquérir tous les cœurs
Ne rien attendre, se lever
Et rester un doux parmi eux
Célébrer des louanges
Pour tous les hommes de paix
Accueillir sans restriction
Ces réfugiés problématiques
Le problème, celui qui restera
Partager ou refaire le monde
Monde qui change et nous ici
Des choix moraux qui s'imposent
La politique au sens exact du mot
Savoir gérer et le regard de l'autre
Victor dans ses oeuvres
La Chanson du Mal-aimé... EXTRAIT
à Paul Léautaud.
Et je chantais cette romance
En 1903 sans savoir
Que mon amour à la semblance
Du beau Phénix s'il meurt un soir
Le matin voit sa renaissance.
Un soir de demi-brume à Londres
Un voyou qui ressemblait à
Mon amour vint à ma rencontre
Et le regard qu'il me jeta
Me fit baisser les yeux de honte
Je suivis ce mauvais garçon
Qui sifflotait mains dans les poches
Nous semblions entre les maisons
Onde ouverte de la Mer Rouge
Lui les Hébreux moi Pharaon
Que tombent ces vagues de briques
Si tu ne fus pas bien aimée
Je suis le souverain d'Égypte
Sa soeur-épouse son armée
Si tu n'es pas l'amour unique
Au tournant d'une rue brûlant
De tous les feux de ses façades
Plaies du brouillard sanguinolent
Où se lamentaient les façades
Une femme lui ressemblant
C'était son regard d'inhumaine
La cicatrice à son cou nu
Sortit saoule d'une taverne
Au moment où je reconnus
La fausseté de l'amour même
Lorsqu'il fut de retour enfin
Dans sa patrie le sage Ulysse
Son vieux chien de lui se souvint
Près d'un tapis de haute lisse
Sa femme attendait qu'il revînt
L'époux royal de Sacontale
Las de vaincre se réjouit
Quand il la retrouva plus pâle
D'attente et d'amour yeux pâlis
Caressant sa gazelle mâle
J'ai pensé à ces rois heureux
Lorsque le faux amour et celle
Dont je suis encore amoureux
Heurtant leurs ombres infidèles
Me rendirent si malheureux
Regrets sur quoi l'enfer se fonde
Qu'un ciel d'oubli s'ouvre à mes voeux
Pour son baiser les rois du monde
Seraient morts les pauvres fameux
Pour elle eussent vendu leur ombre
J'ai hiverné dans mon passé
Revienne le soleil de Pâques
Pour chauffer un coeur plus glacé
Que les quarante de Sébaste
Moins que ma vie martyrisés
Mon beau navire ô ma mémoire
Avons-nous assez navigué
Dans une onde mauvaise à boire
Avons-nous assez divagué
De la belle aube au triste soir
Adieu faux amour confondu
Avec la femme qui s'éloigne
Avec celle que j'ai perdue
L'année dernière en Allemagne
Et que je ne reverrai plus
Voie lactée ô soeur lumineuse
Des blancs ruisseaux de Chanaan
Et des corps blancs des amoureuses
Nageurs morts suivrons-nous d'ahan
Ton cours vers d'autres nébuleuses
Je me souviens d'une autre année
C'était l'aube d'un jour d'avril
J'ai chanté ma joie bien-aimée
Chanté l'amour à voix virile
Au moment d'amour de l'année
Guillaume Apollinaire
En réponses aux attentats d'hier
un texte que j'ai réécrit pour ce jour de deuil
Fragiles 2ième
Pauvre colombe! On a dit tellement
De choses sur elle, depuis longtemps
Qu'on allait la tuer parce qu'elle gène
Et qu'elle avait pris du plomb dans l'aile
Certains disaient ce n'est pas la balle
Qui arrête le vol dans le ciel de l'oiseau
Mais l'oiseau qui stoppe alors la balle
Et tombe de là-haut du ciel tout bleu
Je n'imagine pas une colombe armée
Ni un agneau qui se bat, contre les loups
Ce sont les loups qui gagnent toujours
Pourtant j'ai de la tendresse pour le fragile
La tragédie de ce monde elle serait
De voir disparaitre toutes les choses fragiles
Où de savoir que les lions et les éléphants
Ils ne sont plus là et cela pour toujours
Oui il existe bien de ça et de là
De ces choses encore toutes fragiles
D’une confiance qui reste admirable
De celle, donnée à l’autre dans monde cruel
Il convient bien ! Je vous le dis messieurs dames
De protéger en soi-même ce petit rien d’humanité
D'une manière de rester un non violent actif
Et de rester un tendre, un poète ; un sage
Aujourd'hui, et cela je sais bien aussi
Il y a de ces hommes et de ces femmes
Qui rêvent toujours de paix, d'amour
Et qui ont tous confiance en l’autre
Dans un monde où les loups carnassiers
Et les moutons trop délicats, ils coexistent
Je sais de ces grande baleines encore libres
Qui sont les maitresses des océans lointains

Je suis parisien
Je reste ce baba-cool, un parisien
Je suis un tendre, un pacifiste non-violent
Et là, je vis mal ces temps de haine
Cette parano ? C'est bien la dure réalité !
