La recherche de vie au-delà de notre planète s'accélère: une équipe d'astronomes a isolé une quarantaine de mondes dans notre voisinage aux conditions particulièrement favorables.
Sous la direction de Lisa Kaltenegger du Carl Sagan Institute, ce travail recense 45 exoplanètes rocheuses susceptibles d'abriter la vie. Dans leur approche, les astronomes cherchent à déterminer les limites de l'habitabilité en intégrant des planètes aux environnements extrêmes, qui auraient été normalement écartés.
Les chercheurs ont exploité les données de la mission Gaia de l'Agence spatiale européenne et des archives de la NASA sur les exoplanètes. Ces informations permettent de calculer avec plus de justesse l'énergie reçue par chaque planète, un paramètre essentiel pour déterminer si de l'eau liquide peut y exister en surface.
Ce catalogue met en avant plusieurs cibles notables. Le système TRAPPIST-1, situé à environ 40 années-lumière, abrite plusieurs planètes de taille terrestre. LHS 1140 b, quant à elle, est considérée comme une super-Terre et pourrait être un monde océanique. Plus proche de nous, Proxima Centauri b, en orbite autour de l'étoile la plus proche, continue d'attirer l'attention malgré un environnement stellaire agité.
Certaines de ces planètes présentent des orbites très elliptiques, ce qui pose la question de leur stabilité climatique à long terme. L'un des buts de cette étude est de comprendre l'influence de ces trajectoires sur la possibilité de maintenir de l'eau liquide.
Ce catalogue sert principalement de guide pour les instruments d'observation de nouvelle génération. Il signale quelles planètes sont les mieux adaptées pour être étudiées par le télescope spatial James Webb ou d'autres observatoires, dans l'espoir d'y identifier des signatures chimiques intéressantes.
Diagramme présentant les 45 exoplanètes potentiellement habitables du nouveau catalogue. Crédit: Gillis Lowry/Pablo Carlos Budassi
Avec l'arrivée prochaine d'outils plus puissants, l'examen approfondi de ces 45 mondes pourrait nous rapprocher d'une réponse à l'une des plus grandes interrogations de l'humanité. Cette étude, publiée dans le Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, marque le début d'une nouvelle étape concrète dans la recherche de vie dans notre voisinage cosmique.
La zone habitable d'une étoile
Cette région, parfois appelée "zone de Boucle d'or", est l'espace autour d'une étoile où les températures permettent théoriquement à l'eau de rester à l'état liquide à la surface d'une planète. Sa position et son étendue dépendent étroitement de la taille et de la luminosité de l'étoile centrale. Autour d'une petite naine rouge, elle est par exemple bien plus proche que pour une étoile comme notre Soleil.
L'habitabilité n'est pas uniquement liée à cette condition. La présence d'une atmosphère stable, d'un champ magnétique protecteur et d'une composition géologique adaptée sont autant de facteurs importants. Dans notre Système solaire, Vénus et Mars se trouvent aux marges de la zone habitable du Soleil, mais ni l'une ni l'autre ne réunissent actuellement toutes les conditions nécessaires à une vie de type terrestre.
La définition de cette zone évolue avec nos connaissances. Les chercheurs examinent désormais des modèles incluant des atmosphères différentes ou des sources de chaleur internes, ce qui pourrait élargir le concept à des mondes auparavant jugés trop froids, comme certaines lunes des planètes géantes.