Il serait possible de soigner le diabète de type 1 simplement en rééduquant le système immunitaire. Des chercheurs de Stanford Medicine ont réalisé cette prouesse chez des souris, ouvrant un espoir pour de nombreuses maladies auto-immunes. Leur approche combine deux greffes afin de restaurer la production d'
insuline sans recourir à des médicaments, une avancée susceptible de transformer la prise en
charge des patients.
Pour cette expérience, les scientifiques ont travaillé avec des souris atteintes d'un diabète auto-immun similaire à la forme humaine. Ils y ont transplanté simultanément des cellules souches sanguines et des cellules d'îlots pancréatiques productrices d'insuline, provenant d'un donneur
non compatible. Cette double greffe a permis non seulement de remplacer les cellules détruites, mais aussi de modifier la réponse immunitaire de l'organisme. Par conséquent, les animaux ont retrouvé une
régulation normale de leur
glycémie pendant toute la durée de l'étude.
Image d'illustration Pixabay
Le succès de cette méthode repose sur la création d'un système immunitaire hybride, où les cellules du donneur et du receveur cohabitent. Cette configuration originale empêche les attaques auto-immunes dirigées contre les nouvelles cellules pancréatiques. Fait notable, aucune souris n'a développé de
maladie du greffon contre l'hôte, un risque pourtant courant dans les transplantations. Les chercheurs indiquent que cette coexistence apprend au système immunitaire à tolérer les tissus transplantés et à cesser de s'attaquer à l'organisme.
Afin de préparer les souris à la greffe, une procédure atténuée a été employée, incluant des anticorps, un médicament contre les maladies auto-immunes et une faible dose de radiation. Ces éléments sont déjà utilisés en clinique pour d'autres traitements, ce qui pourrait faciliter une application ultérieure chez l'humain. D'après les auteurs, cette préparation réduit les effets secondaires et rend la technique plus sûre, y compris pour des affections non cancéreuses comme le diabète.
Les implications de ces travaux dépassent le cadre du diabète. Cette approche pourrait en effet bénéficier à d'autres maladies auto-immunes, comme la polyarthrite rhumatoïde ou le lupus, mais aussi aux transplantations d'organes. Les chercheurs envisagent également son utilisation pour certains troubles sanguins comme l'anémie falciforme. Leurs résultats s'appuient sur des décennies de
recherche en
immunologie, avec l'objectif de rendre les greffes de cellules souches accessibles à un plus large éventail de patients.
Quelques obstacles demeurent, notamment la disponibilité limitée des cellules d'îlots pancréatiques, qui ne peuvent être obtenues qu'après le décès d'un donneur. Pour contourner cette difficulté, des solutions sont à l'étude, comme la production de ces cellules en laboratoire à partir de cellules souches humaines. Les études à venir devront confirmer l'efficacité et l'innocuité chez l'humain, mais ces premiers résultats tracent la voie vers de nouvelles thérapies.
Seung K. Kim, auteur principal de l'étude parue dans
The Journal of Clinical Investigation, relève que les étapes clés de ce protocole sont déjà pratiquées en
médecine humaine. Cette
convergence entre
recherche fondamentale et applications cliniques pourrait accélérer le développement de traitements curatifs, modifiant ainsi la prise en charge des maladies auto-immunes et des transplantations.