Y aurait-il des terroristes, ici ou là ?
Je sais des guerres, toutes sans vraie raison
Je sais aussi des raisons pour nous aimer
Se battre ? Certes ! Oui! Mais contre quoi ?
Je me rappelle de mes lointaines années 70
Où les guerres, elles étaient la réalité vécue
Non ! Moi ! Je ne suis pas un ancien militaire
Etre humain et rester l'ancien combattant
Celui de toutes les guerres de temps violents
Car cette parano, elle suppose une réponse
Primo! Ne pas faire un ennemi de son voisin
Mais essayer de vivre avec lui tout le danger
Un vieux, et un nouvel an...
Un vieillard en bout de course qui attendait
Il attendait le jeune enfant qui le remplacerait
Il avait fait son temps entre tracas et attentes
Et même, il y avait eu des choses pas marrantes
Dans sa jeunesse, il vit mourir douze journalistes
Puis dans sa vieillesse ce furent des terroristes
Il eut très chaud pendant la canicule de juillet
Tandis qu'un mois de décembre qui restait douillet
Il y avait quelques uns qui espéraient un travail
Tandis que d'autres avançaient dans la mitraille
Un état se créait là-bas avec des morts et de la folie
Tandis que d'autres, nous parlaient de climat et d'écologie
Non ! Je ne savais où donner de la tête, deux mille quinze finit
Que sera ce jeune enfant qui vient ? C'est encore un défit
C'est une année qui meurt et cette nouvelle année qui nait
Demain reste demain, je sais la vie, celle qui me prenait
Je sais bien ce jour qui vient, je sais aussi le jour qui passe
J'ignore ce qui nait là, tout ce qui maintenant trépasse
Une bonne et heureuse année en deux-mille seize à vous tous
Moi! J'espère encore! Demain! Je le sais, il est aussi à nous
Victor dans ses œuvres 30 décembre 2015
Des chevaux
Un cheval à bascule, c'est un jouet pour les enfants , qui permet de se balancer
Un cheval Alezan, c'est un cheval très commun d'une couleur brun-roux
Un cheval blanc, c'est le nom que se donne une auberge dans une opérette
Un cheval bleu ? Oui! ça existe dans les peintures impressionnistes de Gauguin
Un cheval d'Arçon, c'est un cheval où les gymnastes s'entrainent dessus
Un cheval de Bât, c'est un lourd cheval destiné à tirer une charrue ou une charge lourde
Un cheval de bois, c'est une jouet que l'on donnait aux petits garçon autrefois
Un cheval de cirque, c'est un cheval qui tourne avec une jolie cavalière équilibriste
Un cheval de course, c'est un cheval qui court très vite pour arriver
Un cheval de fer, c'est une locomotive dans la prairie et qui fait fuir les bisons
Un cheval de frise, c'est une défense dans une tranchée, il est fait de fils de fers barbelé
Un cheval de guerre, c'est un cheval de naguère, il portait les chevaliers d'un roi
Un cheval de manège, c'est un cheval que l'on éduque à faire des pas très compliqués
Un cheval de mer, c'est un poisson nommé l'hippocampe, avec le haut en forme de cheval
Un cheval de monte, c'est un gentil cheval qui obéit docilement à sa jolie cavalière
Un cheval de parade, c'est un cheval bien éduqué, du genre haute école ou basse école
Un cheval de pelleur, c'est un cheval qui est utilisé dans les Ardennes par les écorceur de chênes
Un cheval de race, c'est un cheval étalon qui perpétue sa lignée selon, des critères établis
Un cheval de retour, c'est un cheval ou un humain qui a souffert et qui a aussi beaucoup vécu
Un cheval de rivière, c'est le nom latin de l'hippopotame, un lourdaud qui vit dans l'eau des rivières
Un cheval de selle, c'est un cheval monté par un cavalier, soit pour le sport ou soit pour le plaisir
Un cheval de terre, c'est un lourd cheval comme le percheron d'avant les tracteurs automobiles
Un cheval de trait, c'est un cheval qui trace des sillons très droits dans les champs en automne
Un cheval de Troie, C'est une vieux stratagème antique ou un virus qui contourne votre pare feux
Un cheval fiscal c'est un cheval fictif et normatif qu'on impose à des taux fixes de TVA
Un cheval noir c'est Tornado, le cheval de Don Diego de la Vegas ou bien Zorro
Un cheval vapeur c'est un cheval mécanique sous le capot des voitures automobiles
Un cheval vert ? Non! ça n'existe pas ou c'est sans doute un concept d'écologiste
Victor dans ses œuvres 29 janvier 2016
Milly ou la terre natale (I)
Pourquoi le prononcer ce nom de la patrie ?
