Les lois sur la chasse influencent le comportement maternel des ours bruns
Publié par Adrien le 29/03/2018 à 00:00
Source: Université de Sherbrooke

Jeune ours brun et sa mère
Photo: Ilpo Kojola
La chasse a inévitablement des effets sur les populations animales exploitées. Plusieurs études ce sont intéressées aux caractéristiques des animaux qui sont récoltés. Notamment, les chercheurs ont démontré que la chasse sélective a des effets sur les traits physiques des individus, comme la taille, la grosseur des bois ou des cornes, etc. Cependant, peu d'études ont été réalisées en lien avec les effets à plus long terme que la chasse peut avoir sur les animaux qui survivent, par exemple sur leurs comportements.

Joanie Van de Walle, étudiante au doctorat (Le doctorat (du latin doctorem, de doctum, supin de docere, enseigner) est généralement le grade universitaire le plus élevé. Le titulaire de ce grade est le docteur. Selon les pays et les...) en biologie (La biologie, appelée couramment la « bio », est la science du vivant. Prise au sens large de science du vivant, elle recouvre une partie des sciences naturelles et de l'histoire naturelle des êtres vivants...) auprès de Pre Fanie Pelletier, s'est intéressée à l'effet de la chasse sur les comportements de l'ours brun (L’ours brun (Ursus arctos) est une espèce d’ours qui peut atteindre des masses de 130 à 700 kg. Le grizzly, l’ours kodiak et l’ours brun mexicain sont...). Plus particulièrement, elle a étudié comment la chasse influence les soins maternels chez une population suédoise suivie individuellement depuis plus de 20 ans.

Dans un contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut les mots qui l'entourent. Le concept de contexte issu traditionnellement de l'analyse...) où la Suède interdit la chasse aux femelles accompagnées de petits, les chercheuses ont comparé deux tactiques de soins maternels; une tactique rapide (les femelles gardent les petits pendant 1,5 an) et une tactique lente (La Lente est une rivière de la Toscane.) (les femelles gardent les petits pendant 2,5 ans). Dans une étude publiée le 27 mars 2018 dans Nature Communications, Joanie Van de Walle et ses collègues démontrent que la protection légale dont les groupes familiaux mère-petits bénéficient ont un impact positif sur la survie des femelles qui gardent plus longtemps leurs petits ainsi que sur la survie de ces mêmes petits. Cet avantage de survie compense la perte d'opportunités de reproduction de la femelle (En biologie, femelle (du latin « femella », petite femme, jeune femme) est le sexe de l'organisme qui produit des ovules, dans le cadre d'une reproduction anisogamique.). Ainsi, la taille de la population demeure stable, même s'il y a moins de naissances. Cependant, des changements comportementaux chez la femelle et sur la composition de la population peuvent être observés à long terme.


Joanie Van de Walle, étudiante au doctorat en biologie et Pre Fanie Pelletier.
Photo: Michel Caron
"La protection légale des femelles accompagnées de jeunes a le potentiel d'induire une pression (La pression est une notion physique fondamentale. On peut la voir comme une force rapportée à la surface sur laquelle elle s'applique.) de sélection vers de plus longs soins maternels chez l'ours (Les ours (ou ursinés, du latin ŭrsus, de même sens) sont de grands mammifères plantigrades appartenant à la famille des ursidés. Il n'existe que huit espèces d'ours vivants, mais ils sont largement répandus...) brun scandinave, commente Joanie Van de Walle. Ceci pourrait avoir des conséquences sur la structure d'âge et le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) de génération de la population."

"Étant donné que les chasseurs évitent souvent de chasser les mères avec des petits, pour des considérations légales ou éthiques, ajoute Pre Fanie Pelletier,  de tels effets pourraient s'observer dans d'autres populations d'ours bruns, mais aussi pour d'autres espèces. Il très rare qu'on étudie les effets de la chasse au-delà de la période de la récolte (La Récolte (Countrycide) est le sixième épisode de la série anglaise de science fiction Torchwood.) car on suppose que lorsque la saison (La saison est une période de l'année qui observe une relative constance du climat et de la température. D'une durée d'environ trois mois (voir le...) est fermée, il n'y a plus d'impact. Notre étude montre que cette supposition est fausse. Par ailleurs, je tiens à souligner que c'est la première publication de Joanie en tant que première auteure; le fait qu'elle soit dans un journal scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les...) de si haut niveau est tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) à son honneur".

Cette nouvelle a suscité beaucoup d'intérêt à l'échelle internationale, les chercheurs associés à l'étude ayant donné des entrevues médiatiques au Canada, aux États-Unis et en Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme l’extrémité occidentale du...).

Information complémentaire:
Article publié dans Nature Communications
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