Dormir permet de mémoriser

Publié par Isabelle,
Source : ULB Neuroscience Institute (UNI) Faculté des Sciences psychologiques et de l'éducation Centre de recherche Cognition & Neuroscience,Autres langues:
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© Techno-Science.net
A quelques jours de la rentrée des classes, des chercheurs de l'Université libre de Bruxelles mettent en évidence le rôle du sommeil dans l'apprentissage, chez les enfants: les chercheurs de l'ULB Neuroscience Institute, UNI montrent qu'une sieste d'une heure trente permettrait de mieux assimiler et mémoriser des apprentissages

On sait que pendant le sommeil, le cerveau est toujours en activité et deux grands types de mémoire sont alors consolidés: mémoire "déclarative" liées aux apprentissages de concepts théoriques (par exemple, des définitions) et mémoire procédurale, relative à des techniques acquises (par exemple, jouer du piano). Par ailleurs, le sommeil joue aussi un rôle-clef dans la consolidation du souvenir – passage de la mémoire "à court terme" à la mémoire "à long terme": en dormant, les informations sont transférées de l'hippocampe vers des zones du cortex pour une mémoire à long terme.

Charline Urbain et Philippe Peigneux - centre de recherche Cognition & Neuroscience, Faculté des Sciences psychologiques et de l'éducation, ULB Neuroscience Institute (UNI), ULB – ont étudié l'impact d'une sieste sur l'apprentissage des enfants.

Les chercheurs ont réalisé une expérience sur un groupe d'enfants en bonne santé, âgés en moyenne de 10 ans, en utilisant la magnétoencéphalograhie, MEG, de l'hôpital Erasme. Première phase: ils ont présenté aux enfants, des images d'objets -imaginaires-, chacun assorti d'une définition à apprendre. Grâce à la MEG, les chercheurs de l'ULB Neuroscience Institute ont observé que l'hippocampe était fortement sollicité pour cet apprentissage. Puis, le groupe d'enfants a été scindé: une partie a fait une sieste d'une heure trente ; l'autre est restée au calme. Deuxième phase: tous les enfants sont retournés dans la MEG où les chercheurs leur ont re-présenté les images d'objets imaginaires, dont ils devaient donner à nouveau la définition.

Résultat ? "Nous avons remarqué que chez ces enfants qui avaient fait une sieste, c'étaient des zones du cortex préfrontal (et non plus de l'hippocampe) qui étaient majoritairement activées. En d'autres termes, avec une courte sieste d'une heure trente, la consolidation de la mémoire (passage au long terme) semble déjà là chez l'enfant!", souligne Philippe Peigneux, directeur de l'équipe de recherche.

"Ce transfert de l'hippocampe vers le cortex préfrontal avait déjà été observé chez l'adulte mais seulement 3 mois après l'apprentissage. Notre étude suggère que le sommeil plus riche de l'enfant lui permet une assimilation plus rapide des nouveaux apprentissages et que la pratique de micro-siestes post-apprentissages pourrait améliorer la consolidation en mémoire", conclut Charline Urbain, premier auteur de l'étude qui vient de paraître dans la revue NeuroImage.

Référence:
Urbain, C, de Tiège X, Op de Beeck M, Bourguignon M, Wens V, Verheulpen D, Van Bogaert P and Peigneux P (2016) Sleep in children triggers rapid reorganization of memoryrelated brain processes.NeuroImage, 1(135) 213-222.
Soutien: Cette recherche a pu être réalisée grâce à la généreuse contribution du fonds ULB-ARC (GD1844CX2720) projet “Pathophysiology of Memory Consolidation Processes” et de la Fondation Vigneron. La MEG est soutenue par le Fonds Erasme
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