L'os de la joue d'un serpent primitif jette un nouvel éclairage sur l'évolution du crâne des serpents
Publié par Adrien le 26/12/2019 à 08:00
Source: Université McGill

Coelognathus radiata, une "couleuvre" légèrement venimeuse des forêts tropicales d'Asie.
Crédit: © Freek Vonk.
Une nouvelle étude réalisée en collaboration par des paléontologues argentins et de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa...) de l'Alberta et McGill apporte une nouvelle pièce du casse-tête de l'évolution des serpents.

Les chercheurs ont examiné le fossile (Un fossile (dérivé du substantif du verbe latin fodere : fossile, littéralement « qui est fouillé ») est le reste...) remarquablement bien conservé d'un Najash rionegrina, un serpent muni de pattes postérieures, trouvé en Argentine. L'étude révèle qu'il y a environ 100 millions d'années, ces serpents avaient un os de la joue (La joue est la partie du visage qui recouvre la cavité buccale, fermée par les mâchoires. On appelle aussi joue le muscle qui sert principalement à ouvrir et fermer...), appelé os malaire, qu'on ne retrouve plus chez leurs descendants modernes.

"Les résultats de notre étude viennent étayer l'hypothèse selon laquelle les ancêtres des serpents modernes avaient un corps volumineux et une large gueule, et n'étaient pas de petits fouisseurs comme on le croyait auparavant", explique Fernando Garberoglio de la Fondation Azara de l'Université Maimónides à Buenos Aires (Buenos Aires est la capitale fédérale de l'Argentine, dont elle est la plus grande ville et le port le plus important. Avec ses 12 millions d'habitants, c'est même...), en Argentine, l'auteur principal de l'étude. "Les résultats indiquent aussi que les serpents primitifs ont conservé leurs pattes arrière durant une longue période avant l'apparition des serpents modernes qui, pour la plupart, sont entièrement dépourvus de pattes."

Pendant des décennies, le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) limité de fossiles a empêché les paléontologues de bien comprendre l'évolution des serpents. Les nouveaux fossiles présentés dans cette étude sont cruciaux pour la reconstitution des premières phases de l'évolution des serpents modernes.

Découverte du fossile d'un crâne de serpent

"Cette étude révolutionne notre compréhension de l'os malaire chez les serpents et les lézards", indique Michael Caldwell, professeur au Département des sciences biologiques et des sciences de la Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la...) et de l'atmosphère (Le mot atmosphère peut avoir plusieurs significations :) à l'Université de l'Alberta et coauteur de l'étude. "Tablant sur des données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) empiriques - et non sur des suppositions -, cet article corrige une erreur vieille de 160 ans quant à cette caractéristique très importante."

Les serpents fossilisés décrits dans l'étude remontent à près de 100 millions d'années. Découverts dans le nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) de la Patagonie (La Patagonie (en espagnol et en anglais : Patagonia), également appelée Le Grand Sud, désigne une région géographique appartenant au Cône Sud...), ils sont étroitement apparentés à une ancienne lignée de serpents qui peuplaient les continents du Gondwana dans l'hémisphère sud (L'hémisphère sud ou hémisphère austral est la moitié du globe terrestre qui s'étend entre l'équateur et le pôle Sud. En astronomie, ce terme...) et semblent être seulement apparentés à un petit nombre de serpents modernes peu connus. Les chercheurs ont utilisé la microtomodensitométrie pour visualiser les structures crâniennes dans le spécimen. Ils ont ainsi pu examiner le trajet des nerfs et des vaisseaux sanguins et la structure squelettique, des éléments qu'ils n'auraient pu voir autrement sans endommager le fossile.

"Cette recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique...) est essentielle à notre compréhension de l'évolution des crânes des serpents modernes et primitifs", ajoute le professeur Caldwell. "Les outils d'imagerie (L’imagerie consiste d'abord en la fabrication et le commerce des images physiques qui représentent des êtres ou des choses. La fabrication se faisait jadis soit à la main, soit par impression...) sophistiqués que nous avons utilisés nous ont permis d'examiner en profondeur le crâne de ces serpents primitifs et de résoudre bien des mystères. Ce qui est sans doute le plus formidable, selon moi, est l'arbre (Un arbre est une plante terrestre capable de se développer par elle-même en hauteur, en général au delà de sept mètres. Les arbres acquièrent une structure rigide composée d'un...) d'évolution qui en résulte et qui semble indiquer que les serpents munis de pattes n'étaient pas uniquement une espèce (Dans les sciences du vivant, l’espèce (du latin species, « type » ou « apparence ») est le taxon de base de la systématique. L'espèce est un concept flou dont il existe...) transitoire, mais une espèce qui a existé pendant près de 100 millions d'années", observe Hans Larsson, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en paléontologie (La paléontologie est la science qui étudie les restes fossiles des êtres vivants du passé et les implications évolutives de ces études.) des vertébrés (Les vertébrés forment un sous-embranchement du règne animal. Ce taxon, qui dans sa version moderne exclut les myxines, est considéré comme...) à l'Université McGill.

L'article, intitulé "New Skulls and Skeletons of the Cretaceous Legged Snake Najash, and the Evolution of the Modern Snake Body Plan", est publié dans la revue Science Advances (doi: 10.1126/sciadv.aax5833).
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