Cancer: pour éviter des traitements inefficaces
Publié par Adrien le 03/11/2018 à 08:00
Source: Jean Hamann - Université Laval
Des chercheurs annoncent dans Nature la découverte d'un biomarqueur prédisant l'efficacité de nouveaux traitements anticancéreux

Des chercheurs de l'Université Laval et de l'Université Harvard viennent de découvrir une explication au fait que de nouveaux médicaments prometteurs contre les cancers du sein et de l'ovaire cessent de fonctionner après quelques traitements chez une partie des patientes. Les détails de leur découverte paraissent aujourd'hui dans la revue Nature.


Photo: National Cancer Institute
En mesurant le niveau du biomarqueur DYNLL1 dans les cellules cancéreuses d'une patiente, les chercheurs peuvent déterminer les chances de succès d'une thérapie (Une thérapie est un ensemble de mesures appliquées par un thérapeute à une personne souffrant d'un problème de santé, dans le but de l'aider à guérir, de minimiser ou de soulager ses...) reposant sur les inhibiteurs de la PARP. "On peut ainsi lui épargner des semaines de traitements inutiles", souligne Jean-Yves Masson.

Les traitements en question font appel à des inhibiteurs de la PARP, une protéine (Une protéine est une macromolécule biologique composée par une ou plusieurs chaîne(s) d'acides aminés liés entre eux par des liaisons peptidiques. En général, on parle de protéine...) qui répare les lésions de l'ADN. "Entre 20 et 50% des patientes qui reçoivent ces traitements répondent bien au début, mais chez certaines, l'efficacité diminue par la suite. Une forme de résistance aux inhibiteurs de la PARP apparaît", résume Jean-Yves Masson, professeur à la Faculté de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps...) et chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de recherche sont...) au Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique...) du CHU de Québec - Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux États-Unis,...) Laval.

Ces traitements sont administrés à des femmes qui ont une mutation héréditaire dans BRCA1, un gène (Un gène est une séquence d'acide désoxyribonucléique (ADN) qui spécifie la synthèse d'une chaîne de polypeptide ou d'un acide ribonucléique (ARN) fonctionnel. On peut également définir un gène...) qui code pour une autre protéine réparatrice des lésions de l'ADN. Ces patientes représentent environ 7% des femmes atteintes de cancer du sein et 18% de celles souffrant d'un cancer de l'ovaire. "En leur donnant un inhibiteur de la PARP, nous bloquons une deuxième voie de réparation de l'ADN, explique le chercheur. Les lésions induites dans l'ADN par les traitements chimiothérapeutiques ne sont plus réparées de sorte qu'elles s'accumulent, ce qui conduit à la mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus...) des cellules cancéreuses. Trois inhibiteurs de la PARP ont été approuvés par la Food and Drug Administration depuis 2014 et cette thérapie est maintenant utilisée pour traiter des patientes au CHU de Québec - Université Laval."

Dans l'étude publiée par Nature, les chercheurs décrivent le rôle d'une petite protéine, la DYNLL1, dans l'apparition de la résistance aux inhibiteurs de la PARP1. "Lorsque le niveau de la DYNLL1 est trop bas, une voie de réparation de l'ADN est restaurée et les cellules cancéreuses survivent et se multiplient au lieu de mourir", résume le professeur Masson.

Les implications cliniques de cette découverte ? "Dans l'immédiat, en mesurant le niveau de DYNLL1 dans les cellules d'une patiente, on peut déterminer les chances de succès d'une thérapie reposant sur les inhibiteurs de la PARP, souligne le chercheur. On peut ainsi lui épargner des semaines de traitements inutiles. À moyen terme, nous espérons trouver un moyen d'activer l'expression de la DYNLL1 dans les cellules cancéreuses des patientes afin d'optimiser l'efficacité de ces traitements."

L'étude parue dans Nature a été dirigée par Dipanjan Chowdhury, de l'Université Harvard (L’université Harvard (Harvard University), ou plus simplement Harvard, est une université privée américaine située à Cambridge dans le Massachusetts. Fondée en 1636, elle est...). Marie-Christine Caron, Daryl A. Ronato et Jean-Yves Masson, de la Faculté de médecine et du Centre de recherche du CHU de Québec - Université Laval, comptent parmi les signataires.

En mesurant le niveau du biomarqueur DYNLL1 dans les cellules cancéreuses d'une patiente, les chercheurs peuvent déterminer les chances de succès d'une thérapie reposant sur les inhibiteurs de la PARP. "On peut ainsi lui épargner des semaines de traitements inutiles", souligne Jean-Yves Masson.
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