Jupiter augmenterait le risque d'impacts de comètes sur Terre
Publié par Michel le 30/08/2007 à 00:00
Source: News Scientist Space
Illustration: Julian Baum
Contrairement à ce que l'on pense habituellement dans les milieux astronomiques, la présence de la planète Jupiter ne protègerait pas la Terre contre les chutes de comètes. En fait, selon une nouvelle étude, la Terre subirait moins de rencontres de ce type sans l'influence de la gravité (La gravitation est une des quatre interactions fondamentales de la physique.) de Jupiter. Cette étude pourrait avoir des implications dans la détermination des systèmes solaires lointains les plus hospitaliers pour la vie (La vie est le nom donné :).

Une étude de 1994 avait montré que si Jupiter avait été une planète (Une planète est un corps céleste orbitant autour du Soleil ou d'une autre étoile de l'Univers et possédant une masse suffisante pour que sa gravité la maintienne en équilibre...) beaucoup plus petite (comme Uranus ou Neptune), la Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la...) aurait eu à subir 1000 fois plus de collisions avec des comètes de longue périodes que dans la réalité. Ceci avait conduit à supposer que la vie complexe aurait à passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) des moments difficiles dans son développement dans des systèmes solaires dépourvus de planète ressemblant à Jupiter en raison d'un bombardement plus intense par des comètes.

Mais la nouvelle étude de Jonathan Horner et Barrie Jones de l'université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux États-Unis, au moment où les...) britannique de Milton Keynes (Milton Keynes est une ville nouvelle du Buckinghamshire, en Angleterre.) démontre désormais que s'il n'y avait aucune planète dans l'orbite (En mécanique céleste, une orbite est la trajectoire que dessine dans l'espace un corps autour d'un autre corps sous l'effet de la gravitation.) de Jupiter, la Terre serait en réalité plus à l'abri des impacts.


La Terre a subi un bombardement particulièrement intense
d'astéroïdes et de comètes dans la jeunesse du Système Solaire (Le système solaire est un système planétaire composé d'une étoile, le Soleil et des corps célestes ou objets définis gravitant autour de lui (autrement dit,...)

Ces résultats contradictoires apparaissent parce que Jupiter affecte la trajectoire (La trajectoire est la ligne décrite par n'importe quel point d'un objet en mouvement, et notamment par son centre de gravité.) des comètes de deux manières radicalement différentes. Sa gravité attire des comètes dans le système solaire interne (En France, ce nom désigne un médecin, un pharmacien ou un chirurgien-dentiste, à la fois en activité et en formation à l'hôpital ou en cabinet pendant une durée variable...), où elles ont une chance de frapper la Terre, mais d'un autre coté elle débarrasse également notre planète de certaines menaces en les éjectant en dehors du Système Solaire par un effet de fronde gravitationnelle.

La situation aurait pu être pire...

Selon la nouvelle étude, le pire scénario pour la Terre serait celui dans lequel Jupiter est remplacé par une planète d'une masse (Le terme masse est utilisé pour désigner deux grandeurs attachées à un corps : l'une quantifie l'inertie du corps (la masse inerte) et l'autre la contribution du corps à la force de gravitation (la...) équivalente à celle de Saturne. "[Une telle planète] serait capable de placer des objets sur une orbite croisant celle de la Terre, mais aurait beaucoup plus de difficultés à les en éjecter, ces objets menaçant donc la Terre pendant un temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) beaucoup plus long", explique Horner. Les simulations prévoient dans ce cas trois fois plus d'impacts que dans le Système Solaire réel.

Cette étude, comme celle de 1994, suggère qu'une plus petite planète à la place de Jupiter est une éventualité pire pour la Terre, mais les deux études sont quantitativement en désaccord. Ceci probablement parce qu'elles diffèrent sur l'origine des comètes qu'elles examinent. Horner envisage les objets en provenance de la Ceinture de Kuiper (La ceinture de Kuiper (parfois appelée ceinture d'Edgeworth-Kuiper, ['kœj.pər] en néerlandais), est une zone du système solaire s'étendant...), la région au delà de l'orbite de Neptune où de nombreuses comètes dormantes résident. L'étude précédente tenait compte du nuage (Un nuage est une grande quantité de gouttelettes d’eau (ou de cristaux de glace) en suspension dans l’atmosphère. L’aspect d'un nuage dépend de la lumière qu’il reçoit, de la nature,...) d'Oort, vaste région de comètes potentielles qui s'étend des centaines de fois plus loin du Soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile centrale du système solaire. Dans la classification astronomique, c'est une étoile de type naine jaune, et...).

Déterminer quels types de systèmes solaires sont les plus à l'abri des bombardements de comètes pourrait aider à la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique...) d'une vie extrasolaire. Mais, malgré ces récents travaux, nous ne savons toujours pas précisément où nous devons regarder !

La menace des astéroïdes

Alessandro Morbidelli, de l'Observatoire de Nice et qui étudie la dynamique (Le mot dynamique est souvent employé désigner ou qualifier ce qui est relatif au mouvement. Il peut être employé comme :) du Système Solaire, fait remarquer que ni les analyses de Horner, ni l'étude plus ancienne n'incluent la source la plus importante des impacts sur Terre: la ceinture d'astéroïdes située entre Mars et Jupiter. Selon lui, environ 95% des impacts sont dus à ces astéroïdes.

Il soupçonne qu'une plus petite planète à la place de Jupiter pourrait induire moins d'impacts d'astéroïdes. "Étant donné que les astéroïdes proches dominent le taux d'impact, une diminution du nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) d'impacts dus à ceux-ci pourrait conduire à un affaiblissement global du bombardement de la Terre", explique-t-il.

Horner et Jones projettent d'étendre leur étude pour y inclure les astéroïdes, mais Morbidelli indique qu'il y a bien plus de facteurs à considérer. "On peut imaginer des systèmes solaires dotés d'une ceinture d'astéroïdes beaucoup plus vaste et plus massive (Le mot massif peut être employé comme :) dans lesquels il serait difficile de survivre ; on peut imaginer des planètes géantes en migration détruisant la ceinture d'astéroïdes... Il existe tant de facteurs qu'il est difficile de tous les appréhender."

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