Mieux tracer l'inflammation des neurones pour soigner la maladie de Parkinson

Publié par Isabelle le 03/03/2021 à 13:00
Source: CEA

(c) Wildpixel
Les chercheurs des instituts Jacob et Joliot du CEA ont amélioré le suivi de l'inflammation des neurones chez les malades parkinsoniens avec l'imagerie TEP grâce à l'utilisation d'une molécule, le [18F]-DPA714. Ce radiotraceur pourra être utile pour l'évaluation de médicaments anti-inflammatoires spécifiques à cette maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal...) et pour suivre le processus inflammatoire dans d'autres pathologies neurodégénératives.

La maladie de Parkinson (La maladie de Parkinson est une maladie neurologique chronique affectant le système nerveux...) résulte d'une diminution de production de la dopamine, une molécule (Une molécule est un assemblage chimique électriquement neutre d'au moins deux atomes, qui...) qui assure la transmission des messages de neurones d'une zone spécifique du cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite...) appelée la substance noire vers des neurones du cortex (En biologie, le cortex (mot latin signifiant écorce) désigne la couche superficielle ou...) frontal (Un frontal est un équipement informatique.) ou du putamen impliqués dans le contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de...) des mouvements. De plus en plus d'indices montrent que cette maladie est associée à une réponse inflammatoire dans le cerveau, ou neuroinflammation. Cependant, plusieurs questions restent en suspens comme la localisation précise de la neuroinflammation chez ces malades ou la relation entre la diminution de production de dopamine et la réponse neuroinflammatoire.

La neuroinflammation peut être visualisée par imagerie (L’imagerie consiste d'abord en la fabrication et le commerce des images physiques qui...) tomographique à émission de positons (TEP). Cette technique d'imagerie permet de suivre l'activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) fonctionnelle (En mathématiques, le terme fonctionnelle se réfère à certaines fonctions....) des neurones et autres types cellulaires grâce à des molécules légèrement radioactives, les radiotraceurs. Parmi les différents radiotraceurs disponibles, il en est un, le [18F]-DPA714, qui se fixe spécifiquement sur une protéine (Une protéine est une macromolécule biologique composée par une ou plusieurs...) produite en grande quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire,...) lors de la réponse inflammatoire des cellules, la TSPO. Cette affinité particulière fait de [18F]-DPA714 un radiotraceur de choix pour suivre la neuroinflammation.

Les chercheurs ont utilisé l'imagerie cérébrale TEP (La tonne d'équivalent pétrole (symbole tep) est une unité d'énergie d'un point de vue...) avec ce traceur pour étudier la réponse neuroinflammatoire d'une cohorte de 25 patients parkinsoniens à différents stades de la maladie. Les résultats ont montré chez ces patients une augmentation significative de la fixation du [18F]-DPA714 dans la substance noire où les neurones producteurs de dopamine dégénèrent, et dans les régions principales vers lesquelles les messages portés par la dopamine sont envoyés, comme le putamen et le cortex frontal.La détection d'une neuroinflammation plus intense dans ces régions particulièrement atteintes par la maladie confirme ce que d'autres équipes ont déjà observé avec d'autres traceurs de la TSPO et sur des cohortes de patients de moindre ampleur.

En permettant une visualisation fine et précise de l'augmentation de la réponse neuroinflammatoire dans le cerveau de Parkinsoniens, le [18F]-DPA714 s'annonce comme un outil (Un outil est un objet finalisé utilisé par un être vivant dans le but d'augmenter son...) prometteur d'évaluation de médicaments anti-inflammatoires pour cette maladie mais également comme un outil précieux pour suivre la neuroinflammation dans d'autres pathologies neurodégénératives.


Augmentation de la neuroinflammation dans la substance noire chez un patient atteint de la maladie de Parkinson par rapport à un sujet sain.
A: IRM représentative montrant la délimitation faite au niveau de la substance noire (droite et gauche) pour analyser la fixation du [18F]-DPA714 dans cette région.
B: sur le même plan de coupe, superposition (En mécanique quantique, le principe de superposition stipule qu'un même état quantique peut...) de l'IRM et de l'image TEP [18F]-DPA714 chez un sujet sain. On voit dans la région de la substance noire bilatérale qu'il y a très peu de fixation du radiotraceur.
C: Chez un sujet atteint de la maladie de Parkinson représentatif de l'étude, la fixation du traceur est augmentée du côté le plus atteint, c'est-à-dire du côté opposé ( En mathématique, l'opposé d’un nombre est le nombre tel que, lorsqu’il est à...) à celui présentant les symptômes cliniques chez le patient.
© Sonia Lavisse/CEA-Jacob/LMN/MIRCen

Pour en savoir plus

Références:
Increased microglial activation (Activation peut faire référence à :) in patients with Parkinson disease using [18F]-DPA714 TSPO PET imaging I Parkinsonism & related disorders
Cet article vous a plu ? Vous souhaitez nous soutenir ? Partagez-le sur les réseaux sociaux avec vos amis et/ou commentez-le, ceci nous encouragera à publier davantage de sujets similaires !
Page générée en 27.944 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique