Vagues de chaleur et sécheresses: un duo désastreux

Publié par Adrien le 11/10/2020 à 09:00
Source: Université McGill
Selon une nouvelle étude dirigée par des chercheurs de l'Université McGill, les vagues de chaleur et les sécheresses simultanées sont de plus en plus courantes dans l'ouest des États-Unis. Les périodes de temps chaud et sec, qui augmentent les risques de feu (Le feu est la production d'une flamme par une réaction chimique exothermique d'oxydation appelée combustion.) de forêt (Une forêt ou un massif forestier est une étendue boisée, relativement dense, constituée d'un ou plusieurs peuplements d'arbres et d'espèces associées. Un boisement de faible...), sont plus longues, plus intenses et plus fréquentes en raison des changements climatiques.

Dans le cadre d'une étude publiée par Science Advances, les chercheurs ont analysé des épisodes de chaleur (Dans le langage courant, les mots chaleur et température ont souvent un sens équivalent : Quelle chaleur !) et de sécheresse qui ont eu lieu dans les États contigus des États-Unis au cours des 122 dernières années. Ils ont découvert que les périodes de temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) chaud et sec combiné ont non seulement augmenté en fréquence (En physique, la fréquence désigne en général la mesure du nombre de fois qu'un phénomène périodique se reproduit par unité de temps. Ainsi lorsqu'on...), mais également sur le plan de l'étendue géographique. Alors que ces épisodes étaient jadis limités à de petites zones des États-Unis, ils touchent maintenant des régions entières, comme l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme un tout », comme...) de la côte ouest (L’ouest est un point cardinal, opposé à l'est. C'est la direction vers laquelle se couche le Soleil à l'équinoxe, le couchant (ou ponant).) et certaines parties du nord-est (Le nord-est est la direction à mi-chemin entre les points cardinaux nord et est. Le nord-est est opposé au sud-ouest.) et du sud-est (Le sud-est est la direction à mi-chemin entre les points cardinaux sud et est. Le sud-est est opposé au nord-ouest.).

"Les épisodes de temps chaud et sec peuvent causer d'importants incendies. Ajoutez à cela du vent (Le vent est le mouvement d’une atmosphère, masse de gaz située à la surface d'une planète. Les vents les plus violents connus ont lieu sur...) et une source d'inflammation (Une inflammation est une réaction de défense immunitaire stéréotypée du corps à une agression : infection, brûlure, allergie…), et vous vous retrouvez avec des “méga-incendies” comme ceux qui ont fait rage (La rage est une maladie virale grave touchant les mammifères dont l'Homme. Elle est causée par un virus qui provoque une encéphalite. Zoonose assez commune, elle touche surtout les carnivores. Les symptômes sont...) en 2020 sur la côte ouest des États‑Unis. Les sécheresses et les vagues de chaleur records, combinées à un orage (Un orage, de l'ancien français ore qui signifiait vent, est une perturbation atmosphérique d'origine convective associée à un type de nuage particulier : le cumulonimbus. Ce dernier est à forte extension...) qui a occasionné de forts vents et 12 000 éclairs en 72 heures (L'heure est une unité de mesure  :), ont entraîné plus de 500 feux de forêt", explique Mohammad Reza Alizadeh, auteur principal et doctorant (Un doctorant est un chercheur débutant s'engageant, sous la supervision d'un directeur de thèse, dans un projet de recherche sur une durée variable selon les pays et les statuts, comprenant la rédaction et la soutenance...) travaillant sous la supervision de Jan Adamowski, professeur au Département de génie des bioressources de l'Université McGill (L’Université McGill, située à Montréal au Québec, est une des universités les plus anciennes au Canada.).

Les chercheurs ont également découvert que les épisodes de temps chaud et sec s'intensifient et sont accompagnés de plus longues périodes de sécheresse et de températures supérieures. Ces doubles "extrêmes chaud-sec" s'intensifient non seulement mutuellement - plus de chaleur cause plus de sécheresse, et vice versa - mais ils s'auto-propagent également, ce qui signifie qu'ils peuvent se déplacer d'une région à l'autre. "Comme les températures élevées favorisent et étendent l'aridité, les sécheresses et les vagues de chaleur se déplacent dans le sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie humaine. Par une évolution progressive allant du ralentissement du vieillissement,...) du vent", précise M. Alizadeh. Ces extrêmes peuvent être particulièrement dommageables pour la production agricole et les écosystèmes, préviennent les chercheurs.

Selon eux, l'élément déclencheur (En programmation procédurale, un déclencheur (trigger en anglais) est un dispositif logiciel qui provoque un traitement particulier en fonction d'événements prédéfinis. Par extension, c'est...) de ces épisodes de temps chaud et sec évolue. Ils expliquent, par exemple, que les tempêtes de poussières catastrophiques ("Dust Bowl") qui ont fait rage dans les années 1930 étaient causées par une absence de précipitations associée à de mauvaises pratiques de gestion des terres. Toutefois, au cours des dernières décennies, ces périodes désastreuses de temps chaud et sec sont plus souvent causées par un excès de chaleur que par une absence de précipitations.

Les chercheurs nous mettent en garde: si la tendance actuelle au réchauffement se poursuit, nous assisterons à un nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) accru de catastrophes de cette nature. Ils suggèrent que les résultats de leur recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...) soient utilisés pour orienter les efforts d'atténuation (Perte d'intensité et amplitude d'un signal...) des changements climatiques et d'adaptation à ces changements. "Pour nous adapter, nous devons comprendre comment les choses fonctionnent", soutient le professeur Jan Adamowski.

L'étude:
L'article "A century of observations (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et d’étude appropriés. Le plaisir procuré explique la très grande...) reveals increasing likelihood of continental-scale compound dry-hot extremes", par Mohammad Reza Alizadeh, Jan Adamowski, Mohammad Reza Nikoo, Amir AghaKouchak, Philip Dennison et Mojtaba Sadegh, a été publié dans Science Advances.
DOI: https://doi.org/10.1126/sciadv.aaz4571
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