Cancer de la peau: pourquoi les hommes sont génétiquement plus à risque

Publié par Adrien le 25/06/2020 à 09:00
Source: Université McGill

Peau humaine - épiderme
Avec l'été qui approche et les restrictions dues à la COVID-19 qui s'allègent, nous sommes tous impatients de sortir pour profiter au maximum du soleil. Une nouvelle étude de l'Université McGill (L’Université McGill, située à Montréal au Québec, est une des universités les plus anciennes au Canada.) nous rappelle cependant pourquoi il faut faire preuve de prudence, en particulier chez les hommes.

Dans cette étude dirigée par le professeur Ian Watson au CRCG et publiée dans Nature Cancer (Le cancer est une maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormalement importante au sein d'un tissu normal de l'organisme, de telle manière que la survie de ce dernier est menacée. Ces...), les chercheurs ont identifié trois gènes avec des mutations particulières sur le chromosome (Le chromosome (du grec khroma, couleur et soma, corps, élément) est l'élément porteur de l'information génétique. Les chromosomes contiennent les gènes et...) X. Les femmes ont deux chromosomes X tandis que les hommes ont un chromosome X et un Y. " Sur les trois gènes significativement mutés que nous avons trouvés sur le chromosome X, un seul gène (Un gène est une séquence d'acide désoxyribonucléique (ADN) qui spécifie la synthèse d'une chaîne de polypeptide ou d'un acide ribonucléique (ARN)...) avait un type spécifique de mutation que l'on a trouvé uniquement chez les hommes ", note le Pr Watson.

Les femmes peuvent développer d'autres types de mutations dans le gène en question, mais puisqu'elles ont deux chromosomes X, une des deux copies peut servir de sauvegarde (En informatique, la sauvegarde (backup en anglais) est l'opération qui consiste à dupliquer et à mettre en sécurité les données contenues dans un système informatique.) si l'autre est mutée. Les hommes n'ayant qu'une copie du chromosome X, une seule mutation suffit pour complètement (Le complètement ou complètement automatique, ou encore par anglicisme complétion ou autocomplétion, est une fonctionnalité informatique permettant à l'utilisateur...) désactiver le gène.

" Ces mutations pourraient contribuer à expliquer pourquoi l'incidence du mélanome (Le mélanome est un cancer de la peau ou des muqueuses, développé aux dépens des mélanocytes.) est plus élevée chez les hommes, et pourquoi leur taux de survie est plus faible ", commente Rached Alkallas, doctorant (Un doctorant est un chercheur débutant s'engageant, sous la supervision d'un directeur de thèse, dans un projet de recherche sur une durée variable selon les pays et les statuts,...) à l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux...) McGill et co-premier auteur de l'étude.

Changements génétiques et rayons UV

L'un des facteurs de risque les plus importants pour le mélanome est le rayonnement (Le rayonnement, synonyme de radiation en physique, désigne le processus d'émission ou de transmission d'énergie impliquant une particule porteuse.) ultraviolet (Le rayonnement ultraviolet (UV) est un rayonnement électromagnétique d'une longueur d'onde intermédiaire entre celle de la lumière visible et celle des rayons X.) (UV), qu'il provienne du soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile centrale du système solaire. Dans la classification astronomique, c'est une étoile de type naine...) ou des lampes de bronzage (Le mécanisme du bronzage est un processus de défense de la peau, sous l'action du rayonnement ultraviolet, qui se traduit par l'assombrissement...) artificiel. En mettant en lumière (La lumière est l'ensemble des ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des longueurs d'onde de 380nm (violet) à 780nm (rouge). La lumière est intimement liée à la...) des changements génétiques spécifiques causés par l'exposition aux UV, les progrès des techniques de séquençage (En biochimie, le séquençage consiste à déterminer l'ordre linéaire des composants d'une macromolécule (les acides...) de l'ADN ont donné aux chercheurs la possibilité de mieux comprendre les causes sous-jacentes des différences sexuelles dans le mélanome.

Après avoir analysé des mutations génétiques dans plus d'un millier de cas de mélanome, les chercheurs ont pu apporter un éclairage nouveau sur ce mystérieux biais sexuel.

" Nous poursuivons nos recherches dans cette direction, notamment pour comprendre comment ces mutations affectent la biologie (La biologie, appelée couramment la « bio », est la science du vivant. Prise au sens large de science du vivant, elle recouvre une partie des sciences naturelles et de l'histoire naturelle des...) du mélanome et déterminer si elles ont une incidence sur la réponse à l'immunothérapie ", explique Mathieu Lajoie, Ph. D., associé de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances...) au laboratoire Watson et co-premier auteur de l'étude.

Un traitement personnalisé plus efficace à l'horizon

" L'immunothérapie (L'immunothérapie est un traitement qui consiste à administrer des substances qui vont stimuler les défenses immunitaires de l'organisme afin de lutter contre différentes maladies, en particulier...) a changé la vie (La vie est le nom donné :) de nombreux patients atteints de mélanome ", explique le Pr Watson au sujet de cette forme de traitement qui réactive le système immunitaire (Le système immunitaire d'un organisme est un ensemble coordonné d'éléments de reconnaissance et de défense qui discrimine le « soi » du...) d'un patient (Dans le domaine de la médecine, le terme patient désigne couramment une personne recevant une attention médicale ou à qui est prodigué un soin.) atteint de cancer pour se débarrasser des cellules cancéreuses. " Malheureusement, un grand nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de patients ne répondent toujours pas à ce traitement et nous travaillons avec nos collaborateurs pour comprendre où se situent les problèmes afin de mieux les appréhender. "

En plus des différences entre les sexes sur le plan des taux d'incidence et de survie, des données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) commencent à émerger qui suggèrent qu'hommes et femmes pourraient également avoir des taux de réponse différents à l'immunothérapie.

Le Pr Watson étudie si les différentes mutations qu'il a découvertes chez les hommes et les femmes pourraient aider à en expliquer la raison. L'approfondissement de nos connaissances sur la génétique (La génétique (du grec genno γεννώ = donner naissance) est la science qui étudie l'hérédité et les gènes.) des divers sous-types de mélanomes pourrait également fortement contribuer à développer des traitements personnalisés, permettant aux patients de recevoir les thérapies les plus susceptibles de soigner leur cancer spécifique.

L'étude:
L'article "Multi-omic analysis reveals significantly mutated genes and DDX3X as a sex-specific tumor suppressor in cutaneous melanoma" par R. Alkallas, M. Lajoie, I. Watson, et al, a été publié dans Nature Cancer. Doi: 10.1038/s43018-020-0077-8
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