Découverte d'une nouvelle espèce éteinte de lémurien à Madagascar

Publié par Michel le 22/05/2009 à 00:00
Source: CNRS
Illustrations: © D. Gommery- MAPPM & CNRS
Une troisième espèce de paléopropithèque, un groupe de lémuriens de grande taille aujourd'hui disparu, vient d'être mise à jour dans le Nord-Ouest de Madagascar par une équipe franco-malgache (UPR 2147-CNRS et Université de Mahajanga(1)). Baptisé Palaeopropithecus kelyus, ce nouveau spécimen se révèle plus petit que les deux autres espèces déjà connues et son alimentation plus coriace. Cette découverte renforce l'image d'une biodiversité (La biodiversité est la diversité naturelle des organismes vivants. Elle s'apprécie...) plus riche qu'aujourd'hui dans un passé (Le passé est d'abord un concept lié au temps : il est constitué de l'ensemble...) assez proche (Pléistocène supérieur et début de l'Holocène). Ces résultats, actuellement disponibles en ligne, seront publiés dans les Comptes Rendus de l'Académie des Sciences (Une académie des sciences est une société savante dont le rôle est de promouvoir la recherche...) Palevol de juillet-août 2009.


Vue du fragment maxillaire de P.kelyus dégagé de sa gangue

Madagascar constitue l'un des derniers grands sanctuaires mondiaux de la biodiversité, notamment grâce à ses milieux naturels à fort taux d'endémisme. L'île (Une île est une étendue de terre entourée d'eau, que cette eau soit celle d'un cours d'eau, d'un...) abrite en autre un groupe particulier de primate, les lémuriens, ces petits mammifères dont la population actuelle compte environ 71 espèces pour 15 genres.

Le genre Palaeopropithecus est un groupe de lémuriens géants subfossiles (2) dont deux espèces avaient été décrites jusqu'à présent: P. ingens (en 1898) et P. maximus (en 1903). Les paléopropithèques présentaient des adaptations très particulières, notamment pour leur locomotion puisqu'ils se déplaçaient accrochés aux branches par leurs quatre membres avec la tête en bas, à la manière des paresseux (Le terme Paresseux ou Aï (Folivora) est le nom vernaculaire donné à certains...) actuels d'Amérique (L’Amérique est un continent séparé, à l'ouest, de l'Asie et...) du Sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.).

Les récentes découvertes de la mission MAPPM (1) sur des sites situés au nord-ouest (Le nord-ouest est la direction entre les points cardinaux nord et ouest. Le nord-ouest est...) de Madagascar (Madagascar (Madagasikara en malgache), ou la République de Madagascar (Repoblikan'i...) permettent d'établir l'existence d'une troisième espèce (Dans les sciences du vivant, l’espèce (du latin species, « type »...) de paléopropithèque, baptisée P.kelyus, dont les scientifiques soupçonnaient l'existence depuis plus de 20 ans. P.kelyus est plus petite que les deux espèces connues avec un poids (Le poids est la force de pesanteur, d'origine gravitationnelle et inertielle, exercée par la...) estimé aux alentours de 35 kg. Par comparaison, le plus grand lémurien actuel, l'Indri, ne pèse que 10 kg.

Par ailleurs, la principale différence concernant ce nouveau spécimen porte sur la taille de ses dents, plus petites. En effet, le fragment maxillaire subfossile de P.kelyus permet de décrire les caractères dentaires de cette nouvelle espèce, tels que la présence d'une crista obliqua, d'un parastyle et d'un mésostyle très développés. Cette morphologie rappelle celle du genre actuel Propithecus. Si l'alimentation des paléopropithèques devait être constituée de feuilles et de fruits, les différences au niveau des dents de P.kelyus suggèrent que cet animal (Un animal (du latin animus, esprit, ou principe vital) est, selon la classification classique, un...) pouvait mastiquer des aliments plus coriaces (notamment des graines) par rapport aux deux autres espèces anciennement connues. P.kelyus a été trouvé dans une région très particulière du nord-ouest de Madagascar (Région du Boeny, Province de Mahajanga) située entre de grandes baies et d'importants fleuves. Cette topographie peut avoir isolée P.kelyus des deux autres espèces de paléopropithèques qui vivaient plutôt au Sud ou au Centre et au Nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) de Madagascar.

Au sein de ce véritable laboratoire de l'évolution que constitue Madagascar, la découverte de ce troisième paléopropithèque participe à la compréhension de la faune subfossile des espèces. Plus largement, il s'agit également d'étudier le peuplement humain de l'île.


Vue générale du site de Belobaka d'où provient le type de P.kelyus

Notes:

(1) Le projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a...) Mission archéologique et paléontologique dans la province de Mahajanga (MAPPM) est une collaboration franco-malgache entre l'UPR 2147 du CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand...) (Dynamique de l'Évolution Humaine: Individus, Populations, Espèces) et l'UFR Mozea Akiba de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la...) de Mahajanga, financée par la sous direction de l'archéologie et de la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue...) en sciences sociales du ministère des Affaires étrangères et européennes, le CNRS et l'Université de Mahajanga.

(2) Les subfossiles sont des espèces disparues à l'époque historique ou préhistorique, voisinant avec des espèces actuelles. Leurs ossements ne sont pas totalement reminéralisés comme pour les fossiles classiques.
Cet article vous a plu ? Vous souhaitez nous soutenir ? Partagez-le sur les réseaux sociaux avec vos amis et/ou commentez-le, ceci nous encouragera à publier davantage de sujets similaires !
Page générée en 0.892 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique