Changement climatique : les forêts de plaine menacées

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Les espèces végétales des forêts de plaine seraient peu réactives face au réchauffement climatique, ce qui les rendrait particulièrement vulnérables dans les prochaines décennies. C'est ce que révèle une étude publiée aujourd'hui dans la revue Nature par des chercheurs d'AgroParisTech, de l'Inra, de l'Université d'Aarhus (Danemark), du CNRS, de l'Université de Strasbourg, et de l'Inventaire Forestier National.

L'étude, qui a bénéficié du soutien financier de l'ADEME et de la Région Lorraine, a porté sur les communautés végétales (groupes d'espèces vivant ensemble) présentes dans les forêts de la France métropolitaine. Les chercheurs ont analysé les changements progressifs d'espèces dans ces communautés entre 1965 et 2008, et les ont confrontés à l'évolution de la température au cours de la même période. L'étude s'est concentrée sur les espèces herbacées, a priori plus réactives face aux changements environnementaux que les arbres et donc plus révélatrices de l'impact du réchauffement climatique sur les forêts.

Les forêts de plaine aussi vulnérables que celles de montagne

Jusqu'à présent, les spécialistes s'étaient surtout inquiétés des espèces de montagne, considérées comme plus vulnérables au réchauffement climatique. Une étude française (réalisée par des scientifiques d'AgroParisTech, de l'Inra et du CNRS) avait déjà montré, en 2008 (1), que les plantes montagnardes avaient commencé à migrer en altitude (65 mètres en moyenne depuis les années 80) suite à l'augmentation de la température. Une menace pour ces espèces qui voient la surface de leur habitat se réduire vers les sommets.

Cependant, en comparant les changements de composition en espèces observés dans les communautés végétales de plaine à ceux des communautés de montagne, les chercheurs ont constaté que les premières sont moins réactives face au changement climatique, ce qui les rend in fine plus vulnérables. En effet, en montagne, un remplacement progressif d'espèces adaptées au climat froid par des espèces adaptées à un climat plus chaud a permis aux communautés de « compenser » 0,54 °C sur les 1,07 °C d'augmentation moyenne de la température observée sur la période étudiée. En revanche, pour les communautés de plaine, cette compensation n'a été que de 0,02 °C pour un réchauffement similaire (1,11 °C), ce qui révèle un déséquilibre grandissant entre la flore forestière de plaine et le climat.

Des changements d'espèces attendus en plaine

Ce manque de réactivité de la part des espèces de plaine peut s'expliquer par trois raisons principales. D'abord, ces espèces sont plus adaptées aux températures chaudes donc plus tolérantes au réchauffement climatique.

Ensuite, elles souffrent d'une plus grande fragmentation de leur habitat par rapport aux communautés végétales forestières de montagne : routes, zones d'habitation et champs cultivés constituent autant de barrières à leur migration. Leurs modes de dispersion (par le vent ou par les animaux, principalement) ne leur permettent pas toujours de traverser ces obstacles.

La dernière raison – sans doute la plus préoccupante – est la distance à parcourir d'une génération à la suivante pour retrouver un climat favorable à leur développement. En montagne, les espèces doivent en moyenne migrer sur 1,1 km, principalement vers les sommets, pour retrouver des conditions de température identiques à celles d'avant le réchauffement climatique. En plaine, en revanche, elles doivent migrer vers le Nord sur des distances plus importantes pour compenser un réchauffement similaire (35,6 km en moyenne). Compte tenu d'une distance de dispersion excédant rarement quelques centaines de mètres par an, les espèces herbacées forestières peuvent donc difficilement compenser la hausse de température observée en plaine par une migration naturelle.

Si l'équilibre flore-climat semble se rétablir en montagne malgré la hausse brutale des températures observée depuis 1987, celui-ci semble brisé en plaine. Dans un monde où le réchauffement climatique est amené à perdurer, le retard accumulé dans la réaction des forêts de plaine ne pourra être comblé sans des changements importants dans cet écosystème, allant probablement jusqu'à la disparition de certaines espèces. Le fonctionnement des écosystèmes forestiers et la préservation de la biodiversité en seraient certainement affectés.

Notes:

1. Lenoir J., Gégout J.-C., Marquet P. A., de Ruffray P. & Brisse H., "A significant upward shift in plant species optimum elevation during the 20th century”. Science 320, 1768-1771 (2008).

Référence:

Romain Bertrand, Jonathan Lenoir, Christian Piedallu, Gabriela Riofrío-Dillon, Patrice de Ruffray, Claude Vidal, Jean-Claude Pierrat, Jean-Claude Gégout, “Changes in plant community composition lag behind climate warming in lowland forests”, Nature vol. 478, number 7369 (2011). 10.1038/nature10548

VI
Victor

Pourquoi ce catastrophisme ? Toujours pas vue les 10 prochaines années, alors pourquoi cette soit disant catastrophe qui doit arriver à nos forêts Elles se comportent mieux que ce qui était prévu... Puis pourquoi ne pas considérer la forêt comme un acteur important du climat et ne pas voir dans la forêt un médiateur de la stabilité de l'évaporation de l'eau tout comme la mer le fait dans le domaine de la chaleur emmagasinée

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cisou9

:_salut:
C'est un problème de distance.

