Les parents ne devraient pas s'inquiéter si leur nourrisson ne fait pas ses nuits à 6 ou 12 mois
Publié par Adrien le 15/11/2018 à 08:00
Source: Université McGill
Les nouveaux parents s'attendent généralement à ce que leur nourrisson fasse ses nuits vers l'âge de six mois. Qui plus est, les pédiatres et autres intervenants insistent souvent auprès des parents sur l'importance d'une consolidation du sommeil (Le sommeil est un état naturel récurrent de perte de conscience (mais sans perte de la réception sensitive) du monde extérieur, accompagnée d'une diminution progressive du...) en bas âge. Cela dit, les auteurs d'une étude publiée dans le numéro de décembre 2018 de la revue Pediatrics ont constaté qu'une grande proportion de nourrissons en bonne santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) n'avaient pas atteint ce jalon avant l'âge de six, voire douze mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.). L'équipe de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique désigne également le...) dirigée par l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux États-Unis, au...) McGill s'est également penchée sur la possibilité que l'absence d'un sommeil ininterrompu durant six à huit heures (L'heure est une unité de mesure  :) puisse accroître le risque de troubles du développement mental et psychomoteur, et aucun lien en ce sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie...) n'a pu être établi. En outre, les chercheurs n'ont trouvé aucune corrélation entre le fait de "faires ses nuits"chez les nourrissons et l'humeur postnatale des mères.

Détails sur l'étude

Les chercheurs ont analysé les résultats de l'étude longitudinale d'une cohorte de naissance intitulée Maternal Adversity, Vulnerability, and Neurodevelopment, qui regroupait des participants provenant de cliniques d'obstétrique de Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de l'industrie, de la culture, de la finance et des affaires...), au Québec, et de Hamilton, en Ontario. Dans cette étude, "faire ses nuits" a été défini comme une période de sommeil ininterrompu de six ou huit heures. Les mesures liées au sommeil ont pu être recueillies chez 388nourrissons de six mois et 369 nourrissons âgés de douze mois. Selon la perception des mères, trente-huit pour cent des nourrissons présentant un développement typique à six mois ne dormaient pas six heures consécutives pendant la nuit; et plus de la moitié (57%) ne faisaient pas des nuits de huitheures. À douze mois, ce sont vingt-huit pour cent des nourrissons qui ne dormaient pas six heures sans interruption la nuit et quarante-trois pour cent qui ne restaient pas endormis durant huit heures d'affilée. Par ailleurs, les chercheurs ont décelé une différence au chapitre des habitudes de sommeil entre les garçons et les filles. À six mois, une proportion légèrement plus élevée de filles que de garçons avaient dormi durant huit heures consécutives (48% versus 39%). Les scientifiques n'ont également observé aucune corrélation entre la capacité du nourrisson (On désigne par le mot nourrisson la période entre l'âge d'un mois et de deux ans chez un bébé. Avant cette période, on parlera d'un nouveau-né. La...) à faire ses nuits et l'humeur postnatale des mères. Toutefois, ils ont découvert que les nourrissons qui ne faisaient pas leur nuit affichaient un taux d'allaitement (L'allaitement est l'action des femelles des mammifères nourrissant leur progéniture grâce au lait qu'elles produisent.) significativement plus élevé, ce qui procure de nombreux bienfaits à la mère et l'enfant.

Une règle d'or à revoir ?

Dans les pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine. Comme la civitas qui subsiste le plus...) occidentaux, on considère généralement qu'un nourrisson devrait faire ses nuits vers l'âge de six à douze mois. En fait, il n'est pas rare de voir des parents et des professionnels de la santé employer des méthodes comportementales d'entraînement au sommeil pour inciter l'enfant à dormir. Or, la chercheuse principale de l'étude, DreMarie-HélènePennestri, du Département de psychopédagogie et de psychologie du counseling de l'UniversitéMcGill et de la Clinique du sommeil à l'Hôpital (Un hôpital est un lieu destiné à prendre en charge des personnes atteintes de pathologies et des traumatismes trop complexes pour pouvoir être...) en santé mentale (La santé mentale est un terme relativement récent et polysémique. Habituellement elle est vue comme l'« aptitude du psychisme à fonctionner de façon harmonieuse, agréable, efficace et...) Rivière-des-Prairies (CIUSSS-NIM), espère que ces résultats viendront apaiser certaines craintes chez les parents:

"Nos observations (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et d’étude appropriés. Le plaisir...) indiquent qu'il pourrait être bénéfique de mieux informer les parents au sujet du développement normal -et de la grande variabilité- du cycle veille-sommeil du nourrisson, plutôt que de se concentrer uniquement sur les méthodes et les interventions, telles les méthodes comportementales de type 5-10-15", affirme-t-elle. "On invoque souvent la privation de sommeil de la mère pour motiver l'intervention comportementale précoce chez le nourrisson. Or, les attentes de la mère à l'égard de l'interruption du sommeil la nuit et son nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) total ( Total est la qualité de ce qui est complet, sans exception. D'un point de vue comptable, un total est le résultat d'une addition, c'est-à-dire une somme. Exemple : "Le total des dettes". En physique le...) d'heures de sommeil sur une période de 24 heures pourraient être de meilleurs indicateurs pour prédire son bien-être (Le bien-être ou bienêtre est un état qui touche à la santé, au plaisir, à la réalisation de soi, à l'harmonie avec soi et les autres. René Dubos présente la santé comme la convergence...). Les prochaines études devraient tenir compte de cette éventualité."

L'article "Uninterrupted infant sleep, development (Development est une revue scientifique bimensuelle à comité de lecture couvrant tous les champs de la génétique évolutive du développement allant de la...) and maternal mood", par Marie-Hélène Pennestri et coll., a été publié dans la revue Pediatrics: 10.1542/peds.2017-4330
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