Des nanoparticules d'or dans le traitement des cataractes

Publié par Adrien le 02/10/2020 à 13:00
Source: Université Laval
Le traitement post-chirurgical des cataractes est exigeant. Les patients doivent s'administrer dans l'oeil, trois fois par jour pendant un mois, des gouttes anti-inflammatoires. Malheureusement, ces consignes sont loin d'être observées à la lettre par tous. Selon les spécialistes, l'observance serait plus grande si la fréquence (En physique, la fréquence désigne en général la mesure du nombre de fois qu'un phénomène périodique se reproduit par unité de temps. Ainsi lorsqu'on emploie le mot...) à laquelle les patients doivent s'administrer ces gouttes était plus faible. Comment y arriver ? Selon Élodie Boisselier, la solution pourrait venir des nanoparticules d'or.

La professeure de la Faculté de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain (anatomie), son fonctionnement normal (physiologie), et cherchant à restaurer...) et chercheuse au Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique désigne également...) du CHU de Québec - Université Laval (L’Université Laval est l'une des plus grandes universités au Canada. Elle a comme origine le Séminaire de Québec, fondé en 1663 et constitue ainsi le plus ancien établissement d’enseignement...) tente de rendre les traitements des maladies oculaires plus efficaces en utilisant des nanoparticules d'or comme vecteurs pour livrer les médicaments dans l'oeil. Ces composés présentent le grand avantage d'être hautement modulables, ce qui en multiplie les usages potentiels dans les domaines du diagnostic (Le diagnostic (du grec δι?γνωση, diágnosi, à partir de δια-, dia-, „par, à travers, séparation, distinction“ et...) médical et de la thérapie (Une thérapie est un ensemble de mesures appliquées par un thérapeute à une personne souffrant d'un problème de santé, dans le but de l'aider à...). Selon la méthode de synthèse chimique adoptée, on peut en modifier la taille, la charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui donne...), la polarité ou la forme, et ainsi en moduler les propriétés.

La professeure Boisselier détient d'ailleurs un brevet pour une technologie (Le mot technologie possède deux acceptions de fait :) permettant à un médicament (Un médicament est une substance ou une composition présentée comme possédant des propriétés curatives, préventives ou...) ophtalmique d'adhérer à la muqueuse (Les muqueuses (du latin mucus) sont des minces couches de tissus d'origine ectodermique constituées de cellules épithéliales, et de tissu conjonctif sous-jacent qui se nomme chorion qui tapissent les...) de l'oeil grâce à des nanoparticules d'or ultrastables. "Cette nanotechnologie (Les nanosciences et nanotechnologies (NST) peuvent être définies a minima comme l'ensemble des études et des procédés de fabrication et de manipulation de structures, de dispositifs et de systèmes matériels à l'échelle du nanomètre...) permet d'augmenter le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) de résidence (Le nom de résidence est donné à un ensemble de voies souvent qui forment une boucle ayant la particularité de desservir des mêmes logements appelées également résidence. Ce...), donc le temps d'action, du médicament à la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est souvent abusivement confondu avec sa...) de l'oeil. On peut alors diminuer la fréquence d'administration des gouttes contenant le médicament", explique-t-elle.

Grâce à une subvention (Une subvention est une aide financière, c’est-à-dire une somme d’argent, qui est allouée par une institution publique ou privée à une personne...) qu'elle et son collègue Sylvain Guérin ont décrochée au dernier concours des Instituts de recherche en santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) du Canada (IRSC), la chercheuse et son équipe vont maintenant se pencher sur l'utilisation de nanoparticules d'or pour l'encapsulation (L'encapsulation en général est la notion de mettre une chose dans une autre. En imageant, on peut voir que cette chose est mise dans une capsule. En particulier, on peut retrouver ce terme dans...) et le relargage du flurobiprofène et du kétorolac, deux médicaments anti-inflammatoires utilisés après diverses chirurgies oculaires, notamment celle de la cataracte. Les chercheurs vont évaluer l'efficacité thérapeutique (La thérapeutique (du grec therapeuein, soigner) est la partie de la médecine qui étudie et applique le traitement des maladies.) de cette approche, son innocuité et son coût.

La professeure Boisselier croit qu'en dépit du recours à des nanoparticules d'or, ces traitements ne coûteront pas les yeux de la tête. "Elles sont synthétisées à partir de sels d'or, dont le prix est raisonnable, et les quantités à utiliser sont infimes. Comme il faudra moins de médicaments pour obtenir le même effet thérapeutique, le coût devrait être comparable pour un traitement beaucoup plus efficace."

Dix projets financés

Élodie Boisselier fait partie des chercheurs de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études...) Laval dont les projets ont été retenus au terme du dernier concours des IRSC. Les dix subventions obtenues totalisent un montant de 5,9 M$. En voici la liste:

- Luc Beaulieu, Juanita Crook, Rowan Thomson et Éric Vigneault, The impact of Monte Carlo dose calculations on prostate and breast low-dose rate (La rate (en grec ancien σπλήν (splēn), en latin lien, d'où les adjectifs splénique et liénal) est un organe fragile, profond,...) brachytherapy dose-outcome relationships and radiobiological modeling, 715 276$

- Élodie Boisselier, Un nouveau vecteur de médicaments ophtalmiques à base de nanoparticules d'or, 550 800$

- Eve Dubé, Vaccine Hesitancy and the Internet (Internet est le réseau informatique mondial qui rend accessibles au public des services variés comme le courrier électronique, la messagerie instantanée et le World Wide Web, en...): An online ethnography in Canada, 290 700$

- Marc-André Fortin, Anatomically relevant brachytherapy implants by a 3D printing and radiosensitizing approach, 765 000$

- Richard Kinkead, Stress and loss of ovarian function: novel insights into the origins and treatment of respiratory control disorders in females, 654 076$

- Michel Lebel, Oxidative stress in the endoplasmic reticulum and its impact on liver inflammation in an aging mouse model, 650 250$

- Fabrice Mac-Way, Identifying low bone turnover disease in chronic kidney disease in order to guide anti-fracture therapy, 397 800$

- Martin Simard, Understanding the regulation and implication of Argonaute in microRNA-mediated gene silencing, 826 200$

- Alexis Turgeon, Michael Chasse et Shane W. English, The NeurO2 study: optimal brain oxygenation in neurocritically ill patients, 432 224$

- Lana Vanderlee et Mary R. L'Abbe, An analysis of the food environment in Canada: INFORMAS Canada, 585 226$

Le site des IRSC présente des informations détaillées sur ces projets.
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