Notre tendance à procrastiner dépendrait de la vision que nous avons de l'avenir

Publié par Cédric le 03/07/2024 à 13:00
Auteur de l'article: Cédric DEPOND
Source: Scientific Reports
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Procrastiner, cette tendance à remettre systématiquement à plus tard ce que l'on doit faire, est un phénomène courant que beaucoup d'entre nous connaissent bien. Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l'Université de Tokyo révèle qu'une vision optimiste de l'avenir peut considérablement réduire la procrastination sévère.


Image d'illustration Pixabay

Les chercheurs ont découvert que les personnes ayant une perception pessimiste de l'avenir, anticipant des niveaux de stress élevés, sont plus enclines à la procrastination sévère. À l'inverse, ceux qui considèrent que le stress diminuera à l'avenir ont moins tendance à procrastiner.

Pour mener cette étude, les scientifiques ont introduit de nouvelles mesures appelées "vue chronologique du stress" et "vue chronologique du bien-être". Ils ont demandé à 296 participants de noter leurs niveaux de stress et de bien-être à travers neuf périodes de temps allant des dix dernières années aux dix prochaines années. Ensuite, une analyse de regroupement a permis de classer les participants en fonction de leurs réponses et de les évaluer sur une échelle de procrastination.

Quatre groupes distincts ont émergé: le groupe "descendant" (le stress diminue avec le temps), le groupe "ascendant" (le stress augmente), le groupe "en forme de V" (le stress est le plus bas dans le présent) et le groupe "montagne décalée" (le stress culmine dans le passé et diminue vers l'avenir). Le pourcentage de procrastinateurs sévères était nettement plus bas dans le groupe "descendant", ce qui indique que croire que le stress futur diminuera réduit la procrastination.

Cependant, l'étude comporte des limites. Les participants avaient tous une vingtaine d'années, ce qui pose la question de la généralisation des résultats à d'autres tranches d'âge. De plus, aucune intervention n'a été testée pour voir si modifier la perception de l'avenir réduisait directement la procrastination.

Pour les procrastinateurs chroniques cherchant à changer, les résultats suggèrent que cultiver une vision optimiste du futur pourrait aider à surmonter la tendance à préférer la gratification immédiate aux objectifs à long terme. Selon les chercheurs, les procrastinateurs négligent souvent le futur parce qu'ils pensent qu'il sera plus stressant que le présent. En adoptant une perspective plus positive, les individus pourraient être plus motivés à accomplir des tâches difficiles mais bénéfiques à long terme.

Saya Kashiwakura, co-auteur de l'étude, espère que ces résultats seront particulièrement utiles dans le secteur éducatif. Elle affirme que les étudiants peuvent obtenir de meilleurs résultats et un plus grand bien-être en comprenant scientifiquement leurs tendances à la procrastination et en travaillant activement à les améliorer, plutôt qu'en se blâmant.

Changer des perspectives profondément ancrées n'est pas chose aisée. Toutefois, des techniques cognitives comme la visualisation positive de l'avenir pourraient aider à reformuler sa vision du futur de manière plus optimiste. Ces résultats mettent en lumière l'importance de notre perception subjective de l'avenir dans la formation de nos comportements et de notre motivation quotidienne.
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