La science du changement climatique est souvent au cĆur de dĂ©bats animĂ©s, oĂč des intĂ©rĂȘts politiques et Ă©conomiques entretiennent une dĂ©sinformation persistante. Pourtant, les preuves s'accumulent sur l'impact humain, avec des Ă©missions de gaz Ă
effet de serre qui continuent d'augmenter malgré les alertes. Un phénomÚne moins connu que le climatoscepticisme émerge: le "doomisme climatique", qui prédit l'effondrement inévitable de notre
planĂšte et sape les efforts d'action.
Certains "doomers" pensent qu'il est trop tard pour éviter un changement climatique catastrophique.
Image d'illustration Pixabay
Dans leur ouvrage
Science Under Siege, Michael Mann et Peter Hotez, experts renommés, analysent ce courant. Le doomisme génÚre un contenu viral sur les réseaux sociaux, qualifié de "porno climatique apocalyptique", avec des affirmations dramatiques mais non fondées sur la fonte des glaces ou un réchauffement incontrÎlable. Ces récits captent l'attention et
servent involontairement les intĂ©rĂȘts des pollueurs en dĂ©courageant l'action collective.
Les attaques contre des scientifiques proviennent parfois de partisans supposĂ©s de la cause climatique, qui les accusent de vendre de l'"hopium" â un espoir illusoire. Ces divisions sont exploitĂ©es par des acteurs malveillants, utilisant des bots et des trolls pour semer la discorde. L'objectif est double: convaincre que l'action est vaine et fragmenter la communautĂ© des dĂ©fenseurs du climat.
MĂȘme des chercheurs respectĂ©s, comme Kevin Anderson ou James Hansen, sont entraĂźnĂ©s dans cette spirale. Hansen, par exemple, remet en cause les consensus scientifiques et prĂŽne des solutions risquĂ©es comme la gĂ©o-ingĂ©nierie, qui consistent Ă modifier artificiellement le climat. Ces approches prĂ©sentent des dangers, tels que des consĂ©quences imprĂ©visibles sur l'atmosphĂšre ou un effet pervers encourageant la poursuite des Ă©missions.
Au final, les bĂ©nĂ©ficiaires de ces conflits internes sont les industries fossiles et les Ătats pĂ©troliers, qui prĂ©fĂšrent voir la sociĂ©tĂ© renoncer Ă agir. La polarisation des dĂ©bats sur les rĂ©seaux sociaux, amplifiĂ©e par des messages toxiques, dĂ©tourne l'attention des solutions rĂ©alistes et urgentes nĂ©cessaires pour limiter le rĂ©chauffement planĂ©taire.
Géo-ingénierie
La géo-ingénierie désigne des interventions technologiques à grande échelle visant à modifier délibérément le systÚme climatique terrestre. Parmi les propositions, on trouve l'
injection de particules réfléchissantes dans la
stratosphĂšre pour bloquer une partie du
rayonnement solaire.
Ces techniques sont controversées en raison de leurs risques potentiels. Par exemple, elles pourraient perturber les régimes de pluie ou causer des effets secondaires imprévus sur les écosystÚmes, aggravant les inégalités entre régions.
Un autre inconvénient majeur est le "aléa moral": si les gens croient qu'une solution technique existe, ils pourraient relùcher leurs efforts pour réduire les émissions à la source, retardant ainsi une action véritablement durable.
La recherche sur la gĂ©o-ingĂ©nierie en est Ă ses dĂ©buts, et beaucoup soulignent la nĂ©cessitĂ© de rĂ©gulations strictes et d'Ă©tudes approfondies avant toute mise en Ćuvre, pour Ă©viter des catastrophes irrĂ©versibles.