Anticorps anti-VIH: une validation de principe
Publié par Adrien le 05/02/2020 à 08:00
Source: Université de Montréal
La plupart des personnes vivant avec le VIH limitent l'action du virus grâce à un traitement antirétroviral. Bien que ces médicaments soient très efficaces, la présence de réservoirs viraux latents dans leur corps signifie qu'elles auront besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories : les besoins primaires, les besoins secondaires et les besoins...) d'un traitement à vie (La vie est le nom donné :). Selon des études, une immunothérapie (L'immunothérapie est un traitement qui consiste à administrer des substances qui vont stimuler les défenses immunitaires de l'organisme afin de lutter contre différentes maladies, en particulier certains cancer...) combinant deux anticorps anti-VIH peut également réduire la charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui donne lieu à un paiement ou un bénéfice non pécuniaire pour être transporté.) virale avec une efficacité analogue aux antirétroviraux. Une équipe internationale de chercheurs du Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...) du Centre hospitalier de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission...) de Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de l'industrie, de la culture, de la finance et des affaires...) (CRCHUM), de la Rockefeller University (États-Unis) et de l'Université de Cologne (Allemagne) vient de prouver que l'utilisation des anticorps anti-VIH, lors de l'interruption d'un traitement antirétroviral, a un effet sur le système immunitaire (Le système immunitaire d'un organisme est un ensemble coordonné d'éléments de reconnaissance et de défense qui discrimine le « soi » du « non-soi ». Ce qui est reconnu comme...) des patients infectés par le VIH.


Des chercheurs décrivent comment l'injection de puissants anticorps anti-VIH est associée à un renforcement de la réponse des lymphocytes T qui reconnaissent spécifiquement le virus (Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise les constituants pour se multiplier. Les virus existent sous une forme...). Crédit: Getty

Dans une étude que publie Nature Medicine, les chercheurs décrivent comment l'injection de ces puissants anticorps anti-VIH ou anticorps neutralisants est associée à un renforcement de la réponse des lymphocytes T qui reconnaissent spécifiquement le virus. Les lymphocytes T sont d'importantes cellules du sang (Le sang est un tissu conjonctif liquide formé de populations cellulaires libres, dont le plasma est la substance fondamentale et est présent chez la plupart des...) (globules blancs) qui contribuent à contenir des infections chroniques telles que le VIH. Cette étude montre une interaction (Une interaction est un échange d'information, d'affects ou d'énergie entre deux agents au sein d'un système. C'est une action réciproque qui suppose l'entrée...) inattendue et une influence potentielle entre deux pans du système immunitaire humain: l'immunité humorale (anticorps) et l'immunité à médiation (Depuis l'essor de la médiation dans les années 1980, il existe plusieurs conceptions et applications de cette pratique dont l'objet est la résolution des différends en dehors des rapports de force. Il...) cellulaire (lymphocytes T).

"C'est vraiment une validation de principe, a déclaré le Dr Daniel E. Kaufmann, chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les...) au CRCHUM et professeur à l'Université de Montréal. Nous avons analysé des échantillons de sang de participants à une étude clinique menée par nos collaborateurs. Ceux-ci avaient utilisé des anticorps monoclonaux produits en laboratoire pour bloquer le virus. Chez tous les participants, la quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire, vecteur, nombre d’objets ou d’une autre manière de dénommer la valeur d’une collection...) de virus dans le sang a été réduite à un niveau indétectable pendant au moins 15 semaines après l'arrêt du traitement avec les antirétroviraux."

"Nous avons observé, a-t-il ajouté, ce qui se passait dans les autres cellules immunitaires ciblant le virus. Au cours de cette étude, nous avons documenté l'augmentation de la réponse immunitaire des lymphocytes T chez neuf participants infectés par le VIH. Mais ces réponses lymphocytaires T sont-elles plus efficaces qu'avant l'intervention pour freiner le VIH ? Cela reste à démontrer."

Un essai clinique de phase (Le mot phase peut avoir plusieurs significations, il employé dans plusieurs domaines et principalement en physique :) 1b

Deux jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil...) avant l'arrêt du traitement antirétroviral, neuf personnes vivant avec le VIH et hôtes de virus sensibles aux anticorps ont reçu une première injection d'une combinaison (Une combinaison peut être :) de deux anticorps. Constituée par une équipe de recherche internationale, cette cohorte de patients a reçu de nouvelles injections d'anticorps après trois et six semaines de suivi. Des tests sanguins ont été effectués chaque semaine pour détecter une éventuelle réapparition du virus.

Au moyen de techniques sophistiquées d'analyse cellulaire, Julia Niessl, première auteure de l'étude et doctorante au laboratoire du Dr Kaufmann, a noté que, en l'absence d'un traitement antirétroviral, le niveau d'activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) des lymphocytes T CD4 et CD8, qui répondent spécifiquement au VIH, avait augmenté au cours de la période de traitement avec les anticorps.

Les anticorps fonctionnent différemment des médicaments. Ils ne sont pas passifs. En plus de bloquer le virus, ils interagissent avec le système immunitaire et l'influencent.

"À l'avenir, a dit le Dr Kaufmann, ce type de thérapie (Une thérapie est un ensemble de mesures appliquées par un thérapeute à une personne souffrant d'un problème de santé, dans le but de l'aider à guérir, de...) par anticorps sera étudié dans des essais cliniques de plus grande ampleur afin de prévenir ou de traiter le VIH, car les anticorps sont très bien tolérés par les humains et peuvent efficacement stopper le virus pendant de nombreuses semaines."

Selon l'Organisation (Une organisation est) mondiale de la santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.), approximativement 37,9 millions de personnes vivaient avec le VIH à la fin de 2018.
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