Les médicaments antituberculeux peuvent accroître le risque de réinfection
Publié par Adrien le 26/03/2019 à 08:00
Source: Université McGill
Les traitements actuels pour la tuberculose (TB) sont très efficaces pour ce qui est de maîtriser l'infection tuberculeuse attribuable à la bactérie Mycobacterium tuberculosis (Mtb). Toutefois, ces traitements ne préviennent pas toujours la réinfection. La raison pour laquelle il en est ainsi est l'une des questions que l'on se pose depuis longtemps dans le domaine de la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la...) sur la TB.

Alors, pourquoi notre organisme est-il incapable de conférer une immunité permanente contre la TB - la principale maladie infectieuse (Une maladie infectieuse est une maladie provoquée par la transmission d'un micro-organisme : virus, bactérie, parasite, champignon. Les virus ne sont pas vivants, mais,...) mortelle à l'échelle mondiale ? Une équipe de chercheurs de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter...) de recherche du Centre universitaire de santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) McGill (IR-CUSM) et de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission...) McGill pourrait avoir trouvé la réponse à cette question... dans l'intestin (L'intestin est la partie du système digestif qui s'étend de la sortie de l'estomac à l'anus. Chez les humains et la plupart des mammifères, il est divisé en deux parties appelées l'intestin...). Dans une étude publiée récemment dans Mucosal Immunology, ces chercheurs ont démontré que les médicaments antituberculeux entraînent des modifications du microbiote (Le microbiote est une nouvelle dénomination de la microflore.) intestinal - la colonie de bactéries qui vit dans nos intestins - et augmentent la susceptibilité à l'infection tuberculeuse.

Le microbiote intestinal joue (La joue est la partie du visage qui recouvre la cavité buccale, fermée par les mâchoires. On appelle aussi joue le muscle qui sert principalement à ouvrir et fermer la...) un rôle crucial pour ce qui est de nous maintenir en santé; il aide à digérer les aliments, à combattre les microbes pathogènes et à renforcer notre système immunitaire (Le système immunitaire d'un organisme est un ensemble coordonné d'éléments de reconnaissance et de défense qui discrimine le...). Des recherches récentes ont démontré que la prise chronique d'antibiotiques entraîne une perturbation de cette colonie, situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un espace par rapport à son environnement proche ou non. Il inscrit un...) qui peut à son tour entraîner un dérèglement du système immunitaire. Toutefois, on ne peut affirmer avec certitude si les modifications dans la composition des microbes vivant dans nos intestins ont une incidence sur l'infection tuberculeuse.

Incidence des médicaments antituberculeux sur le microbiote

Pour savoir si les modifications dans la composition des microbes vivant dans nos intestins ont une incidence sur l'infection tuberculeuse, les Drs Irah King et Maziar Divangahi, des Laboratoires Meakins-Christie de l'IR-CUSM, en collaboration avec des collègues du campus (Un campus (du mot latin désignant un champ) désigne l'espace rassemblant les bâtiments et l'infrastructure d'une université ou d'une école située hors d'une ville. Ce terme...) Macdonald de l'Université McGill, ont traité des souris (Le terme souris est un nom vernaculaire ambigu qui peut désigner, pour les francophones, avant tout l’espèce commune Mus musculus, connue aussi comme animal de...) pendant huit semaines avec les médicaments antituberculeux les plus couramment utilisés - l'isoniazide, la rifampicine et la pyrazinamide. Leurs travaux ont démontré que les trois médicaments modifiaient nettement la composition du microbiome intestinal des souris, mais celles traitées avec de l'isoniazide combinée avec de la pyrazinamide affichaient une plus grande susceptibilité à l'infection tuberculeuse.

Afin de s'assurer que la vulnérabilité (En gestion des risques, la vulnérabilité d'une organisation ou d'une zone géographique est le point faible de cette organisation pouvant être défini par :) à l'hôte de l'infection tuberculeuse était bien attribuable à une altération du microbiote intestinal, les chercheurs se sont intéressés aux... selles. En transplantant les selles de souris en santé dans des souris traitées avec des médicaments antituberculeux, ils ont pu démontrer pour la première fois que la greffe fécale était suffisante pour restaurer l'immunité contre la Mtb."

Relation existant entre le microbiote intestinal et les poumons

Le Dr King et ses collègues voulaient également mieux comprendre le fonctionnement de l'axe intestins-poumons - un système de communication (La communication concerne aussi bien l'homme (communication intra-psychique, interpersonnelle, groupale...) que l'animal (communication intra- ou inter- espèces) ou la machine...) bidirectionnel entre les micro-organismes vivant dans le tube digestif et les poumons - afin de savoir quel rôle ce système pourrait jouer dans l'infection tuberculeuse et l'immunité.

Pour ce faire, ils ont évalué un certain nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de cellules pulmonaires reconnues pour jouer un rôle important dans la résistance à l'infection tuberculeuse. Après un traitement antituberculeux, la capacité des macrophages alvéolaires (type de cellules immunitaires situées dans les voies aériennes des souris et des humains) à tuer l'infection tuberculeuse était compromise.

"Nous devons poursuivre nos recherches afin de comprendre l'incidence du microbiome sur les macrophages alvéolaires, car ces cellules jouent un rôle crucial dans la maîtrise (La maîtrise est un grade ou un diplôme universitaire correspondant au grade ou titre de « maître ». Il existe dans plusieurs pays et...) de l'infection tuberculeuse pendant les étapes préliminaires de cette maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.). Nous devons aussi identifier les mécanismes moléculaires qui interviennent dans l'axe intestins-poumons", explique le Dr King.

"Les traitements antituberculeux se sont avérés incroyablement efficaces pour maîtriser l'épidémie de TB; ils ont fait baisser les taux de morbidité et de mortalité associés à cette maladie, ajoute-t-il. Les travaux que nous venons de réaliser fournissent maintenant un fondement pour l'élaboration de nouvelles stratégies thérapeutiques exploitant l'axe intestins-poumons dans l'infection tuberculeuse."

Les chercheurs songent déjà à suivre de près des patients traités avec des médicaments antituberculeux afin de vérifier comment leur microbiote intestinal se modifie au fil du temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) et une fois que le traitement a cessé. L'idée sera de contrôler les modifications du microbiome en combinaison (Une combinaison peut être :) avec les médicaments efficaces pour tuer la bactérie (Les bactéries (Bacteria) sont des organismes vivants unicellulaires procaryotes, caractérisées par une absence de noyau et d'organites. La plupart des bactéries possèdent une paroi...) Mtb.
Page générée en 0.929 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique