Bonjour tout le monde,
J'écris en ce moment une BD de sf traitant notamment de l'eugénisme. Je souhaite étayer cela de maniére la plus crédible possible, j'ai donc plusieurs questions a vous soumettre:
1/ Le génie génétique pourrait il permettre de reprogrammer le génome humain en y injectant de l'adn animal? Et si oui, trés vulgairement, comment cela se déroulerait il? Devrait on obligatoirement opérer les transformations au stade embryonnaire?
2/ La thérapie génique pourrait elle reprogrammer entiérement un génome, ou y-a t'il une base de génes totalement verrouillés a la naissance? Peut on envisager qu'avec les compétences nécessaires, on puisse transformer profondément les capacités ou le physique d'un être vivant?
3/ Les flux émis par l'homme seraient pour moi un bon point d'appui pour développer des capacités surnaturelles dans le récit. J'ai pu lire sur ce forum que l'homme émettait entre autre émission thermique infrarouge, radioactivité, champ électrique et électromagnétiques.
Par quoi ces flux sont ils limités? Pourrait-on admettre qu'un homme génétiquement modifié puisse amplifier par exemple sa radioactivité, son magnétisme, etc... l'espace d'un instant?
4/ Que pensez vous de la théorie de Rupert Sheldrake sur les champs morphiques?
Merci a tout le monde!
Voilà un beau sujet pas facile à traiter... Il y a là, derrière ces concepts tout un monde, celui de la médecine, celui du pouvoir médical et voire de la politique... Concernant le concept de Génome c'est assez difficile de comparer un génome humain avec des animaux... Dans les gènes qui interviennent il y a un pool de gènes qui se combinent, et se renforcent ou se neutralisent, sans qu'il n'y ait qu'un seul gène... Il ne faut pas croire que dupliquer un seul gène donne la fonction... La frontière entre espèces existe, il y a des gènes animaux qui sur un humain auront des comportements différents... Concernant les gènes extra humains parait il que le génome humain comprends 30% de gènes de virus qui se sont intégrés au patrimoine génétique... Concernant le copier-coller de gènes ça reste de la SF, la génétique c'est plus compliquée
La crédibilité d'un récit, tu ne l'acquières pas forcément avec l'aval de la "science". C'est une histoire. Toute histoire a sa part de fable. La crédibilité, ou la vraisemblance, c'est aussi à toi, de la trouver via la dramaturgie et la rhétorique. A la limite, tu peux dire n'importe quoi. La Sf répond à un fantasme de la science. Ce n'est pas une revue des possibilités ou des conjectures sur ce qui sera possible un jour ou non. La science c'est souvent trompée et on montrerait notre monde tel qu'il est actuellement aux plus brillants savants d'autrefois qu'ils n'y croiraient pas. Là où il faut être crédible, c'est dans la manière d'introduire les évènements, moins ce que tu dis. Tu peux dire qu'un savant a inventé un générateur à particules ionisées pour faire rouler les voitures (ce qui ne veut rien dire), c'est le lecteur qu'il faut convaincre. Si tu dis qu'il l'a découvert en jouant aux mots croisés... ça parait là peut crédible. C'est le contexte qui compte, l'art de reproduire des codes qu'on retrouve dans la vie et déjà dans des histoires, qui vont faire qu'on va y croire.
Alors, évidemment, il ne faut pas tomber non plus dans le n'importe quoi, surtout si tu veux prendre des références et si tu veux réellement poser la question de l'eugénsisme. Mais à mon avis, ce qu'on pourra te répondre ici ne doit pas te servir pour gagner en crédibilité scientifique, mais au contraire pour comprendre quelques généralités, affirmer même pourquoi pas un point de vue contraire à ce qui est possible. Dire "moi j'y crois ou je veux y croire parce que ça enrichie mon histoire, et ça répond à une inquiétude du lecteur avec laquelle je veux jouer". Ça peut t'être outil pour te nourrir et trouver d'autres idées.Tout est possible. Mais si tu pars en voulant faire quelque chose de crédible, tu pars d'ores et déjà perdant parce qu'il y aura toujours des erreurs ou des malins qui remettront en doute ce que tu illustres dans ton récit (il n'y a pas consensus sur tout). Sans compter et c'est ça qui est sans doute le plus important, qu'une des règles essentielles du récit, c'est de ne pas expliquer (ou avoir l'air de le faire). Les bons récits de sciences-fiction exposent des faits, un environnement, des "possibles", des craintes, des rêves, des fantasmes. Si le récit commence à expliquer, à faire des démonstrations, à commenter, non seulement c'est sans fin, ça prêtera à la discussion alors même que tu n'es pas scientifique, mais en plus cela détourne le lecteur de la trame, de l'histoire, qui reste l'essentiel dans un récit de fiction. Tout le monde se moque que James Bond soit crédible ou pas (probablement pas diraient des espions). L'important, c'est qu'on y croit, et qu'il n'y a peu d'éléments dans le récit qui nous laissent le temps de le remettre en doute. Et quand bien même, on remarquerait deux ou trois invraisemblance, qu'importe, c'est de la littérature (ou du cinéma). Certes comme disait l'autre, une fiction doit à la fois divertir et instruire. Mais pour reprendre l'exemple de James Bond, l'information à retenir, c'est que les espions existent^^, savoir comment ils s'y prennent, finalement, c'est terriblement anecdotique, et il vaut mieux fantasmer sur la chose plutôt qu'avoir des éléments strictement réalistes. Parfois même, il y a des scénaristes qui s'abstiennent de faire référence à telle ou telle chose réelle pour illustrer leur récit, parce que même si c'était possible, le lecteur ou le spectateur ne pouvait pas y croire. C'est quand la réalité dépasse la fiction. Il faut divertir et instruire certes, mais instruire ce n'est pas non plus exposer la science dans toute sa complexité.
Donc c'est à toi de mettre le curseur. Tu peux bien sûr faire une BD naturaliste, chercher au plus près de la réalité comme un Zola, mais d'un pur point de vue dramaturgique, ce n'est pas essentiel. Les histoires ne sont pas là pour flatter les scientifiques, d'autant plus que le principe de la science c'est de se renouveler sans cesse, de se contredire, de faire de nouvelles découvertes qui parfois remettent beaucoup de choses en question. Lire Jules Vernes, c'est divertissant, ça peut aussi amuser certains spécialistes qui voient les connaissances à l'époque du récit. Mais on peut aussi vouloir questionner la science et la société à travers une fable. Dire "et si c'était possible, que ferions-nous ?" C'est probablement plus intéressant que de coller à la réalité scientifique du moment, proposer une photographie des croyances d'une époque. Et cela, d'autant plus que l'on n'est pas scientifique soi-même. C'est bien pour ça que la SF n'est pas réservée aux binoclards de labos.
Après, si je peux également faire une remarque si les modifications génétiques. Je me souviens d'une expérience où on avait réussi à faire "pousser" une oreille humaine sur le dos d'une souris. Preuve que même s'il n'y a pas de "gêne de l'oreille" par l'expérimentation, on peut arriver à tout (ou presque). Des phénomènes peuvent se produisent sans qu'on puisse les comprendre ; on peut ainsi de manière empirique arriver à certains résultats.
Bref, comme d'hab à la limite du hs^^. Bonne chance pour ton travail.