Mieux prédire la fonte des glaces, pour une meilleure prévention des changements climatiques
Publié par Isabelle le 21/06/2018 à 12:00
Source et illustration: Université catholique de Louvain

©UCL
Cela fait des années que les scientifiques prédisent la fonte de la banquise arctique. Mais à quelle vitesse ? Et quand aura-t-elle complètement disparu ? Les chercheurs sont incapables de le dire aujourd'hui. En cause, l'imprécision des outils de prédictions. Avec son équipe, François Massonnet, chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de recherche sont diversifiés et impliquent...) à l'UCL, vient de prouver comment et pourquoi ces modèles ne sont pas suffisamment efficaces. Et surtout, comment remédier à cette situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un espace par rapport à son environnement proche ou non. Il inscrit un lieu dans un cadre plus général...). Un petit pas pour la banquise (La banquise est une étendue de mer gelée. Elle se forme durant l'hiver polaire, lorsque la température de l'eau de mer descend en dessous de -1,9°C. Au cœur de l'hiver, l'épaisseur de glace peut atteindre 1,5 à 2 mètres, sans...), un grand pas pour la compréhension et la prévention (La prévention est une attitude et/ou l'ensemble de mesures à prendre pour éviter qu'une situation (sociale, environnementale, économique..) ne se dégrade, ou qu'un accident, une épidémie ou une...) des changements climatiques mondiaux. Cette découverte UCL vient d'être publiée dans la prestigieuse revue scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.) Nature Climate Change.

Depuis de nombreuses années, les études sur le climat (Le climat correspond à la distribution statistique des conditions atmosphériques dans une région donnée pendant une période de temps donnée. Il se distingue de la météorologie qui désigne...) ont cherché à comprendre et prédire la fonte des glaces en arctique (L’Arctique est la région entourant le pôle nord de la Terre, à l’intérieur et aux abords du cercle polaire. Elle se situe à l'opposé de...). L'objectif ? Comprendre ces évolutions pourrait permettre de mieux prévoir les changements climatiques. A l'UCL, Hugues Goosse et François Massonnet, chercheurs au Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques....) sur la Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des...) et le climat Georges Lemaître de l'UCL, s'intéressent aux variations climatiques sur des courtes périodes (quelques dizaines d'années). Et un constat s'impose: aucune modélisation ne ressemble à l'autre. Si tous les modèles d'études s'accordent à dire que la banquise continuera de fondre, ils sont en désaccord sur la vitesse (On distingue :) de cette fonte.

La banquise, cette fine couche de glace (La glace est de l'eau à l'état solide.) qui flotte et se forme naturellement dans l'océan (Un océan est souvent défini, en géographie, comme une vaste étendue d'eau salée. En fait, il s'agit plutôt d'un volume, dont l'eau est en permanence...), est à distinguer de l'épaisse calotte glaciaire. Etudier la banquise arctique est essentiel car cette zone du globe est interconnectée avec nos changements climatiques."Via des études satellitaires et de terrain, on constate un important retrait de la banquise, indique François Massonnet. Toutes les études l'attestent. Mais aucune d'entre elles n'est d'accord sur la l'impact et la vitesse de cette fonte." Le grand intérêt de l'étude menée par François Massonnet est d'avoir identifié l'origine de ces disparités dans les prévisions: le chercheur UCL et son équipe ont analysé 44 modèles simulant la fonte des glaces et aucun ne prédisait la même chose. Ils ont montré que c'est la façon dont les modèles reproduisent l'épaisseur de la banquise qui est à l'origine de la diversité des résultats.

Concrètement, à l'heure (L’heure est une unité de mesure du temps. Le mot désigne aussi la grandeur elle-même, l'instant (l'« heure qu'il est »), y compris en sciences (« heure...) actuelle, seule la méthode satellitaire permet de mesurer globalement l'épaisseur de la banquise. Depuis l'espace, des satellites envoient des signaux jusqu'au cœur de la banquise. Une fois impactée, la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est souvent abusivement confondu avec sa...) renvoie les signaux au satellite (Satellite peut faire référence à :) qui en calcule la hauteur (La hauteur a plusieurs significations suivant le domaine abordé.) par la distance parcourue. Mais cette transmission est perturbée par différents éléments, des "bruits" constitués par exemple par de la neige (La neige est une forme de précipitation, constituée de glace cristallisée et agglomérée en flocons pouvant être ramifiés d'une...) au-dessus de la banquise, des turbulences atmosphériques... Mesurer précisément l'épaisseur de la banquise relève donc du défi. Les scientifiques parlent d'incertitudes allant de 50 à 100%. Donc, pour un mètre (Le mètre (symbole m, du grec metron, mesure) est l'unité de base de longueur du Système international (SI). Il est défini, depuis 1983, comme la distance parcourue par la lumière dans le vide en...) d'épaisseur calculé, l'erreur peut être de 50cm à... 1m, soit quasiment la mesure entière. Mais comment choisir les "bons" modèles, prédisant l'épaisseur exacte de banquise ? "Nous ne pouvons pas en être sûrs car l'échelle de temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) est trop courte: cela ne fait que 15 ans que nous récoltons des données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un...) relatives à l'évolution de la banquise. Or, en matière (La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses trois états les plus communs sont l'état...) de climat, il faut minimum 30 ans pour s'assurer de résultats certains." Conclusion: une telle mesure est aujourd'hui impossible...

"Nous lançons un appel aux programmes spatiaux d'observation (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et d’étude appropriés. Le plaisir procuré explique la très grande participation des...) afin de les convaincre de déployer des systèmes d'observation plus précis et à plus grande échelle (La grande échelle, aussi appelée échelle aérienne ou auto échelle, est un véhicule utilisé par les sapeurs-pompiers, et qui emporte une échelle escamotable de grande hauteur. Le terme « grande...), histoire de mieux prévoir la fonte de la banquise", explique François Massonnet. Ses derniers résultats de recherche pourraient permettre d'accélérer ce processus. Tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) comme le fait que les communautés scientifiques, notamment les modélisateurs et les observateurs du climat, collaborent de plus en plus entre elles. Il s'agit de la clef (Au sens propre, la clef ou clé (les deux orthographes sont correctes) est un dispositif amovible permettant d'actionner un mécanisme.) de l'avenir des recherches.


Référénce publication:
Article: https://www.nature.com/nclimate/

Contact checheur:
François Massonnet, chargé de recherche FNRS, chercheur au Earth and Life Institute de l'UCL
Page générée en 0.392 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique