L''usage de cellules souche en médecine régénérative peut être également nuisible pour la santé
Publié par Michel le 15/11/2009 à 00:00
Source: Science, AAAS & EurekAlert
Illustration: Université de Grenade
L'utilisation de cellules souche dans le domaine de la médecine régénérative n'est pas toujours bénéfique pour la santé humaine, et peut même s'avérer préjudiciable, d'après ce qu'a démontré un travail réalisé dans les universités de Grenade et de León. Les scientifiques ont démontré que la greffe de cellules mononucléaires humaines tirées du sang (Le sang est un tissu conjonctif liquide formé de populations cellulaires libres, dont le plasma est la substance fondamentale et est présent chez la plupart des animaux. Un...) du cordon ombilical (Chez les mammifères placentaires, le cordon ombilical est l'organe qui joint le placenta de la mère enceinte au fœtus ou à l'embryon. C'est dans ce cordon que circulent les vaisseaux...) a un effet nocif sur les rats présentant une cirrhose (La cirrhose est une maladie chronique du foie dans laquelle l'architecture hépatique est bouleversée de manière diffuse par une destruction...) hépatique.


Vue au microscope d'un foie (Le foie est un organe abdominal impair et asymétrique, logé chez l'homme dans l'hypocondre droit, la loge sous-phrénique droite, la partie supérieure du creux...) cirrhotique de rat (Le mot « rat » désigne en français, dans le langage vernaculaire certains mammifères rongeurs, le plus souvent du genre Rattus ou au moins de la famille des...).

Avec ce travail, les chercheurs ont cherché à savoir si la fraction de cellules mononucléaires provenant de sang humain du cordon ombilical (CMCUH), qui contient des cellules souche, pourrait s'avérer utile en médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain (anatomie), son fonctionnement...) régénérative hépatique. Les découvertes biochimiques et histologiques de cette recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...) portent à croire que la greffe cellulaire n'a non seulement pas guéri les animaux, mais leur a provoqué un syndrome (Un syndrome est un ensemble de signes cliniques et de symptômes qu'un patient est susceptible de présenter lors de certaines maladies, ou bien dans des...) hépatorénal.

Cette recherche a été menée à bien par Ana Álvarez-Mercado, María García-Mediavilla, Sonia Sánchez-Campos, Francisco Abadía, María J. Sáez-Lara, María Cabello-Donayre, Ángel Gil, Javier González-Gallego et Luis Fontana, tous chercheurs aux Universités de Grenade et de León.

Une recherche avec des rats

Pour évaluer le potentiel régénératif des CMCUH, les scientifiques ont réalisé une xénogreffe humain-rat. On provoque chez les rats une cirrhose hépatique en leur administrant 0,3 g/L de thioacétamide (TAA) dans leur eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) pendant quatre mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.). Au bout de ce temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.), on leur injecte 10 millions de CMCUH par la veine porte. Une expérimentation (L'expérimentation est une méthode scientifique qui consiste à tester par des expériences répétées la validité d'une hypothèse et à obtenir des données quantitatives permettant de...) similaire de transplantation a été réalisée avec des rats n'ayant bu que de l'eau pendant la même période.

La prise de TAA a provoqué une cirrhose nodulaire chez les animaux. La transplantation cellulaire n'a eu aucun effet sur l'histologie hépatique, mais l'analyse des paramètres biochimiques a révélé que les animaux cirrhotiques que avaient été soumis à une thérapie cellulaire (Dans le cadre des biothérapies, la thérapie cellulaire vise à soigner des cellules ou à soigner un organisme par l'apport de cellules...) ont présenté des altérations dans la fonction hépatique (une moindre concentration d'albumine et une plus grande concentration de bilirrubine totale dans le plasma ( En physique, le plasma décrit un état de la matière constitué de particules chargées (d'ions et d'électrons). Le plasma quark-gluon est un plasma qui constituerait les grandes étoiles...) si on compare aux animaux cirrhotiques qui n'ont pas reçu de CMCUH). De plus, le groupe cirrhotique expérimental ayant reçu le CMCUH a présenté des lésions rénales graves.

On calcule actuellement que les maladies hépatiques touchent 17% de la population mondiale (La population mondiale désigne le nombre d'êtres humains vivant sur Terre à un instant donné. Elle est estimée à 6,793...). On ne connaît pas encore de traitement spécifique pour la fibrose qui se développe dans de nombreux cas, de sorte que les patients ne reçoivent que la thérapie (Une thérapie est un ensemble de mesures appliquées par un thérapeute à une personne souffrant d'un problème de santé, dans le but de l'aider à...) pour pallier les complications associées. De même, le traitement de choix de la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) hépatique terminale est la greffe du foie, dont les cas sont limités dû au manque de donneurs. L'emploi de cellules souche provenant de sang du cordon ombilical dans le traitement de ces maladies pourrait représenter une alternative qui éviterait la souffrance de nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de patients, même si cette expérimentation a démontré qu'il est nécessaire de poursuivre dans cette voie de recherche.
Page générée en 4.728 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique