Cette interrogation guide les préparatifs de la Chine, qui ambitionne d'envoyer ses taïkonautes sur notre satellite avant la fin de la décennie.
Une équipe de scientifiques chinois a analysé la zone de Rimae Bode, située sur la face visible de la Lune. Leurs résultats, parus dans la revue Nature Astronomy, montrent qu'un secteur allie des conditions propices à un alunissage serein à un intérêt scientifique majeur. Il figure ainsi parmi une sélection restreinte de sites potentiels, retenus pour leur relief relativement peu accidenté et leur position idéale pour les liaisons avec la Terre.
Illustration d'artiste d'astronautes chinois (des taïkonautes) sur la Lune. Le pays vise un premier atterrissage habité d'ici 2030. Crédit: CMSA/CCTV
La région de Rimae Bode dévoile une géologie multiple, composée de plaines volcaniques, de rainures creusées par d'anciennes coulées de lave et de débris issus de cratères avoisinants. Cette diversité offrirait aux explorateurs la possibilité de collecter différents types de matériaux en un seul et même lieu. Les chercheurs ont défini quatre points d'alunissage précis dans ce périmètre, chacun présentant des objectifs d'échantillonnage légèrement distincts.
L'un des atouts majeurs de ce lieu réside dans sa capacité à livrer des indices sur les couches internes profondes de la Lune. Les dépôts sombres de cendres volcaniques et les minuscules perles de verre, projetés il y a plusieurs milliards d'années, fonctionnent comme des témoins directs du manteau lunaire. Leur examen pourrait permettre de retracer la chronologie des éruptions passées et de saisir les mécanismes de refroidissement des planètes telluriques, comme notre Terre, après leur naissance.
Pour mener à bien cette future mission, les taïkonautes suivent déjà un entraînement géologique poussé. Ils apprennent notamment à discerner les roches banales des spécimens à haute valeur scientifique, telles que ces infimes perles de verre volcanique. Cette préparation méticuleuse est nécessaire pour identifier les indices pertinents, installer correctement les instruments et évoluer sur un sol parfois chaotique en toute sûreté.
Les phases suivantes comprennent le lancement prévu d'un satellite de télédétection lunaire pour améliorer la précision des données, ainsi que des essais du nouveau vaisseau Mengzhou. Lorsque les taïkonautes fouleront le sol lunaire, leur mission dépassera le cadre de l'exploration ; ils endosseront le rôle d'enquêteurs spatiaux, tentant d'élucider les questions géologiques qui entourent encore notre satellite.