Le microbiote des sols sensible aux coupes forestières

Publié par Redbran le 25/11/2022 à 13:00
Source: Université Laval
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Pour les microorganismes qui vivent dans le sol des forêts boréales, toutes les perturbations ne se valent pas. En effet, le microbiote des sols de ces forêts ne rebondit pas de la même façon après une coupe forestière ou après une épidémie d'insectes (Insectes est une revue francophone d'écologie et d'entomologie destinée à un large...), révèle une étude publiée dans la revue Forest Ecology and Management par une équipe de l'Université Laval (L’Université Laval est l'une des plus grandes universités au Canada. Elle a comme...).


Vue aérienne d'une partie de l'aire protégée Ya'nienhonhndeh, un projet porté par la nation huronne-wendat. Des secteurs de cette aire, épargnés par les coupes forestières, ont servi de site témoin pour l'étude.

Ces chercheurs, rattachés au Département de biologie et au Département des sciences du bois et de la forêt, en ont fait la démonstration (En mathématiques, une démonstration permet d'établir une proposition à partir...) en prélevant des échantillons de sol dans trois types de peuplements forestiers de la réserve faunique des Laurentides (La réserve faunique des Laurentides, aussi connue sous son ancien nom de parc des Laurentides,...). Les deux premiers peuplements étaient des sapinières à bouleau (Les bouleaux font partie de la famille des bétulacées. La plupart des espèces sont...) blanc qui avaient subi une importante perturbation il y a 50 ans. Dans un cas, cette perturbation était une coupe totale, et dans l'autre cas, il s'agissait d'une épidémie sévère de tordeuse des bourgeons de l'épinette.

"Le troisième peuplement, qui est situé dans l'aire protégée Ya'nienhonhndeh, un projet porté par la nation huronne-wendat, a servi de site témoin. Il s'agit d'une sapinière qui a été affectée légèrement par la même épidémie de tordeuse, il y a 50 ans, et qui a été épargnée par les coupes forestières. Plus de la moitié des sapins matures qu'on y trouve ont plus de 80 ans", précise le premier auteur de l'étude, Philip Bell-Doyon, doctorant en biologie.

Grâce à des analyses d'ADN environnemental effectuées sur les échantillons de sol, les chercheurs ont montré que, 50 ans après la perturbation, des différences substantielles étaient toujours observables dans la composition des communautés de microorganismes de chaque peuplement. "Entre 10% et 12%, de la variabilité observée dans la composition des communautés de bactéries et champignons est expliquée par le type de peuplement, résume l'étudiant-chercheur. Et ces différences n'étaient pas attribuables aux caractéristiques physicochimiques du sol. On ne connaît pas les mécanismes en cause, mais les coupes forestières n'ont pas le même effet que les épidémies de tordeuse sur les communautés de microorganismes du sol."


Des milliers d'espèces de bactéries et de champignons microscopiques vivent dans les sols forestiers. Elles jouent un rôle important dans la décomposition de la matière organique (La matière organique (MO) est la matière carbonée produite en général par...), dans la productivité des peuplements et dans la séquestration du carbone (Le carbone est un élément chimique de la famille des cristallogènes, de symbole C,...).
Philip Bell-Doyon.

En milieu forestier, les bactéries et les champignons du sol jouent un rôle important dans la décomposition de la matière organique (La chimie organique est une branche de la chimie concernant la description et l'étude d'une grande...), dans la productivité des peuplements et dans la séquestration du carbone. "Dans un contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le...) de crise mondiale de la biodiversité (La biodiversité est la diversité naturelle des organismes vivants. Elle s'apprécie...), il est important de garder intacte une partie des peuplements forestiers de façon à conserver les espèces de microorganismes qui vivent naturellement dans les sols de la forêt boréale, fait valoir Philip Bell-Doyon. Cela permet aussi d'avoir des communautés microbiennes de référence qui nous guident dans la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue...) de pratiques forestières dont les impacts se rapprochent le plus possible de ceux des perturbations naturelles."

L'étude parue dans Forest Ecology and Management est signée par Philip Bell-Doyon, Virginie Bellavance et Juan Carlos Villarreal, du Département de biologie, et par Louis Bélanger et Marc Mazerolle, du Département des sciences du bois et de la forêt. Ces chercheurs sont membres de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est...) de biologie intégrative et des systèmes et du Centre d'étude de la forêt de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la...) Laval.
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