Dans son brillant exil mon cœur en a frémi ;
Il résonne de loin dans mon âme attendrie,
Comme les pas connus ou la voix d'un ami.
Montagnes que voilait le brouillard de l'automne,
Vallons que tapissait le givre du matin,
Saules dont l'émondeur effeuillait la couronne,
Vieilles tours que le soir dorait dans le lointain,
Murs noircis par les ans, coteaux, sentier rapide,
Fontaine où les pasteurs accroupis tour à tour
Attendaient goutte à goutte une eau rare et limpide,
Et, leur urne à la main, s'entretenaient du jour,
Chaumière où du foyer étincelait la flamme,
Toit que le pèlerin aimait à voir fumer,
Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?...
Une petite mise à jour encore toute personnelle,
pour cet époque de communication très cruelle
je dirais en voyant tous les portable connectés
Objets communicants, sans vraie joie, ni humanité
Objets connectés auriez-vous donc aussi une âme ?
Cela quand on connait toute la force dans un seul mot
Il n' y a dans ce petit rien vécu comme un vrai grand drame
Toute la confiance donnée ou sa version rabougrie plutôt
Alphonse de Lamartine dix neuvième siècle, rajout 7 mars 2016
Blaise Cendrars Pâques à New York
à Agnès
Fléchis tes branches, arbre géant, relâche un
peu la tension des viscères,
Et que ta rigueur naturelle s’alentisse,
N’écartèle pas si rudement les membres du Roi
supérieur…
Fortunat
(traduction Rémy de Gourmont, Le Latin Mystique.)
[Flecte ramos, arbor alta, tensa laxa viscera
Et rigor lentescat ille quem dedit nativitas
Ut superni membra Regis miti tendas stipite …
Fortunat, Pange lingua.]
Seigneur, c’est aujourd’hui le jour de votre Nom,
J’ai lu dans un vieux livre la geste de votre Passion,
Et votre angoisse et vos efforts et vos bonnes paroles
Qui pleurent dans le livre, doucement monotones.
Un moine d’un vieux temps me parle de votre mort.
Il traçait votre histoire avec des lettres d’or
Dans un missel, posé sur ses genoux.
Il travaillait pieusement en s’inspirant de Vous.
À l’abri de l’autel, assis dans sa robe blanche,
il travaillait lentement du lundi au dimanche.
Les heures s’arrêtaient au seuil de son retrait.
Lui, s’oubliait, penché sur votre portrait.
À vêpres, quand les cloches psalmodiaient dans la tour,
Le bon frère ne savait si c’était son amour
Ou si c’était le Vôtre, Seigneur, ou votre Père
Qui battait à grands coups les portes du monastère.
Je suis comme ce bon moine, ce soir, je suis inquiet.
Dans la chambre à côté, un être triste et muet
Attend derrière la porte, attend que je l’appelle!
C’est Vous, c’est Dieu, c’est moi, — c’est l’Éternel.
Je ne Vous ai pas connu alors, — ni maintenant.
Je n’ai jamais prié quand j’étais un petit enfant.
Ce soir pourtant je pense à Vous avec effroi.
Mon âme est une veuve en deuil au pied de votre Croix;
Mon âme est une veuve en noir, — c’est votre Mère
Sans larme et sans espoir, comme l’a peinte Carrière.
Je connais tous les Christs qui pendent dans les musées;
Mais Vous marchez, Seigneur, ce soir à mes côtés.
Je descends à grands pas vers le bas de la ville,
Le dos voûté, le cœur ridé, l’esprit fébrile.
Votre flanc grand-ouvert est comme un grand soleil
Et vos mains tout autour palpitent d’étincelles.
Les vitres des maisons sont toutes pleines de sang
Et les femmes, derrière, sont comme des fleurs de sang,
D’étranges mauvaises fleurs flétries, des orchidées,
Calices renversés ouverts sous vos trois plaies.
Votre sang recueilli, elles ne l’ont jamais bu.
Elles ont du rouge aux lèvres et des dentelles au cul.
Les fleurs de la Passion sont blanches, comme des cierges,
Ce sont les plus douces fleurs au Jardin de la Bonne Vierge.
C’est à cette heure-ci, c’est vers la neuvième heure,
Que votre Tête, Seigneur, tomba sur votre Cœur.
Je suis assis au bord de l’océan
Et je me remémore un cantique allemand,
Où il est dit, avec des mots très doux, très simples, très purs,
La beauté de votre Face dans la torture.
Dans une église, à Sienne, dans un caveau,
J’ai vu la même Face, au mur, sous un rideau.
Et dans un ermitage, à Bourrié-Wladislasz,
Elle est bossuée d’or dans une châsse.
De troubles cabochons sont à la place des yeux
Et des paysans baisent à genoux Vos yeux.
Sur le mouchoir de Véronique Elle est empreinte
Et c’est pourquoi Sainte Véronique est Votre sainte.
C’est la meilleure relique promenée par les champs,
Elle guérit tous les malades, tous les méchants.
Elle fait encore mille et mille autres miracles,
Mais je n’ai jamais assisté à ce spectacle.
Peut-être que la foi me manque, Seigneur, et la bonté
Pour voir ce rayonnement de votre Beauté.
Pourtant, Seigneur, j’ai fait un périlleux voyage
Pour contempler dans un béryl l’intaille de votre image.
Faites, Seigneur, que mon visage appuyé dans les mains
Y laisse tomber le masque d’angoisse qui m’étreint.
Faites, Seigneur, que mes deux mains appuyées sur ma bouche
N’y lèchent pas l’écume d’un désespoir farouche.
Je suis triste et malade. Peut-être à cause de Vous,
Peut-être à cause d’un autre. Peut-être à cause de Vous.
Seigneur, la foule des pauvres pour qui vous fîtes le Sacrifice
Est ici, parquée, tassée, comme du bétail, dans les hospices.
D’immenses bateaux noirs viennent des horizons
Et les débarquent, pêle-mêle, sur les pontons.
Il y a des Italiens, des Grecs, des Espagnols,
Des Russes, des Bulgares, des Persans, des Mongols.
Ce sont des bêtes de cirque qui sautent les méridiens.
On leur jette un morceau de viande noire, comme à des chiens.
C’est leur bonheur à eux que cette sale pitance.
Seigneur, ayez pitié des peuples en souffrance.
Seigneur dans les ghettos grouille la tourbe des Juifs
Ils viennent de Pologne et sont tous fugitifs.
Je le sais bien, ils t’ont fait ton Procès;
Mais je t’assure, ils ne sont pas tout à fait mauvais.
Ils sont dans des boutiques sous des lampes de cuivre,
Vendent des vieux habits, des armes et des livres.
Rembrandt aimait beaucoup les peindre dans leurs défroques.
Moi, j’ai, ce soir, marchandé un microscope.
Hélas! Seigneur, Vous ne serez plus là, après Pâques!
Seigneur, ayez pitié des Juifs dans les baraques.
Seigneur, les humbles femmes qui vous accompagnèrent à Golgotha,
Se cachent. Au fond des bouges, sur d’immondes sofas,
Elles sont polluées par la misère des hommes.
Des chiens leur ont rongé les os, et dans le rhum
Elles cachent leur vice endurci qui s’écaille.
Seigneur, quand une de ces femmes me parle, je défaille.
Je voudrais être Vous pour aimer les prostituées.
Seigneur, ayez pitié des prostituées.
Seigneur, je suis dans le quartier des bons voleurs,
Des vagabonds, des va-nu-pieds, des recéleurs.
Je pense aux deux larrons qui étaient avec vous à la Potence,
Je sais que vous daignez sourire à leur malchance.
Seigneur, l’un voudrait une corde avec un nœud au bout,
Mais ça n’est pas gratis, la corde, ça coûte vingt sous.
Il raisonnait comme un philosophe, ce vieux bandit.
Je lui ai donné de l’opium pour qu’il aille plus vite en paradis.
Je pense aussi aux musiciens des rues,
Au violoniste aveugle, au manchot qui tourne l’orgue de Barbarie,
À la chanteuse au chapeau de paille avec des roses de papier;
Je sais que ce sont eux qui chantent durant l’éternité.
Seigneur, faites-leur l’aumône, autre que de la lueur des becs de gaz,
Seigneur, faites-leur l’aumône de gros sous ici-bas.
Seigneur, quand vous mourûtes, le rideau se fendit,
Ce que l’on vit derrière, personne ne l’a dit.
La rue est dans la nuit comme une déchirure,
Pleine d’or et de sang, de feu et d’épluchures.
Ceux que vous aviez chassés du temple avec votre fouet,
Flagellent les passants d’une poignée de méfaits.
L’Étoile qui disparut alors du tabernacle,
Brûle sur les murs dans la lumière crue des spectacles.
Seigneur, la Banque illuminée est comme un coffre-fort,
Où s’est coagulé le Sang de votre mort.
Les rues se font désertes et deviennent plus noires.
Je chancelle comme un homme ivre sur les trottoirs.
J’ai peur des grands pans d’ombre que les maisons projettent.
J’ai peur. Quelqu’un me suit. Je n’ose tourner la tête.
Un pas clopin-clopant saute de plus en plus près.
J’ai peur. J’ai le vertige. Et je m’arrête exprès.
Un effroyable drôle m’a jeté un regard
Aigu, puis a passé, mauvais, comme un poignard.
Seigneur, rien n’a changé depuis que vous n’êtes plus Roi.
Le Mal s’est fait une béquille de votre Croix.
Je descends les mauvaises marches d’un café
Et me voici, assis, devant un verre de thé.
Je suis chez des Chinois, qui comme avec le dos
Sourient, se penchent et sont polis comme des magots.
La boutique est petite, badigeonnée de rouge
Et de curieux chromos sont encadrés dans du bambou.
Ho-Kousaï a peint les cent aspects d’une montagne.
Que serait votre Face peinte par un Chinois ? ..
Cette dernière idée, Seigneur, m’a d’abord fait sourire.
Je vous voyais en raccourci dans votre martyre.
Mais le peintre, pourtant, aurait peint votre tourment
Avec plus de cruauté que nos peintres d’Occident.
Des lames contournées auraient scié vos chairs,
Des pinces et des peignes auraient strié vos nerfs,
On vous aurait passé le col dans un carcan,
On vous aurait arraché les ongles et les dents,
D’immenses dragons noirs se seraient jetés sur Vous,
Et vous auraient soufflé des flammes dans le cou,
On vous aurait arraché la langue et les yeux,
On vous aurait empalé sur un pieu.
Ainsi, Seigneur, vous auriez souffert toute l’infamie,
Car il n’y a pas de plus cruelle posture.
Ensuite, on vous aurait forjeté aux pourceaux
Qui vous auraient rongé le ventre et les boyaux.
Je suis seul à présent, les autres sont sortis,
Je me suis étendu sur un banc contre le mur.
J’aurais voulu entrer, Seigneur, dans une église;
Mais il n’y a pas de cloches, Seigneur, dans cette ville.
Je pense aux cloches tues: — où sont les cloches anciennes?
Où sont les litanies et les douces antiennes?
Où sont les longs offices et où les beaux cantiques?
Où sont les liturgies et les musiques?
Où sont tes fiers prélats, Seigneur, où tes nonnains?
Où l’aube blanche, l’amict des Saintes et des Saints?
La joie du Paradis se noie dans la poussière,
Les feux mystiques ne rutilent plus dans les verrières.
L’aube tarde à venir, et dans le bouge étroit
Des ombres crucifiées agonisent aux parois.
C’est comme un Golgotha de nuit dans un miroir
Que l’on voit trembloter en rouge sur du noir.
La fumée, sous la lampe, est comme un linge déteint
Qui tourne, entortillé, tout autour de vos reins.
Par au-dessus, la lampe pâle est suspendue,
Comme votre Tête, triste et morte et exsangue.
Des reflets insolites palpitent sur les vitres…
J’ai peur, — et je suis triste, Seigneur, d’être si triste.
« Dic nobis, Maria, quid vidisti in via? »
– La lumière frissonner, humble dans le matin.
- Dic nobis, Maria, quid vidisti in via? » – Des blancheurs éperdues palpiter comme des mains.
« Dic nobis, Maria, quid vidisti in via? »
– L’augure du printemps tressaillir dans mon sein.
Seigneur, l’aube a glissé froide comme un suaire
Et a mis tout à nu les gratte-ciel dans les airs.
Déjà un bruit immense retentit sur la ville.
Déjà les trains bondissent, grondent et défilent.
Les métropolitains roulent et tonnent sous terre.
Les ponts sont secoués par les chemins de fer.
La cité tremble. Des cris, du feu et des fumées,
Des sirènes à vapeur rauques comme des huées.
Une foule enfiévrée par les sueurs de l’or
Se bouscule et s’engouffre dans de longs corridors.
Trouble, dans le fouillis empanaché des toits,
Le soleil, c’est votre Face souillée par les crachats.
Seigneur, je rentre fatigué, seul et très morne …
Ma chambre est nue comme un tombeau …
Seigneur, je suis tout seul et j’ai la fièvre …
Mon lit est froid comme un cercueil …
Seigneur, je ferme les yeux et je claque des dents …
Je suis trop seul. J’ai froid. Je vous appelle …
Cent mille toupies tournoient devant mes yeux …
Non, cent mille femmes … Non, cent mille violoncelles …
Je pense, Seigneur, à mes heures malheureuses …
Je pense, Seigneur, à mes heures en allées …
Je ne pense plus à vous. Je ne pense plus à vous.
New York, avril 1912
Noé
Ce soir c'est le Déluge,
Le dernier, le plus beau.
C'est la vraie fin du Monde
On a fait un bateau.
On a pris des vermines
Un peu malgré nous,
Il ne sauve rien,
Celui qui ne sauve pas tout...
Noé, Noé, Noé...
On a pris des lentilles,
On a pris des bijoux.
On aimait ce qui brille
La nuit et qui rend fou.
On a pris l'éléphant
Et ses deux dernières dents,
Dernier éléphant
Premier million de cure dents.
Noé, Noé, Noé...
Pourquoi t'es pas sur le bateau ?
Noé, Noé,
Pourquoi t'as troué la voile
Et le drapeau ?
On a pris les castors,
On a pris les oiseaux...
Et toutes les fourrures
Pour nous faire des manteaux.
On s'est dit: les poissons
Ils resteront dans l'eau.
Comment mettre une baleine
Tout au fond d'un bateau ?
Noé, Noé, Noé...
On a pris des gazelles
Et même des manchots,
Un couple d'hirondelles
Des putois, des blaireaux.
Comme il faisait froid
Tout au fond du bateau,
On a pris des menteurs
Pour dire qu'il fait chaud...
Noé, Noé, Noé...
Pourqoi t'es pas sur le bateau ?
Noé, Noé,
Pourquoi t'as troué la voile
Et le drapeau ?
Comme on avait compris
Qu'on aurait pas de journaux,
On a pris des mannequins
Pas trop maigres et très beaux,
Des tonnes de maquillage
De dentelles, de maillots
Pour faire face à la plage
Quand il referait beau...
Noé, Noé, Noé...
On a pris des punaises
Pour les posters de Dieu,
Ces rêves de camionneur
Qui nous pincent le cœur.
Ce soir, c'est le Déluge,
Le dernier, le plus beau.
C'est la vraie fin du Monde.
On a fait un bateau...
Noé, Noé, Noé...
Pourquoi t'es pas sur le bateau ?
Noé, Noé,
Pourquoi t'as troué la voile
Et le drapeau ?
