Les ondes cérébrales prédisent nos risques pour l'insomnie
Publié par Isabelle le 24/03/2015 à 00:00
Source et illustrations: Université de Concordia
Une étude de l'Université Concordia aide à mieux comprendre les causes des pauvres habitudes de sommeil


Des chercheurs à Concordia ont mesuré le rôle du stress dans le cycle de sommeil de 12 étudiants du 1er cycle de Concordia durant les examens finaux. | Photos par l'Université Concordia
Il n'existe peut-être pas encore de remède contre l'insomnie (L'insomnie est un terme créé au XVIe siècle sur la base du latin insomnia (du latin somniculus, « état de celui qui dort ») et...), mais des chercheurs de l'Université Concordia peuvent maintenant mieux cibler ceux et celles qui risquent d'en souffrir.

Dirigée par le professeur adjoint Thien Thanh Dang?Vu, du Center for Studies in Behavioral Neurobiology et le Centre PERFORM à Concordia, l'étude publiée dans la revue Frontiers in Human Neuroscience explore l'impact du stress (Le stress (« contrainte » en anglais), ou syndrome général d'adaptation, est l'ensemble des réponses d'un organisme soumis à des contraintes environnementales. Dans le langage courant, on parle de...) sur le sommeil (Le sommeil est un état naturel récurrent de perte de conscience (mais sans perte de la réception sensitive) du monde extérieur, accompagnée d'une diminution progressive du...). Même s'il est déjà prouvé que des événements stressants peuvent provoquer ce trouble, l'analyse révèle que certaines personnes risquent plus d'en souffrir.

Les chercheurs ont mesuré le rôle du stress dans le cycle de sommeil de 12 étudiants du 1er cycle de Concordia durant les examens finaux. En examinant les ondes (Une onde est la propagation d'une perturbation produisant sur son passage une variation réversible de propriétés physiques locales. Elle transporte de l'énergie sans transporter de matière.) cérébrales des participants au début de l'année scolaire (L'année scolaire délimite le début et la fin des leçons, échelonnées sur une année, de la plupart des écoliers. La période de l'année...), le Pr Dang?Vu et son équipe ont observé un certain schéma qui, s'il apparaît avant l'événement stressant, accroît les risques d'insomnie par la suite.


Thien Thanh Dang-Vu
Le cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la...) – en particulier la partie profonde nommée thalamus et cortex (En biologie, le cortex (mot latin signifiant écorce) désigne la couche superficielle ou périphérique d'un tissu organique.) – émet des signaux électromagnétiques durant le sommeil. Sur les moniteurs des appareils de mesure, cette activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) se caractérise par des schémas de lignes ondulées que les scientifiques appellent "fuseaux de sommeil".

Dans une expérience antérieure, le Pr Dang?Vu et son équipe avaient constaté qu'une activité accrue des fuseaux de sommeil permettait aux dormeurs de résister au réveil lorsqu'il y avait du bruit (Dans son sens courant, le mot de bruit se rapproche de la signification principale du mot son. C'est-à-dire vibration de l'air pouvant donner lieu à la création d'une sensation auditive.). La nouvelle étude visait donc à voir s'il existe un lien semblable entre les fuseaux de sommeil et le stress.

L'hypothèse a été confirmée. "Nous avons découvert que les étudiants dont les fuseaux montraient une faible activité ont éprouvé une hausse des troubles du sommeil, lorsque l'on compare la qualité du sommeil au début du semestre et la fin du semestre scolaire", explique le professeur.

"Nous ne sommes donc pas tous armés de la même manière face au stress lorsqu'il s'agit de gérer notre sommeil. Certaines personnes sont plus vulnérables que d'autres."

Comment améliorer l'activité de nos fuseaux ? La méditation peut-elle aider ? Les salles de sport vont-elles commencer à offrir des cours à cette fin ? Malheureusement, il n'y a pas grand-chose que l'on puisse faire pour le moment, puisque les fuseaux de sommeil semblent dépendre au moins partiellement de la génétique (La génétique (du grec genno γεννώ = donner naissance) est la science qui étudie l'hérédité et les...).

Cependant, d'après le Pr Dang?Vu, qui est à la fois médecin (Un médecin est un professionnel de la santé titulaire d'un diplôme de docteur en médecine. Il est chargé de soigner les maladies, pathologies, et blessures de ses patients. Son métier est intimement lié...) et neurologue à l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le...) universitaire de gériatrie de Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de l'industrie, de la culture, de la finance...), trouver des moyens d'améliorer les fuseaux de sommeil représente un domaine de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique...) potentielle. L'évaluation de l'activité des fuseaux peut également aider à savoir quelles personnes sont plus susceptibles de souffrir d'insomnie, et ce, avant même que le trouble ne fasse son apparition.

Entre-temps, nous devrions tous maintenir les habitudes qui favorisent un bon sommeil, conclut le Pr Dang?Vu: "Écartez les sources de stress en allant au lit, préservez la chambre comme lieu de repos et non de travail, évitez les stimulations et trouvez des moyens de relaxer avant d'aller dormir."
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