En plaine, en revanche, elles doivent migrer vers le Nord sur des distances plus importantes pour compenser un réchauffement similaire (35,6 km en moyenne). Compte tenu d'une distance de dispersion excédant rarement quelques centaines de mètres par an, les espèces herbacées forestières peuvent donc difficilement compenser la hausse de température observée en plaine par une migration naturelle.

Bien que si l'évolution de la température est très lente ils peuvent évoluer sur 35,6 Km.

VI
Victor

T'as déjà vue des forêts se déplacer avec leurs petites racines?
Non ce n'es pas sérieux
avec des statistiques on peut dire n'importe quoi
35.6kms c'est significatif de quoi
en soi c'est absurde cette statistique

Si on m'avait donné des statistiques de croissances des arbres sur divers lieux
j'aurais pris ça au sérieux
mais pas cette statistique qui se veut catastrophique...
Le réchauffement toujours lui, pas vu cet été

AZ
AzertyPoiuy

De toute façon la France a perdu depuis bien longtemps sa forêt originelle et c'est triste...
Mais le pire est que nous n’arrêtons pas stresser le peu qui reste...
L'essence des arbres n'aura pas le temps de changer que va t il nous rester ?
Il faudrait une énorme politique de reboisement et de partage équitable avec l'agriculture et surtout les zones d'habitations humaines...
Ce pays, qui était magnifique, est défiguré par des villes toujours plus étalées dont l'urbanisme n'a cure de lande ou de forêt, d'ailleurs il suffit de ce balader a 30 km des agglo francaise pour voir des lieux dits avec "lande de...", lande ou il ne reste qu'un arbre et 12 maisons "catherine mamet" autour...

Mais il n'y a pas que dans le domaine forestier que ce pays a de gros efforts a faire, il y a aussi des courants conservateur niant toutes pollutions humaines... Heureusement vu l'age tant mental que physique de ces dinosaures, ils ne pourront s'adapter aux changements, hélas, irréversibles et ça c'est un bonne nouvelle !

Cet article n'est pas assez alarmiste !!!!!!!!

VI
Victor

la forêt Primordiale peut être pas mais il y a en France un reboisement de +15% tous les 10 ans depuis les années 1830
http://www.ifn.fr/spip/?article388

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Aldebaran

Il a bon dos le "Changement climatique" ^^

LO
Loindici

Victor
Si on m'avait donné des statistiques de croissances des arbres sur divers lieux

Le problème d'une forêt justement c'est qu'il n'y a pas que des arbres. Le reboisement, c'est bien gentil mais planter les mêmes espèces alignées en rang d’Oignon, ça fait pas des forêts. Une forêt, c'est toute une biodiversité d'espèce de végétaux, de champignons, de lichens, etc. Et des forêts primaires il en reste combien en France métropolitaine ? En plaine ? Bah nada.

Quand on parle de changement climatique, c'est pas le fait de devoir installer la clim' pour l'été qui est grave, c'est la perte de la biodiversité compris dans une extinction massive des espèces. Le drame c'est pas la température, c'est les conséquences. Et le changement climatique n'est qu'un facteur parmi d'autres dans cette nouvelle extinction débutée depuis la Renaissance.

On pourrait croire que la perte d'une diversité des espèces en France ce n'est pas grave. Sauf qu'on laisse disparaître des espèces qu'on connait bien moins que certaines espèces tropicales. Ah oui c'est merveilleux d'étudier les espèces exotiques, de faire des années d'études pour assouvir sa soif d'exotisme. En attendant, on est en train de construire en France métropolitaine un espace totalement aseptisé. Faudra pas s'étonner ensuite si on développe de plus en plus d'asthme ou des allergies. Il parait que c'est lié...

Après, on peut décider d'avoir un espace métropolitain parfaitement "humanisé", avec plus aucun espace en friche, où le moindre espace devra être optimisé. Choix de vie. Sauf que là, personne choisie. On nous dit, "ah mais c'est bon, les écolos nous emm*rdent avec la surpopulation, la planète pourrait encore nourrir dix fois la population actuelle, il y a encore énormément d'espace non cultivés, des zones non habitées, etc." Bah oui ok sauf que c'est ça le problème. Empiéter sur ces territoires. Est-ce qu'on veut d'une planète uniquement fait de cités bétonnées et de champs ? Voire de belles forêts bien rangées ? Bien sûr qu'on peut vivre à 50 milliards avec 15°C en plus. On peut. C'est le "progrès", une certaine forme d'adaptabilité. Sauf que c'est glauque. Être dans un monde où chaque espèce est étiquetée dans un dictionnaire de dix pages semblable aux livres de nos enfants avec les "animaux de la ferme", où chaque espèce aurait résisté à la disparition parce qu'elle a une utilité (évidente) c'est flippant.

Quand je lis des articles comme ça malheureusement, je vois pas bien où ils veulent en venir. Protéger les forêts des plaines en métropole...Oui c'est bien, on est sûr d'être compris à moitié. Le sujet, c'est la biodiversité et le tout urbanisme. Tant qu'on ne règlera pas notre problème d'urbanisation, à savoir quel monde on veut en exposant clairement les enjeux, parler de changement climatique sera toujours du vent. C'est montrer un détail dans un problème d'ensemble plus complexe. Pointez du doigt ce détail et on prend le risque de se voir répondre "heu bah non moi le changement climatique, je m'en fous".Après, les scientifiques ne font pas de politique, mais quand ils écrivent un article, c'est à eux de bien planter le décor et de mettre les choses dans leur contexte.