Julien Clerc 1992
L'ami zantrop
Moi j’connais un ami il s’appelle Alceste
C"est son nom Alceste
Nous, on l’appel’ Zantrop c’est not’ ami Zantrop
Bonjour l’ami Zantrop
Quand il est à St Trop il vit comme un ascète i’
sort jamais là-bas
Mais quand il est à Sète i’ vit comme à St Trop
Toute la nuit i’ sort
Il fait le tour des boîtes où l’on boit et l’on danse
Y’en a plusieurs à Sète
Il cherche Célimène sa doudou fiancée A vu
Célimène? pas là
A la fin il l’a trouve il lui dit ce qu’il pense L’est
pas content tu sais
Il dit fuyons ces boites de laids qu’ont dansé
Ah! parce que c’est son mot ça
Parce que lui il dit que ceux
Qui dansent dans ces boît’ i’ sont affreux
Et quand ils s’arrêtent de danser
Il dit c’est des boîtes de laids qu’on dansé
Et voilà! ça fait rigoler
Ah la la! Oh bon pas trop
Mais lui il est en colère
Et il dit en grincant des molières
Non je ne puis souffrir cette lâche méthode Ah il
aim’ pas
Qu’affectent la plupart de vos gens à la mode II
aim’ pas la mode
Et je ne hais rien tant que les contorsions Il aime
pas le jerk
De tous vos grands fasieurs de protestations ll
aime pas du tout
Viens viens ma Célimène! Ah viens viens je
t’amène Allez viens va
Laisses ces sapajous faire ensemble joujou lls
dansent le jerk
Toutes leurs flatteries et leur cajoleries Avec les
mains
C’est rien que du chiquet et de la crot’ de biquet
Ah ça c’est son mot encore
Parce que lui il pense pour l’amour
Pas besoin de faire des manières
Lui tout de suite allez : "Boum Boum"
Et voilà c’est pas compliqué
Mais Célimène c’est pas ça du tout
Elle veut pas tout de suite "Boum Boum"
Pas que ell’ c’est un’ grand coquette
Et puis d’ailleurs tu vas voir
Mais notre Célimène dit pas toujours Amen, non
Oh non
Au contraire bien souvent elle dit Ah mais non
C’est vrai ça
"Moi j’aime conversation de garçon plus amen
Amen signitie doux
Puis j’suis pas cendrillon je rent’ pas à minuit
Si tu crois qu’en amour y a pas besoin de hors
d’œuvre
Vas donc chercher ailleurs qui peut faire ton
bonheur
Pour gagner une guerre il faut faire des manœuvres
Mets du miel sur ton piège pour attraper mon
cœur"
Eh bien voilà! Tout ça c’est de la diatribe...
Elle est comme ça Célimène...
Elle aime avoir beaucoup d’amoureux
Qui font "Nanana" des manières
Oh oui mais tout ça c’est bien triste
Et ça donne envie de partir
"Et chercher sur la terre un endroit écarté
Où d’être homme d’honneur on ait la liberté"
Comme il a dit un copain à moi
Seulement voilà y en a pas
Tout est loué depuis Pâques
Alors qu’est-ce que tu veux faire?
chanson de Bobby Lapointe 1964
Le monologue d'Hamlet (French)
Être, ou ne pas être, c’est là la question. Y a-t-il plus de noblesse d’âme à subir la fronde et les flèches de la fortune outrageante, ou bien à s’armer contre une mer de douleurs et à l’arrêter par une révolte? Mourir.., dormir, rien de plus... et dire que par ce sommeil nous mettons fin aux maux du cœur et aux mille tortures naturelles qui sont le legs de la chair: c’est là un dénouement qu’on doit souhaiter avec ferveur. Mourir.., dormir, dormir! peut-être rêver! Oui, là est l’embarras. Car quels rêves peut-il nous venir dans ce sommeil de la mort, quand nous sommes débarrassés de l’étreinte de cette vie ? Voilà qui doit nous arrêter. C’est cette réflexion-là qui nous vaut la calamité d’une si longue existence. Qui, en effet, voudrait supporter les flagellations et les dédains du monde, l’injure de l’oppresseur, l’humiliation de la pauvreté, les angoisses de l’amour méprisé, les lenteurs de la loi, l’insolence du pouvoir, et les rebuffades que le mérite résigné reçoit d’hommes indignes, s’il pouvait en être quitte avec un simple poinçon? Qui voudrait porter ces fardeaux, grogner et suer sous une vie accablante, si la crainte de quelque chose après la mort, de cette région inexplorée, d’où nul voyageur ne revient, ne troublait la volonté, et ne nous faisait supporter les maux que nous avons par peur de nous lancer dans ceux que nous ne connaissons pas? Ainsi la conscience fait de nous tous des lâches; ainsi les couleurs natives de la résolution blêmissent sous les pâles reflets de la pensée; ainsi les entreprises les plus énergiques et les plus importantes se détournent de leur cours, à cette idée, et perdent le nom d’action... Doucement, maintenant! Voici la belle Ophélia... Nymphe, dans tes oraisons souviens-toi de tous mes péchés.
