Un nouveau traitement pour mieux soigner le diabète ?
Publié par Adrien le 24/04/2016 à 00:00
Source: UNIGE - Université de Genève
Illustration: Techno-Science.net
Le diabète est caractérisé par une hyperglycémie persistante, soit un taux de sucre dans le sang qui reste trop élevé. Deux hormones produites dans le pancréas régulent ce niveau de sucre dans le sang: l'insuline, qui le fait baisser, et le glucagon, qui au contraire le fait augmenter. Les personnes diabétiques n'ont pas la capacité de produire naturellement suffisamment d'insuline (L'insuline (du latin insula, île) est une hormone peptidique sécrétée par les cellules β des îlots de Langerhans du pancréas. Elle a, avec le glucagon, un rôle...) et doivent régulièrement en recevoir par injection (Le mot injection peut avoir plusieurs significations :) afin de maintenir cet équilibre fragile. De récents travaux effectués aux Etats-Unis proposent un modèle nouveau et controversé d'explication du diabète (Le diabète présente plusieurs formes, qui ont toutes en commun des urines abondantes (polyurie). Le mot « diabète » vient du grec ancien dia-baïno,...) qui désigne le glucagon, plutôt que l'insuline, comme l'élément central de la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.). En reproduisant leur expérience, des chercheurs de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa...) de Genève (UNIGE) invalident leur hypothèse et démontrent que l'insuline est bien au coeur des mécanismes métaboliques menant au diabète. Des résultats à lire dans la revue eLife.

Lorsque l'on mange, le sucre (Ce que l'on nomme habituellement le sucre est, dès 1406, une "substance de saveur douce extraite de la canne à sucre" (Chrétien de Troyes, Le Chevalier au lion)....) s'accumule dans le sang (Le sang est un tissu conjonctif liquide formé de populations cellulaires libres, dont le plasma est la substance fondamentale et est présent chez la plupart des animaux. Un humain adulte est doté d’environ 5 litres de...); l'insuline est alors libérée par le pancréas (Le pancréas est un organe abdominal, une glande annexée au tube digestif. Il est rétropéritonéal, situé derrière l'estomac, devant et au-dessus des reins. Ses fonctions...) afin de permettre aux tissus de stocker et d'utiliser ce sucre. Lorsque l'on jeûne ou que l'on fait de l'exercice, c'est le glucagon, dont la fonction s'oppose à celle de l'insuline, qui est libéré par le pancréas. C'est donc l'équilibre entre ces deux hormones qui assure la régulation (Le terme de régulation renvoie dans son sens concret à une discipline technique, qui se rattache au plan scientifique à l'automatique.) du taux de sucre.

Des travaux publiés récemment par l'équipe de Roger Unger, de l'Université UT Southwestern aux USA, indiqueraient que le diabète est dû non pas à une déficience en insuline, mais uniquement à un excès de glucagon, son hormone (Une hormone est un messager chimique véhiculé par le système circulatoire qui agit à distance de son site de production par fixation sur des récepteurs spécifiques.) contraire. En bloquant l'action du glucagon chez des souris (Le terme souris est un nom vernaculaire ambigu qui peut désigner, pour les francophones, avant tout l’espèce commune Mus musculus, connue...), ces scientifiques sont parvenus à empêcher le taux de sucre dans le sang d'augmenter de manière excessive, malgré l'absence de production d'insuline. Ces recherches suggèrent ainsi qu'il serait possible de traiter l'hyperglycémie des diabétiques en bloquant le glucagon plutôt qu'en injectant régulièrement de l'insuline. Intriguée par ces résultats, une équipe genevoise, sous la direction de Pedro Herrera, professeur à la Faculté de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain (anatomie), son...) de l'UNIGE, a reproduit l'expérience.

"L'idée d'inhiber l'action du glucagon a été récemment émise comme alternative aux injections d'insuline, ou en complément de celles-ci. Mais cette stratégie (La stratégie - du grec stratos qui signifie « armée » et ageîn qui signifie « conduire » - est :) a des limites", indique Pedro Herrera. "Notre étude en révèle la raison: le corps doit encore être capable de produire un peu d'insuline résiduelle pour que ce traitement fonctionne." En effet, la méthodologie utilisée par les scientifiques américains ne permettait pas de supprimer la totalité des cellules productrices d'insuline chez les souris. En conséquence, le fait de bloquer l'action du glucagon n'a été efficace que parce qu'un peu d'insuline était encore produite. Pour cette nouvelle recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique désigne également le cadre...), Pedro Herrera et son équipe ont étudié des souris chez qui l'insuline avait été plus efficacement éliminée. Et ces souris sont devenues sévèrement diabétiques.

Un traitement combiné utile pour certains patients

Trois quart des personnes souffrant de diabète de type 1 (Cet article traite du diabète de type 1, une forme de diabète sucré. Il existe d'autres types de diabètes : voir la page d'homonymie Diabète) possèdent un petit nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de cellules ?, dont la fonction est de produire de l'insuline. Chez ces patients, bloquer le glucagon, tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) en effectuant des injections d'insuline, pourrait contribuer à réguler efficacement leur taux de sucre dans le sang. Ainsi, combiner ces deux traitements constituerait, dans certains cas, le meilleur et le plus sûr moyen d'empêcher le taux de sucre dans le sang de faire des hauts et des bas.

Dans de précédents travaux, l'équipe du professeur Herrera a montré qu'en cas de mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général, incluant par exemple la...) massive (Le mot massif peut être employé comme :) des cellules ?, un certain nombre de cellules ?, celles qui produisent le glucagon précisément, a la capacité de se transformer en cellules productrices d'insuline. Dès lors, les chercheurs ont observé que ce traitement combinant insuline et blocage du glucagon avait aussi l'avantage d'inciter des cellules ? productrices de glucagon à se transformer en cellules ? et à produire plus d'insuline. "Nous cherchons maintenant à mieux comprendre les mécanismes de conversion des cellules ? en cellules ?, dans l'optique (L'optique est la branche de la physique qui traite de la lumière, du rayonnement électromagnétique et de ses relations avec la vision.) de mettre au point (Graphie) des thérapies centrées sur la régénération des cellules ?", indique Pedro Herrera.

Le diabète, une épidémie mondiale

Selon les chiffres de l'OMS publiés cette année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.), le nombre de diabétiques dans le monde (Le mot monde peut désigner :) a quadruplé en 25 ans et affecte actuellement plus de 420 millions de personnes (soit 8.5% de la population adulte mondiale). Le diabète est une cause importante de cécité (La cécité est l'état d'une personne privée de la vue. Le terme cécité vient du mot latin cæcus, aveugle. La cécité est une maladie de l'oeil qui touche un grand nombre d'êtres...), d'insuffisance rénale, d'attaques cardiaques et d'amputation (L'amputation est l'ablation d'une extrémité du corps suite à un traumatisme ou un acte chirurgical. Dans le cadre de la chirurgie, elle sert à limiter l'expansion incurable d'affections graves comme par exemple la...) des membres inférieurs. Le diabète de type 1, dû à une déficience du système immunitaire (Le système immunitaire d'un organisme est un ensemble coordonné d'éléments de reconnaissance et de défense qui discrimine le « soi » du...) qui attaque est détruit les cellules-?, apparaît en général durant l'enfance.
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