Les plus d�favoris�s sont les plus expos�s au bruit

Publié par Adrien,
Source: Martin LaSalle - Universit� de Montr�alAutres langues:
3
Restez toujours informé: suivez-nous sur Google Actualités (icone ☆)


Ce sont d'abord les voitures qui causent le bruit ininterrompu dans lequel baignent pr�s de 100 000 Montr�alais. Et ce bruit est comparable au son d'un s�choir � cheveux. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Photo: Denis-Carl Robidoux
� Montr�al durant l'�t�, l'exposition � un bruit ambiant �lev� et continu est plus grande dans les secteurs d�favoris�s que dans les endroits o� sont �tablis les m�nages les mieux nantis. Plusieurs Montr�alais endurent ainsi un bruit persistant semblable au son d'un s�choir � cheveux.

C'est ce qu'ont observ� une �quipe de chercheurs dirig�s par Audrey Smargiassi, professeure � l'�cole de sant� publique de l'Universit� de Montr�al, dans une �tude publi�e dans la revue Public Health de BioMed Central1, en collaboration avec la Direction de sant� publique de Montr�al.

Pour en arriver � cette conclusion, les chercheurs se sont d'abord appuy�s sur les donn�es socio�conomiques du recensement de 2006 de Statistique Canada - la fiabilit� des donn�es du recensement de 2011 �tant contestable, puisque l'exercice repose d�sormais sur une participation volontaire de la population.


Audrey Smargiassi
Unit�s g�ographiques et mesure du bruit

Mme�Smargiassi et son �quipe ont ensuite d�termin� le statut socio�conomique des 3147�aires de diffusion de recensement de l'�le de Montr�al. Une aire de diffusion est la plus petite unit� g�ographique de recensement et compte 585�habitants en moyenne.

Pour qu'une aire de diffusion soit qualifi�e de d�favoris�e, elle devait r�pondre � huit crit�res, dont un faible revenu m�dian des m�nages et une proportion d�finie de la population sans emploi ou vivant sous le seuil de la pauvret�.

L'intensit� du bruit a quant � elle �t� mesur�e par �chantillonnage durant deux semaines cons�cutives, � l'�t� 2010, dans 87�lieux repr�sentatifs de la ville. On a ainsi pu �tablir pour chacun d'eux l'exposition moyenne au bruit continu sur une p�riode de 24�heures.

Les sources de bruit r�pertori�es comprenaient notamment la circulation routi�re et les secteurs industriels, mais la mesure ne tenait pas n�cessairement compte de tous les sons pouvant se faire entendre dans un quartier, comme ceux �manant d'un bar.

Un bruit de s�choir en continu


Dans l'ensemble de l'�le de Montr�al, le bruit ambiant ext�rieur oscillait entre 50,5 et 68,8�d�cibels A (dBA), avec une moyenne de 58,3.

Concr�tement, 50�dBA �quivalent au bruit d'une discussion � voix � peine plus basse que la normale, tandis que 68,8�dBA s'apparentent au son d'un s�che-cheveux.

Les donn�es de Statistique Canada ont surtout mis en lumi�re que 15,8�% des aires de diffusion dans lesquelles vivent plus de 300�000�Montr�alais �taient les endroits � la fois les plus d�favoris�s et les plus bruyants.

�Cette r�alit� est plut�t propre � Montr�al�: dans d'autres grandes villes comme Paris, o� le co�t du logement est tr�s �lev�, l'exposition au bruit touche davantage les gens les plus ais�s�, fait remarquer Audrey Smargiassi.

En fait, � Montr�al, le bruit est plus intense dans le nord-est de l'�le, soit aux abords des autoroutes et des quartiers o� des industries sont install�es, ainsi que dans l'ouest, o� sont aussi situ�s des autoroutes de m�me que l'a�roport Montr�al-Trudeau (Dorval).

Par ailleurs, Mme�Smargiassi estime que les personnes en situation de pauvret� pourraient m�me subir des bruits environnants plus grands, puisque les logements sont g�n�ralement moins bien r�nov�s que les habitations des quartiers o� vivent les r�sidants de la classe moyenne ou sup�rieure.

�Nos r�sultats tendent � d�montrer que les groupes les plus d�favoris�s subissent non seulement le poids de la pauvret�, mais aussi celui d'un bruit ambiant �lev�, conclut Audrey Smargiassi. Les interventions destin�es � r�duire le bruit � Montr�al devraient cibler les secteurs o� la population touche de faibles revenus.�


Sur cette carte de l'�le de Montr�al (incluse dans l'�tude des chercheurs), plus les zones sont fonc�es, plus on y trouve � la fois des m�nages au statut socio�conomique pr�caire et du bruit intense. Les zones en noir abritent 16 % de la population montr�alaise.

Page générée en 0.536 seconde(s) - site hébergé chez Contabo
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
A propos - Informations légales - Signaler un contenu
Version anglaise | Version allemande | Version espagnole | Version portugaise