Traduction François Victor Hugo
Monologue du cocu électoral
Faire ou ne pas faire? Cest là, le doute ! Y-a-t-il plus rentable que de subir une grève et des affronts dans la rue ou bien manifester contre le monde du travail pour se battre pour un programme et un vote ? Elire! Voter! Gouverner! Rien de plus et dire que par cette élection nous mettons fin à toutes les contestations et aux mille doutes qu'expriment les électeurs qui sont ces électeurs fidèles, C'est là un résultat électoral que l'on doit attendre... Elire ! Voter! Voter! Oui Peut être, être satisfaits de notre vote, Oui là est le problème! Car quels programme peux nous venir de ce vote, de cette élection quand nous avons consciemment mis notre bulletin dans l'urne? Voilà qui devrait nous faire douter, cette réflexion là qui nous vaut la grand incertitude en politique. C'est ce sondage électoral, tout personnel qui nous vaut des politiques incompétents depuis trente ans... Quel électeur raisonnable pourrait supporter les mensonges, les trahisons de nos politiques, la non représentativité, la morgue du pouvoir, l'humiliation de lois injustes, les angoisses du dépit électoral, les lois qui défont les acquis, l'insolence de notre premier ministre et toutes les manifestations contre des lois idiotes, si elle voulaient être acceptée avec un 49.3. Qui voudrait maintenant gouverner, faire face aux contestataires dans des votes très serrés, si la crainte du chaos et du FN venus du fond des âges où nul électeur n'a jamais su si on se souvient d'un dur passé... Ainsi les choix électoraux font de nous tous des incertains devant le vote et nous subissons des sondages qui ne nous représentent pas, et les vieille fictions de la politique disparaissent dans les illusion électorales, ainsi les programmes les plus socialistes se droitisent sous les effets des sondages, à ces concept politiques et perdent l'idée de changement... Dur! Dur! la vie maintenant! Voici le beau candidat... Rêveur insoumis souviens toi de tous tes doutes
William Shakespeare 1656 ... Victor Paris le 8 juin 2016....
Demain qui vient
Il arrive ce grand inconnu
Celui-là dont on parle toujours
Entre ce qui nous est établi
Et tout ce qui devrait être aussi
Prenez! Prenez le temps de vivre
Avant qu'il ne vous échappe
Dans le grand bazar des vies
Hier est passé, demain arrive
Y aurait-il un lendemain ?
De ceux qui viennent ici
en vous surprenant encore
Demain est un autre jour
Les pendules qui rigolent
Entre dix heure moins dix minutes
Et dix heures passé de dix minutes
Les aiguilles qui montrent
Ma montre indocile avance
Incorrigible donneuse d'heures
Et la demie heure de retard
A la pendule du sans vrais soucis
Le matin, le temps qui passe
Le soleil qui est déjà levé plus tôt
Mon envie, faire la grasse matinée
le Soleil , gérant de nos horloges
Se battre contre un rien du tout
Cette chose où l'on voit encore
Les rides de la vie et l'entropie
une idée de notre propre sculpture
La montre qui mesure le temps
Parfois je la sais, un temps provisoire
Que je compare aux autres temps
Avec parfois des petits décalages
Victor dans ses oeuvres le 19 août 2016
La Poule aux œufs d'or
L'avarice perd tout en voulant tout gagner.
Je ne veux, pour le témoigner,
Que celui dont la Poule, à ce que dit la Fable,
Pondait tous les jours un œuf d'or.
Il crut que dans son corps elle avait un trésor.
Il la tua, l'ouvrit, et la trouva semblable
A celles dont les œufs ne lui rapportaient rien,
S'étant lui-même ôté le plus beau de son bien.
Belle leçon pour les gens chiches :
Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus
Qui du soir au matin sont pauvres devenus
Pour vouloir trop tôt être riches ?
Jean de La Fontaine... Les Fables
